Déclaration du SNUipp FSU au CDEN du 8 avril 2014

mardi 8 avril 2014
par  snu31
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Rythmes scolaires

Le SNUipp-FSU a toujours été favorable à une réforme des rythmes qui mette fin à la semaine Darcos avec pour principe d’alléger la journée scolaire. Il a toujours considéré qu’elle devait concilier réussite des élèves et amélioration des conditions d’exercice du métier. Pour le SNUipp-FSU, cette réforme actuelle n’est pas satisfaisante. Elle a été mal pensée, mal préparée, peu financée et s’organise trop souvent sans l’avis des enseignants. En conséquence, à l’épreuve du terrain, sa mise en œuvre débouche trop souvent sur des difficultés réelles occultant l’intérêt des élèves et des enseignants.

De plus, le SNUipp-FSU a toujours considéré qu’il aurait fallu articuler la réforme des rythmes avec des mesures pour les élèves et le métier d’enseignant : refonte des programmes scolaires, rénovation de la formation continue, scolarisation précoce des moins de trois ans, augmentation du nombre de RASED, déconnexion temps élèves/temps enseignants et plus de maîtres que de classe et fin de l’APC.

Au SNUipp-FSU nous avons pris l’initiative de produire un contre-rapport, à la fois national et départemental pour porter la parole du terrain. Nous y avons pointé le manque, voire l’absence de concertation. Ainsi, sur les écoles qui ont répondu à l’enquête du SNUipp-FSU, si 72 % des Conseils d’école ont été consultés au départ, moins de la moitié ont été écoutés à l’arrivée. Nous notons également que les spécificités de la maternelle ne sont pas prises en compte. Trop souvent, ce sont des contraintes matérielles qui guident la mise en place de la réforme : transports, manque de personnels municipaux, gestion des locaux.

Des projets proposés par les conseils d’école ne sont pas acceptés car considérés hors-décret (un mercredi sur trois libéré par exemple).

75% des enseignants, ayant répondu à notre enquête, déclarent avoir des conditions de travail dégradées avec notamment une augmentation du temps de travail. Nous rappelons que les animations pédagogiques ne doivent pas avoir lieu le mercredi après-midi qui doit être libéré de toute obligation de service.

Enfin, la mise en œuvre révèle de fortes inégalités territoriales.

Pour faire face à toutes ces difficultés, le SNUipp-FSU demande : la non généralisation de cette réforme à la rentrée, la suspension de sa mise en œuvre quand il y a désaccord avec la proposition de la mairie, la réécriture du décret et la pérennisation du financement des TAP par l’État.

Le SNUipp FSU demande que, dans un cadre national, soient possibles : • Une organisation sur 5 jours avec 1 à 2 demi-journées libérées ; • Une organisation de la semaine scolaire sur 4 jours étalés sur plus de 36 semaines ; • Une organisation sur 5 jours libérant un mercredi ou un samedi sur trois.

Enfin, pour le SNUipp-FSU, les conseils d’école doivent être le lieu de la mise en œuvre des projets (horaires, étude des conventions, utilisation des locaux, transitions des temps scolaires et périscolaires…). Aucun aménagement ne peut se faire contre l’avis des conseils d’école.

Il est urgent qu’un véritable dialogue s’installe. Des réponses à nos exigences doivent être apportées tant pour améliorer la réussite des élèves que pour améliorer les conditions de travail des enseignants.

Dotation

Avec 148 postes pour la haute Garonne, le taux d’encadrement départemental P/E va remonter de 4,98 à 5, soit le taux d’encadrement qui existait lors de la dernière année du ministère Châtel et de sa politique de suppression massive de poste. Cette très légère remontée ne doit pas cacher le fait que le taux d’encadrement académique, lui, se détériore.

Départementalement donc, 2686 élèves de plus étaient présents dans les écoles à cette rentrée et les services évaluent à 2349 élèves de plus ceux qui seront présents dans les classes pour la rentrée prochaine.

Voilà des chiffres qui relativisent la dotation de 148 postes. La situation reste donc marquée par une forte pression à l’ouverture et de très nombreuses écoles ont des conditions d’enseignement difficiles et des classes très chargées.

De ce point de vue, les récents articles de presse évoquant un renoncement aux 60 000 postes prévus sur le quinquennat sont inquiétants. Le gouvernement serait bien mal inspiré s’il mettait en œuvre cette rumeur médiatique.

Cela en dit également long sur l’état dans lequel serait l’école publique si les amis politiques de M. Moudenc et consorts avaient pu appliquer leur politique en matière d’éducation et d’emploi public. La désignation tardive d’une élue issue de l’enseignement privé confessionnel chargée des affaires scolaires pour prendre en charge plus de 200 écoles de la ville de Toulouse dans un contexte de forte tension démographique n’est pas non plus pour le SNUipp FSU, un signe très encourageant.

Nous notons au passage que les services académiques ont sous estimé les effectifs du publics de 186 pour l’enseignement public et sur estimé les élèves pour le du privé de 110.

Cette année encore, monsieur l’Inspecteur d’Académie, vous choisissez de dépenser une minorité des moyens accordés à la phase dite « principale » du mouvement. Nous continuons à penser que c’est l’intérêt de l’école et des collègues que le maximum de postes soit ouvert à cette phase pour permettre qu’ils soient demandés à la première phase et obtenus à titre définitif. L’enjeu est d’avoir des nominations de collègues à titre définitif pouvant s’intégrer à l’équipe pédagogique, bâtir des projets, être connu et reconnu des parents d’élèves et des partenaires de l’école. A moins qu’il faille voir dans cette pratique la confirmation que la dotation départementale est insuffisante pour faire fonctionner l’école correctement.

Alors que la loi de refondation réaffirme la spécificité de la maternelle, raccrochant la GS au cycle I, nous voyons que pour récupérer des postes vous basculez fréquemment des élèves de GS en élémentaire. Pour le SNUipp FSU, ce n’est pas l’intérêt des élèves. Ce n’est pas non plus conforme à l’esprit et à la lettre de la loi de refondation de l’école publique concernant la réaffirmation de la spécificité de l’école maternelle. Monsieur l’Inspecteur d’académie, êtes-vous en désaccord avec la loi de refondation de l’école ? Trouvez vous normal que des élèves de maternelles soient distribués au gré des organisations pédagogiques sur les niveaux élémentaires ? Comment dans ces conditions pensez-vous défendre la spécificité de la maternelle et respecter la loi de refondation ?

Les moyens de remplacement restent insuffisants sur ce département. C’est au moins une absence sur trois qui ne fait pas l’objet d’un remplacement.

En matière d’éducation prioritaire, le ministère prévoit la création d’une centaine de REP + à la rentrée prochaine. Sur la Haute Garonne se sont les réseaux Reynerie et Bellefontaine qui sont retenus. Les mesures prévoient une diminution du temps de travail devant élèves sans diminution du temps de classe des élèves. Pour cela, des moyens doivent être dégagés : 3 équivalents temps plein par réseau. Nous n’en avons pas trouvé trace dans le document préparatoire.

Nous vous demandons monsieur le directeur académiques de les ajouter.

Nous sommes pratiquement à 10 % d’écoles à plus de 11 classes en Haute Garonne. Cela renvoie à la question de la taille des écoles. Nous le verrons dans le document, de trop nombreuses écoles ont la taille de collège, voire la dépasse, y compris dans l’éducation prioritaire. Or, E. Debarbieu dans un rapport sur la violence à l’école, établit une corrélation statistique entre la taille des écoles et les violences. Par ailleurs, la réforme des rythmes scolaires a mis à mal les conditions de travail en équipe. Plus l’effectif de l’école est important et plus cette dégradation des temps de travail en équipe est sensible.

Le projet d’une école de maternelle et élémentaire de 19 classes sur le quartier de la Reynerie à Toulouse est de ce point de vue une ineptie. Nous vous demandons de tout mettre œuvre pour alerter les collectivités locales sur les difficultés engendrées par ces choix immobiliers ou architecturaux.

Enfin nous vous demandons que si une fermeture intervient sur une école où se trouve un poste berceau que ce soit ce dernier qui soit fermé et que l’équipe titulaire soit préservée.


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