RIS des 4 et 5 février avec C Leconte : Introduction sur la politique éducative du gouvernement

mardi 11 février 2014
par  snu31
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Nous organisons aujourd’hui une nouvelle réunion d’information syndicale sur le thème de l’organisation du temps scolaire et des temps de l’enfant. Cete RIS fait suite aux différentes mobilisations, et à la colère qui s’est exprimée autour de la réforme dite des rythmes scolaires. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet nous vous proposons de replacer les choses dans leur contexte.

La réforme des rythmes est la mesure phare du ministre de la loi de Refondation de l’école. Alors qu’il communique sur l’acte II de cette refondation, où en sommes-nous pour l’acte I ?

• Création de 60 000 postes sur le quinquennat. Rappelons qu’il en manque déjà 20 000 pour rétablir tous les emplois supprimés par le précédent gouvernement. S’il y a rupture avec la saignée qui s’opérait avant, force est de constater que le compte n’y est pas : les 102 postes en 2013 pour la Haute Garonne n’ont même pas permis d’absorber la hausse démographique. Les 148 annoncés pour la rentrée 2014 suffiront à peine à faire face à l’augmentation du nombre d’élèves.

De ce fait toutes les autres mesures annoncées dans la refondation ne sont pas, ou très peu mises en œuvre dans notre département, ainsi :

• Le « plus de maîtres que de classes », aucune dotation pour cela. Seulement 2 créations dans le 31. (Mais si on regarde de près, ce dispositif a été ouvert pour l’un des 2 sur l’école d’Aspet, où il y a eu dans le même temps une fermeture de classe. Ça évite juste que l’école explose compte tenu des ses spécificités)

Scolarisation des moins de 3 ans : aucune amélioration et même pire : le taux de scolarisation a encore baissé (de 5,2 à 4,99). Rappelons qu’il y a une dizaine d’années, nous scolarisions 35% de cette tranche d’âge. Par ailleurs le DASEN envisage de flécher tous les postes d’enseignants en toute petite section.

Formation : On est loin de rétablir une formation digne de ce nom (soit 2 ans après la licence comme nous le proposons, ni même 1 an comme c’était le cas avant la réforme Darcos). Quant à la mise en place des ESPE, elle est catastrophique : à ce jour, début février, il n’y a plus de budget pour fonctionner.

Education prioritaire : s’il y a quelques éléments positifs (dans la nouvelle dotation, 6 postes sont réservés pour permettre aux collègues de déconnecter le temps classe du temps enseignant, dans le cadre du Plus de Maîtres que de Classes, vieille revendication du SNUipp), nous notons qu’aucune extension de la carte de l’Éducation Prioritaire n’est envisagée. Alors que nous constatons, et l’administration est d’accord avec ce constat, depuis des années, que certaines écoles ou zones, ont le profil de l’Éducation Prioritaire, ces établissements restent hors Éducation Prioritaire.

• Des nouveaux programmes. Dès 2014, ceux-ci s’appliqueront en maternelle. Pour l’instant ils ne sont pas publiés. On peut espérer qu’il y aura une vraie rupture avec les programmes lourds et rétrogrades de 2008. En attendant, une concertation digne de ce nom n’a pas été au rendez-vous. Rappelons que c’est sur les 108h que nous avons été consultés, et ceci de manière précipitée, sans aucun temps banalisé pour cette réflexion.

Chantiers sur le métier  :

13 chantiers (ateliers de réflexion) ont été ouverts par le ministre dont 5 pour le primaire. Nous en aborderons ici 3.

RASED : ce sont les grands oubliés de la loi de refondation. Comme nous le constatons dans notre département, aucun poste n’a été rétabli. Le ministre annonce des re-créations ainsi qu’une relance de la formation. Mais nous sommes très inquiets sur les missions de ces personnels. Avec la création de Pôles Ressources de circonscriptions, ils sont « noyés » parmi d’autres "ressources", aucun temps de travail en commun n’est prévu pour ces équipes …

DIRECTION D’ECOLE : quelques avancées appréciables pour les écoles de 5 à 9 classes qui verront leur temps de décharge augmenter progressivement ces prochaines années. Pour les écoles de 4 classes et moins et pour celles à ½ décharge actuellement, peu de choses. Et rien sur une véritable aide administrative à la direction d’école, tous les syndicats demandent une aide pérenne.

ISAE : seule mesure pour les PE. Elle ressemble plus à une aumône qu’à une véritable reconnaissance du travail « invisible » des enseignants. Le SNUipp revendique qu’elle s’aligne au moins sur celle des professeurs du 2nd degré. Notre syndicat revendique aussi la fin du gel des salaires et une véritable et attractive revalorisation du métier d’enseignant.

C’est donc dans un contexte de malaise, de déception et de mécontentement que nous abordons la question des rythmes. C’est sans aucun doute ce qui a cristallisé la colère des enseignants.

Quelques rappels sur cette mesure phare de Peillon, :

D’une part, elle a été réalisée dans la précipitation, très peu de concertation, limitée dans le temps. Injonctions et pressions sur les élus pour une mise en œuvre dès 2013, ce fut particulièrement vrai dans le 31.

D’autre part, cette réforme est très contestée par les enseignants, des élus et les parents y compris beaucoup de conseils locaux de la FCPE (malgré le soutien pour l’instant sans faille de la FCPE nationale et départementale).

Ce décret très rigide n’offre aucune possibilité de déroger et donc aussi d’expérimenter.

Là où cette réforme est appliquée, on constate que les enfants sont plutôt fatigués, il n’y a pas de vraie amélioration de ce côté-là. Pour les enseignants, ce n’est pas mieux : c’est la course après le temps, la fatigue, la difficulté pour travailler en équipe par manque de temps suffisant.

Cette réforme entraîne une nouvelle et très importante dégradation des conditions de travail des personnels (enseignants et des collectivités). Elle renforce aussi la précarité et génère des inégalités entre territoires. En effet si à Toulouse la commune peut mettre 800 euros par enfants pour les CLAE, toutes les communes peuvent-elles en faire autant ?

Et avant de donner la parole à Claire Leconte et d’entrer sur la question spécifique des rythmes de l’enfant, nous allons évoquer les impacts de l’Acte 3 de la Décentralisation, et les liens avec cette réforme des rythmes.

Cette réforme des collectivités se situe dans la continuité du désengagement de l’État et de la réduction des dépenses publiques, elle prône :

  • La constitution des métropoles (Paris, Lyon, Marseille), 15 autres dont Toulouse qui vont être créées par la loi
  • Le renforcement des régions (fusions annoncées déjà par Hollande)
  • L’intégration des intercommunalités

Comme Balladur l’a écrit, l’objectif est d’évaporer 2 strates, la commune et les départements.

Les métropoles héritent des compétences des départements, mais aussi de celles des régions et de celles de l’État. Lorsqu’on sait que 80% de la CVAE (Contribution sur la vValeur Ajoutée des Entreprises, qui remplace le taxe professionnelle) provient de Toulouse, que va-t-il advenir des territoires ruraux de notre département ?

Aujourd’hui toutes les communes ont eu obligation à intégrer une communauté de communes. Déjà de nombreuses compétences ont été transférées de la commune à la communauté de commune, dont la compétence scolaire. Le PEDT ne peut que renforcer la tendance des communes à transférer cette compétence : aucune aide de l’État, baisse drastique (déjà) des subventions du département, recettes provenant de la CVAE bien inférieures à ce que rapportait la taxe professionnelle…

Alors quelles conséquences pour l’école et ses personnels ?

Nous vous laissons méditer sur les vœux d’Alain Rousset, Président de la Région Aquitaine, qui suffisent à imaginer ce qui attend l’École Publique. Il promet aux enseignants, dans moins de temps qu’on ne le croit, le statut de fonctionnaire territorial, avec une réforme de décentralisation totale de l’Éducation, prolongement logique de la formation professionnelle dont la Région a la compétence.

Nous allons à présent donner la parole à Claire Leconte que nous remercions vivement d’avoir accepté de participer à ces réunions et de nous permettre d’enrichir notre réflexion autour de ce sujet. Car au SNUipp, nous pensons qu’il ne suffit pas de contester une réforme, et de s’en tenir à une organisation du temps scolaire que nous avons combattue. Mais nous voulons être collectivement force de propositions. Des propositions qui respectent l’enfant, et qui permettent aussi d’améliorer nos conditions de travail et donc notre enseignement.


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Voir aussi : Retraite : connaître la loi adoptée

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