Déclaration du SNUipp FSU 31 au CDEN "spécial Rythmes" du 26 juin 2014.

vendredi 27 juin 2014
par  snu31
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Monsieur l’Inspecteur d’Académie, mesdames messieurs les membres du CDEN.

Faire réussir tous les élèves constitue notre engagement quotidien et la mission qui nous est confiée par la nation. Depuis deux ans, nous attendons les moyens concrets pour répondre à cette ambition. Or, le ministère a choisi de donner la priorité à une réforme des rythmes comme levier principal de la lutte contre l’échec scolaire et de la réduction des inégalités.

Tout a été fait à l’envers. En étant soumise à la volonté des municipalités guidées par les contraintes du périscolaire et de leurs capacités inégales de financement, cette réforme relègue au second plan le temps de l’école pour les élèves et la prise en compte des demandes des enseignants. Il est incompréhensible que la révision des temps et celle des programmes scolaires (repoussée à 2015 pour la maternelle et 2016 pour l’élémentaire) n’aient pas été traitées ensemble. 


On reste donc encore loin d’une réforme qui permette de construire un projet cohérent pour la réussite des élèves, recueillant l’adhésion de la communauté éducative. Les difficultés rencontrées cette année (inégalités territoriales, non gratuité, partage des locaux, confusion des rôles…) vont s’étendre. L’Éducation Nationale doit reprendre la main. La semaine scolaire doit s’organiser selon un cadrage national avec des possibilités de dérogations émanant des conseils d’école dans l’intérêt du service public d’éducation et non selon le bon vouloir des collectivités locales. Il n’est pas acceptable que la liberté de choisir ses horaires laissée à l’enseignement privé puisse, localement, mettre l’école publique en difficulté. C’est pour cette raison que nous continuons de demander la « non généralisation » de cette réforme, la suspension de sa mise en œuvre partout où les équipes enseignantes l’estiment nécessaire et une réécriture complète du décret Peillon.

La réforme des rythmes n’était pas la priorité. Pour le SNUipp FSU, les priorités sont ailleurs. Il est plus que temps de traiter des vrais enjeux de l’école publique : les conditions d’apprentissages des élèves et les conditions de travail des personnels avec des créations de postes à la hauteur des ambitions.

Il y a des urgences. La diminution des effectifs par classe, le renforcement conséquent des moyens de remplacement et de l’aide aux élèves présentant des difficultés sont aujourd’hui des nécessités incontournables. La réussite des élèves, l’amélioration des conditions de travail passent aussi par du temps dégagé pour les enseignants pour les travaux pédagogiques, les rencontres avec les parents… Pour cela, l’organisation des 108 heures doit être totalement revue avec la fin des APC.

Le ministère vient d’ajouter une nouvelle pierre à la confusion sur les horaires de l’année prochaine en publiant ces derniers sur le site du ministère avant la tenue des CDEN et les arbitrages des recteurs. Ceux-ci sont présentés comme des horaires officiels. Comment les parents et les enseignants peuvent-ils s’y retrouver finalement ? Qui a le dernier mot ? Le maire ou l’Education nationale ? Comment s’assurer que l’avis et l’accord des conseils d’école seront entendus par le rectorat notamment pour les expérimentations du décret Hamon ?

Cette situation n’est pas acceptable. Elle est source de confusion pour les familles et les enseignants puisque certaines informations sont erronées. Elle n’est pas respectueuse d’un dialogue social de qualité pourtant érigé en méthode dans ce ministère. Le dialogue social ne se paie pas que de mots. Il se vit en acte. Enfin, les nouveaux horaires ne doivent pas écorner les droits de tous les personnels. Le SNUipp FSU demande notamment que soit garanti partout et de manière effective le 1/4 décharge pour les directeurs qui y ont droit et que l’accès au temps partiel ne soit pas limité.

La réforme des rythmes scolaires en l’état reste massivement rejetée par les enseignants. Dans ce contexte, B. Hamon a promulgué un décret le 7 mai 2014 ouvrant des possibilités d’expérimentation. Le SNUipp FSU considère que le décret Hamon ne résout rien au fond sur la question de la place donnée aux mairies et aux inégalités territoriales. Des questions sont soulevées : réelles activités périscolaires ou simple garderie ? Activités gratuites ou payantes ? Cependant, il peut représenter un assouplissement pour compenser la dégradation des conditions de travail des enseignant-e-s.

Nous le rappelons avec conviction, il y a un lien très fort entre nos conditions de travail et la qualité du travail de classe. Malgré des délais très serrés puisqu’il fallait discuter entre collègues, avec les parents, avec le maire et enfin réunir un Conseil d’Ecole avant la date butoir du 6 juin, des dizaines d’écoles du département ont réuni des conseils d’écoles pour faire remonter des demandes d’expérimentation ou de modification de leurs horaires. Nous vous demandons un état des lieux sur cette question.

Le SNUipp FSU regrette que des mairies comme Toulouse aient renoncé à accompagner les demandes des conseils d’écoles. Cette mairie, qui n’est pas une petite mairie rurale exsangue, répète qu’elle se refuse de mettre un euro de plus pour l’école publique. Elle en fait son fil à plomb pour savoir ce qui est bon ou pas pour l’école publique. C’est inquiétant pour la suite.

A la rentrée prochaine, toutes les écoles à l’échelle nationale subiront le décret Peillon. Le Snuipp FSU continuera à exiger le retrait du décret et sa réécriture puisque comme nous l’avons toujours dit, nous sommes opposés au statu quo sur la semaine Darcos. Dans le même temps, nous travaillerons avec les équipes à faire émerger des propositions pour obtenir la mise en œuvre partout où les collègues le demande la mise en place des expérimentation prévues par le décret Hamon si le décret Peillon était maintenu.

Merci de votre attention.


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