CDEN "spécial rythmes" du 9 décembre 2013

jeudi 12 décembre 2013
par  snu31
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La déclaration préalable du SNUipp FSU

L’idée des rythmes scolaires est de prendre en compte, le mieux possible, le rythme biologique de l’enfant.

Une différence d’une demi-heure dans la journée ne peut arriver à ce résultat. Il est d’ailleurs facile de démontrer que 6h de classe bien gérées peuvent être moins fatigantes pour les élèves que 5 h 30 mal organisées. La question des contenus des temps de la journée est tout à fait importante.

La formation des enseignant-e-s à ces questions est déterminante mais vous chercherez en vain quoi que ce soit là-dessus dans le plan départemental de formation.

Que penser du calendrier scolaire de l’année prochaine pour la zone A dont fait partie l’académie de Toulouse ? Il prévoit une période de 5 semaines pour commencer l’année civile et une période de 10 semaines pour finir l’année scolaire ? fait-il passer avant tout l’intérêt des élèves ? Il semble que l’argument de l’intérêt des élèves soit réservé aux enseignant-e-s quand ils expliquent que leurs conditions de travail conditionnent bien des choses dans l’école.

Les annonces du gouvernement sur la possibilité de changer les taux d’encadrement du péri scolaire en faisant passer les taux d’encadrement de 1 adulte pour 10 à 14 en maternelle et de 14 à 18 en élémentaire vont non seulement dégrader la qualité de ces temps mais aussi avoir des conséquences sur l’emploi et entraîner des révisions de contrats en défaveur des salarié-e-s, aggravant leur précarité allant jusqu’à entraîner des licenciements. Dans le même ordre d’idée, les taux d’encadrement ont été également modifiés dans l’extra scolaire. Par ailleurs, les diplômes requis jusque là par exemple pour être directeur de CLAE ne seront plus exigés ! Là aussi sûrement dans l’intérêt de l’enfant !?

De plus, la réforme va accentuer les inégalités de l’école communale, inégalités qu’une enquête du SNUipp FSU avait situées dans un rapport de 1 à 10. Les financements envisagés par le ministère et pas réellement pérennisés ne permettront pas de couvrir les dépenses, dépenses estimées à 150 € par élève et par année. Combien de communes pourront y faire face et maintenir la gratuité ? Dans les zones rurales, encore plus qu’en ville, il sera souvent très difficile de trouver du personnel formé.

La politique menée par le gouvernement précédent a mis l’école, enseignant-e-s compris, en grande souffrance. Il a supprimé des dizaines de milliers de postes, supprimé les RASED, supprimé la formation initiale, imposé une année de 141 journées d’école. Les récents résultats du système scolaire français évalué par PISA sont d’abord la résultante de cette politique.

Le gouvernement dit donner la priorité au primaire mais ses choix politiques et budgétaires n’empêchent pas jusque là la poursuite de la dégradation des conditions d’enseignements. Sur la question des rythmes, il affiche une indifférence et une forme de mépris à l’encontre des revendications portées par les enseignant-e-s. C’est un très mauvais signal.

Le SNUipp FSU a demandé à l’institut « Harris interactive » une enquête sur la façon dont les enseignant-e-s appréciaient la politique du gouvernement sur l’école primaire. Les premières questions portent sur la priorité donnée à l’école primaire. Seul 3 enseignants sur 10 estiment que l’école primaire est aujourd’hui la priorité du gouvernement Ayrault. Nous aurons d’autres occasions, en particulier au moment de la carte scolaire de vérifier sur le terrain que ce sentiment repose sur une réalité. Un-e enseignant-e-s sur deux estime que l’organisation de la semaine, leur temps de travail et leurs conditions de travail se sont dégradés depuis l’élection de François Hollande.

Alors que d’après l’enquête seuls 14 % de nos collègues sont opposés à une réforme des rythmes scolaires, seulement 6 % approuvent la réforme des rythmes proposée par V. Peillon. En d’autres termes, 80 % souhaitent une réforme des rythmes scolaires mais pas celle-là !

Cette enquête, effectuée entre le 15 et 19 novembre 2013 auprès de 1497 enseignant-e-s, éclaire d’une lumière singulière les mobilisations de l’an passé et celles de ces dernières semaines pour le retrait et la réécriture du décret sur les rythmes scolaires. 100 000 enseignants en grève les 13 et 14 novembre, 135 000 le 5 décembre montrent que le mécontentement est fort dans la profession. Le SNUipp FSU a pris et prendra toute sa place au côté des enseignant-e-s parce que le métier est de plus en plus complexe et que les conditions de son exercice restent difficiles. Entendre les revendications des enseignant-e-s pour qu’ils puissent bien faire leur métier au service de la réussite des élèves est une urgence. Le gouvernement serait bien mal avisé de ne pas les prendre en compte.

Dès maintenant, la réforme doit être suspendue et des discussions doivent s’ouvrir immédiatement pour écrire un nouveau décret sur les temps scolaires.


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