Bilan départemental du nouveau fonctionnement des RASED de circonscription pour l’année scolaire 2012-2013.

lundi 14 octobre 2013
par  snu31
popularité : 3%

Voici le courrier que nous avons envoyé à la rectrice à partir des travaux de la commission RASED du SNUIPP-FSU31.

Suite aux mesures de carte scolaire de 2012, Monsieur Dugrip, Recteur de l’académie de Toulouse, a décidé la mise en place d’un nouveau fonctionnement des RASED de circonscriptions. Ceux-ci sont ainsi composés d’un poste d’enseignant de chaque spécialité (option E et option G) et des postes de psychologues existants pour chacune des circonscriptions du 1er degré.

A l’issue d’une année de fonctionnement, il nous a semblé impératif de faire un bilan de cette organisation, de son fonctionnement et de ses conséquences sur le service auprès des élèves et des écoles.

-I- Nouvelle organisation des RASED de circonscriptions et missions :

A la rentrée 2012, n’ayant pas de circulaire départementale permettant de donner un cadre à cette nouvelle organisation, les personnels des RASED ont interpellé Monsieur le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale de Haute-Garonne (cf. courrier adressé au DASEN, le 22/10/12 et réponse du DASEN 2/11/12) afin que les missions des RASED et la spécificité de leurs membres soient prises en compte dans ce nouveau contexte, en référence aux textes de 2009 et ce, a minima dans une note de service pour chaque circonscription.

Le cadrage des missions et le pilotage des RASED de circonscription ont été marqués cette année par des écarts et différences importantes d’une circonscription à l’autre tant sur le plan des missions que du fonctionnement. Cependant quelle que soit l’organisation déterminée par les Inspecteurs de l’Education Nationale dans les circonscriptions du département, le premier constat, est celui d’une diminution très forte des aides spécialisées directes auprès des élèves ainsi que du lien avec les équipes d’écoles et les familles. Globalement l’intervention des RASED s’est faite de façon très inégalitaire et très disparate dans notre département, cette année.

L’extension des secteurs d’intervention des personnels RASED, à l’échelle d’une circonscription Éducation Nationale ne peut garantir « une véritable efficacité pédagogique ». Les textes de 2009 prévoient de déterminer une organisation « évitant toute dispersion préjudiciable » au service, or l’organisation actuelle génère automatiquement cette dispersion.

Une réduction des missions qui pose problème. Ce nouveau contexte a imposé un pilotage ne pouvant que restreindre les missions des RASED. Des modalités techniques ont été mises en avant et priorisées, au détriment des missions principales des RASED. En effet, les missions de prévention et de remédiation ne se réduisent pas à des modalités techniques. Celles-ci n’ont de sens et d’efficacité qu’en réponse à des besoins analysés et identifiés qui nécessitent des temps d’élaboration conjoints avec les équipes enseignantes. Ces temps indispensables ont manqué de façon criante.

-II- Principaux constats

Concrètement, les interventions et priorités citées ci-dessous ont constitué les principales préconisations de fonctionnement du RASED durant l’année scolaire 2012-13.

Observations en classe

présence d’un des membres du RASED aux équipes éducatives
actions de co-intervention avec le maître de la classe
expertise

collaboration avec les conseillers pédagogiques, notamment sur les situations d’urgence,

limitation des synthèses RASED (travail commun psy, E et G), contrainte parfois forte sur les modalités de prises en charge des élèves ; les petits groupes d’élèves sont privilégiés par rapport aux prises en charge individuelles dans certaines circonscriptions, une modalité unique de co-intervention avec l’enseignant dans la classe, dans d’autres circonscriptions.

Ces modalités d’interventions doivent rester des outils au service d’une stratégie de changement élaborée en équipe, à partir d’une analyse des problématiques en jeu. L’exemple de la co-intervention dans les classes montre rapidement ses limites en termes d’efficacité, lorsque c’est la seule intervention autorisée par le pilotage auprès des élèves, quelles que soient la situation et la problématique.

La seule observation en classe par les maîtres spécialisés n’est pas suffisante pour recueillir les éléments pertinents et permettre une analyse de la problématique en jeu dans les difficultés observées par l’enseignant. Elles se sont bien souvent limitées, cette année, à une « visite » en classe qui pouvaient être, ou pas, suivies d’une équipe éducative. Ces observations ponctuelles en classe ne permettent pas non plus de dégager les ressources de l’enfant et d’y adosser un projet d’aide spécialisée en partenariat avec l’enseignant de classe, les familles et les éventuels partenaires extérieurs. Elles ne peuvent se substituer à une observation en dehors de la classe dans le cadre bien défini d’une démarche spécialisée.

Les réunions d’équipes éducatives : Leur nombre a augmenté de façon significative. L’enseignant spécialisé qui y assiste (quand il peut !) ne connaît pas toujours la situation et/ou l’enfant ! Ces réunions qui devraient être des temps d’échanges et d’élaboration se vident de leur sens par manque d’éléments concrets et pertinents nécessaires à l’élaboration d’un projet d’aide pour l’élève. On assiste à une succession d’actes professionnels (observations classes, équipes éducatives, conseils d’ « expert » saupoudrés, interventions contraintes dans le temps…) sans lien cohérent, sans continuité temporelle, déconnectés souvent des problématiques en jeu.
Les synthèses RASED associant les conseillers pédagogiques posent question quant à la spécificité de l’abord de la difficulté scolaire. Nos missions peuvent être complémentaires mais nos approches diffèrent sur le plan de l’analyse des situations et des modalités de prise en charge. Ces synthèses ont pu générer une forme de confusion par rapport aux spécificités de chacun.

Dans certains cas, la gestion des situations d’urgence s’est faite sans le regard spécifique du RASED. Une réflexion en commun (circonscription/RASED) serait nécessaire pour définir un protocole d’intervention sur ces situations.

Les contraintes liées à l’étendue du secteur géographique à couvrir se concrétisent le plus souvent par un morcellement des interventions et un épuisement moral et physique des personnels. Par ailleurs, le travail de lien, dans les relations avec les équipes des écoles, les parents et les partenaires extérieurs, est également fortement impacté. Une certaine dégradation de ces liens est constatée.
De façon générale, l’organisation et le fonctionnement des RASED ont été très disparates, d’une circonscription à l’autre et ce, pas forcement en lien et cohérence avec la spécificité des territoires. Les territoires à besoins particuliers, le rural, l’éducation prioritaire, ont été particulièrement pénalisés par cette nouvelle organisation des RASED.

-III- Quelles places pour les missions de prévention et de remédiation ?

Cette organisation extrêmement contrainte, a généré la quasi disparition des actions de prévention, y compris dans les secteurs à fort besoins.

Les missions de prévention et de remédiation qui représentaient l’essentiel du service des personnels RASED ont soit disparu (y compris dans certains secteurs ECLAIR) soit ont été reléguées au second plan, sans forcement prendre en compte les besoins des territoires et parfois sans cohérence avec un projet au service des élèves.

Lorsque le pilotage a permis la mise en œuvre de ces missions, les actions n’ont pu cibler qu’un nombre restreint d’écoles dans un temps déterminé, ce qui pose la question de l’égalité de l’accès aux aides spécialisées pour tous les élèves en ayant besoin, dans un projet inscrit dans le temps.

Les inégalités d’accès aux aides se sont renforcées. La gestion des écoles définies comme prioritaires fut parfois confuse. On peut interroger la pertinence des indicateurs, tant ils apparaissent différents d’une circonscription à l’autre, sans pour autant être en cohérence avec les caractéristiques particulières de ces secteurs.
De façon générale, ces actions de prévention et de remédiation se sont résumées pour une grande part à un saupoudrage très insatisfaisant.

A cela s’ajoute la situation particulièrement difficile des élèves pour lesquels le projet d’aide RASED devait se poursuivre cette année. Il a été constaté une dégradation des problématiques pour ces élèves « lâchés » dans leur prise en charge spécialisée.

D’une façon générale, la forte diminution de l’offre d’accompagnement spécialisé au sein de l’école, amplifie la tendance à médicaliser la difficulté scolaire. Ceci n’est pas sans conséquence au niveau des structures de soins ambulatoires du sanitaire. Les CMP, la Guidance Infantile se retrouvent engorgés par ces demandes qui ne relèvent pas du soin. Les délais d’attente avant un premier rendez-vous sont de plus en plus longs, pénalisant les enfants relevant réellement du soin. De même il est constaté une augmentation des demandes vers la MDPH, en termes de compensation par AVS, CLIS, face à l’absence d’alternatives au sein de l’école.

-IV- Les besoins en Haute Garonne

Notre département compte environ 110 000 élèves dont plus de 7 000 en Education Prioritaire (année scolaire 2012-2013).

Avant le démantèlement des RASED, 10% des élèves relevaient d’une intervention spécialisée sous une forme ou une autre, au cours de leur année scolaire, et parfois dans un projet de suivi de leur situation durant plusieurs années (particulièrement en Education Prioritaire mais pas exclusivement). La situation en zone ECLAIR s’avère encore plus préoccupante, 30% des élèves relevaient d’une intervention RASED.

C’est donc, 12 440 élèves fragiles et/ou en grande difficulté, qui dans notre département ne trouvent pas au sein de l’école de réponse adaptée à leur besoin.

Quel avenir pour le dispositif RASED ?

C’est une forte inquiétude qui domine pour l’avenir, quant à la qualité et la réalité du service en direction des élèves en grande fragilité scolaire.

Le SNUIPP31-FSU prend acte de l’arrêt des suppressions de postes d’enseignants spécialisés option E et G. Toutefois la réflexion annoncée sur les orientations et les évolutions de ce dispositif dans le cadre de la loi de Refondation n’a toujours pas eu lieu. Par ailleurs, l’absence de départ en formation dans les options E et G depuis 4 ans n’est pas sans poser problème.

Du fait de la disparition des antennes de proximité, la charge de travail pour les psychologues, qui restent les seuls interlocuteurs de proximité, s’est accrue de façon significative.

A cela s’ajoute l’absence d’une compensation en nouveaux postes de psychologue face à l’augmentation démographique de notre département depuis plusieurs années. Vous trouverez en annexe, le courrier que les psychologues scolaires du département, soutenus par les organisations syndicales, ont adressé à Monsieur le directeur académique en juin 2013. En effet, un rattrapage a minima de 5 postes permettrait de revenir à un ratio nombre d’élèves pour un psychologue correspondant à la situation de 2011.

Ceci nécessiterait de reconstituer le vivier de titulaires du DEPS par des départs en formation pour la rentrée 2014.

Pour Conclure

La diminution drastique des moyens RASED ne rend plus possible désormais une organisation efficiente des aides spécialisées sur l’ensemble du département. Partout cette diminution a entrainé qu’une partie des élèves, ayant objectivement besoin d’aide spécialisée, en soit privé. C’est évidemment une réalité contradictoire avec la volonté annoncée d’améliorer la réussite de tous les élèves.
Pour le SNUIPP-FSU, reconstruire et développer les aides spécialisées au sein de l’école, reste une priorité afin de garantir la réussite de tous.


Agenda

<<

2018

 

<<

Novembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2930311234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293012
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois