Déclaration préalable du SNUIpp FSU 31 au CDEN de bilan du 15 octobre 2014 .

jeudi 16 octobre 2014
par  snu31
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Mesdames messieurs les membres du CDEN

Monsieur l’Inspecteur d’Académie

Dans un contexte d’austérité budgétaire, l’éducation semble relativement préservée avec un budget en légère hausse pour 2015. Une progression qui ne permettra toutefois pas de dégager les moyens nécessaires pour les salaires ou la formation continue. D’autant que 28% de cette hausse sont consacrés au périscolaire ! Quant aux 2511 créations de postes dans le 1er degré, elles risquent de servir pour l’essentiel à faire face à la hausse démographique.

Avec 47,4 milliards d’euros, en hausse de 1,1 milliard, le projet de budget de l’enseignement scolaire présenté par le gouvernement le 1er octobre affiche la volonté de faire figure d’oasis au milieu du désert budgétaire global. Une hausse modérée par l’allocation de 307 millions d’€ au fond d’amorçage pour la mise en place des rythmes scolaires dans les communes. Une somme qui ne bénéficie ni aux écoles ni aux personnels mais au périscolaire. De plus, ce projet de budget s’inscrit bel et bien dans une logique d’austérité avec 50 milliards d’euros d’économies d’ici 2017, dont 21 milliards pour 2015. Des coupes qui, si elles devaient se confirmer, auraient des effets dévastateurs sur l’emploi, les investissements et les services publics et dégraderaient la qualité des services rendus aux usagers, tout en renforçant les inégalités sociales et territoriales. Au sein de la Fonction publique, le budget prévoit de poursuivre le gel du point d’indice, de réduire fortement l’enveloppe pour les mesures catégorielles et de supprimer plus de 1200 emplois. L’État économiserait ainsi 1,4 milliard d’euros au détriment de ses fonctionnaires. Et donc des enseignants. Dans les écoles, le projet de budget prévoit la création de 2511 moyens d’enseignement à la rentrée 2015. Dans le même temps, la hausse démographique se poursuit avec 23 600 élèves supplémentaires attendus à la rentrée 2015 qui s’ajoutent aux 35 600 de cette rentrée. Deux mesures actées pour la rentrée 2015, l’amélioration du régime des décharges pour la direction d’école et les demi-journées d’allègement de service en REP+, vont absorber une partie des 2 511 moyens. La budgétisation de ces deux mesures risque fort d’entrer en tension avec la nécessité d’ouvrir des classes pour répondre à la hausse démographique. Il resterait en effet moins de 900 emplois pour « absorber » cette hausse démographique, soit un pour 27 élèves de plus. Les priorités affichées par le ministère comme la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, le dispositif « plus de maîtres que de classes », le renforcement du remplacement ou les Rased resteraient ainsi lettre morte. Difficile d’envisager une réelle amélioration des conditions d’apprentissage des élèves et des conditions de travail des enseignants à la rentrée 2015.

Le projet de loi de finance prévoit la création de 2511 postes d’enseignants devant élèves dans le primaire en 2015. Un peu plus qu’en 2014 mais moins qu’en 2013. Mais pour que ces postes soient créés, il faudrait que tous les postes du concours 2015 à venir, qui passent de 8 500 à 12 000, soient pourvus. Or le dernier concours n’a pas fait le plein et aucune véritable mesure incitative n’est venue renforcer l’attractivité du métier d’enseignant, hormis la hausse du taux de chômage. Il est donc à craindre que ces 2511 créations ne soient pas réalisées à la rentrée prochaine, ou bien en recourant à des centaines de contractuels. Pour réaliser la promesse de créations de 54 000 postes, actée par la loi dite de « refondation », il faudrait prendre des mesures fortes en améliorant la rémunération des enseignants, en améliorant les conditions d’exercice du métier et en revoyant l’entrée dans le métier. Des mesures pour l’instant absentes du projet de budget 2015.

Le département de la Haute Garonne dans lequel vous arrivez monsieur l’Inspecteur d’Académie se caractérise par

• un taux d’encadrement parmi les pires de France avec un P/E de 5,01

• des seuils d’ouvertures trop élevés, 27 en élémentaires et 32 en maternelle

• Environ 20 % des écoles du département à un élève du seuil d’ouverture !

• des RASED démantelés depuis 2008

• Une formation continue exsangue.

• Des moyens de remplacement insuffisants

• Une très forte dynamique démographique (+ 2100 élèves l’an passé, + 2400 cette année). Cette situation devrait perdurer dans les années qui viennent.

• un département contrasté entre les zones rurales et urbaines.

• Un passage au rythme Peillon dégradant les conditions de travail des enseignants et aggravant les inégalités territoriales.

Dans ces conditions, les mesures emblématiques de la loi d’orientation comme le "Plus De Maîtres Que De Classes" ou la scolarisation des moins de 3 ans font du sur place en Haute Garonne.

Le collectif « Sauvons l’école » demande depuis des années une dotation exceptionnelle de 400 postes pour arriver au taux d’encadrement moyen. La carte scolaire de la Haute Garonne comporte 3 phases : la principale et deux d’ajustements. Le SNUipp FSU 31 vous demande de privilégier la phase principale pour favoriser les attributions de postes à titre définitif. Nous vous demandons également de fournir les documents préparatoires dans les délais prévus par la réglementation et de nous donner vos décisions en instances.

Pour conclure, la France est un pays riche, et les dépenses de l’Etat sont autant d’investissements indispensables au bon fonctionnement de notre société. Les services publics et de la Fonction publique doivent pouvoir jouer tout leur rôle dans la relance de l’activité de notre pays, dans la lutte contre les inégalités. Pour toutes ces raisons, le SNUipp et les syndicats de la FSU organisent un rassemblement et un meeting le 22 novembre à Paris. Un temps fort qui viendra ponctuer une semaine nationale d’actions n’excluant pas la grève dédiée à la défense et à la promotion des services publics, avec un appel solennel de la FSU. Au moment du débat budgétaire, le SNUipp, avec sa fédération, a décidé de porter un message clair au gouvernement et d’intervenir auprès des parlementaires pour leur demander de corriger ce projet de budget. Parce qu’il est temps de revaloriser les enseignants et de redonner des couleurs à l’école.


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