Deux RIS exceptionnelles organisées par le SNUipp FSU 31 avec C. Leconte à Toulouse et Montréjeau les 4 et 5 février 2014.

mardi 7 janvier 2014
par  snu31
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Claire Leconte est Professeur émérite de Psychologie de l’Education à l’Université de Lille 3, également chercheuse en chronobiologie spécialiste des rythmes de l’enfant et des adolescents.

Elle travaille depuis plus de 30 ans sur l’aménagement des temps de l’enfant. Elle est l’auteur de l’ouvrage « Des rythmes de vie aux rythmes scolaires : quelle histoire ! »

Pour en savoir plus… vous pouvez vous rendre sur son site en cliquantICI.

Le SNUipp FSU 31 organise deux RIS exceptionnelles avec Claire Leconte le mardi 4 février à 20 heures salles Duranti ( 6 rue du lieutenant colonel Pelissier) à Toulouse et l’autre mercredi 5 février à 14 heures à l’auditorium de Montréjeau.

Voici quelques extraits d’une interview donnée par Claire Leconte à l’AEF. Elle y commente la réforme des rythmes mise en œuvre à la rentrée 2013.

Elle recommande dans un premier temps au ministre de l’Éducation Nationale d’ accepter « le report de la réforme [des rythmes scolaires] dans les communes qui ne sont pas prêtes »

Elle constate que « très peu de projets éducatifs sont construits » dans les communes qui ont basculé en 2013 : « les activités sont souvent juxtaposées sans mise en cohérence des temps ».

Pour elle, le retour à la semaine de quatre jours et demi ne pouvait pas être la pilule miracle pour soigner l’école française. « J’ai au contraire demandé une réflexion de fond sur la manière dont apprennent les enfants. Les résultats de Pisa 2012 confirment que nos difficultés ne se résument pas à l’emploi du temps. »... « Mais le ministre ne parle que d’un nombre d’heures ou de jours de classe, jamais de contenus, en posant un cadre très rigide qui empêche l’innovation. »

A propos des 83 % de maires satisfaits annoncés par le ministre, elle précise qu’il s’agit de 83 % des 26 % de maires qui ont répondu à l’enquête parmi les 20 % de communes qui ont mis en œuvre la réforme en 2013. E n réalité, 1 100 maires seulement (sur 36 000) ont répondu à l’AMF (Association des Maires de France). « Comme d’habitude, l’Éducation Nationale, s’est lancée dans cette réforme sans se donner les moyens d’en évaluer les effets. Le ministère, qui a lui-même sorti un « bilan quantitatif » début novembre, se contente d’interroger les communes sur ce qui va bien et sur ce qui ne va pas bien. Nous sommes dans le registre du sentiment, pas de l’évaluation scientifique. »

Après avoir rencontré cette année des milliers de personnes concernées par cette réforme, au cours de débats, conférences, formations, C. Leconte estime avoir une bonne vision de ce qui se passe : « …la plupart du temps, ces acteurs de terrain font preuve de bonne volonté. Mais ils ne s’en sortent pas. »

Sur la difficulté à mettre en place cette réforme :

« Le décret qui impose le retour aux quatre jours et demi (neuf demi-journées en fait) ne fait que cadrer l’emploi du temps scolaire de façon rigide, en imposant un passage en 2014 au plus tard. Or, il aurait été plus raisonnable d’utiliser cette année 2013-2014 pour informer et former tous les acteurs, tant les besoins de l’enfant sont méconnus, et pour lancer des expérimentations là où il y avait une réelle envie d’innover. »… « on ajoute une demi-journée mais sans réfléchir à la manière dont on pourrait mieux utiliser le temps tout au long de la semaine pour les apprentissages. »

Sur ce qu’il conviendrait de faire aujourd’hui :

Accepter les demandes d’expérimentation de projets innovants, y compris en dehors du cadre fixé par le décret, à condition qu’un programme d’évaluation soit prévu. Accepter le report de la réforme dans les communes qui ne sont pas prêtes. Former les enseignants : (si elle était ministre) « je demanderais avec insistance aux inspections académiques d’organiser des conférences pédagogiques concernant les temps, les rythmes et le développement de l’enfant ainsi que les effets différenciés de diverses organisations des temps d’apprentissage, pour que chacun prenne conscience qu’il faut utiliser autrement les 24 heures (+2) d’enseignement en travaillant sur leurs contenus. »

Engager tous les acteurs concernés :

« … je ferais aussi en sorte que le décret ne soit pas porté uniquement par l’Éducation nationale : il devrait être signé par les ministères de la Jeunesse et des Sports et de l’Éducation populaire, de la Culture évidemment, mais aussi par les ministères de la Famille, de la Santé et du Travail. Pour montrer que ce projet autour de l’école repose sur un changement de société, pas sur un simple changement d’emploi du temps. Et renvoyer chacun à la responsabilité qui est la sienne dans l’éducation des enfants. »


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