DÉCLARATION DU SNUipp-FSU 31 CAPD du 16 décembre 2014

mardi 16 décembre 2014
par  snu31
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Monsieur l’Inspection d’Académie, Mesdames et Messieurs

La délégation des élus du SNUipp-FSU à cette CAPD ne sera pas complète. Au moment même où se tient cette CAPD nos collègues de l’Éducation Prioritaire sont en grève. La nouvelle carte, qui se dessine, ne satisfait personne. En faisant dépendre la classification des écoles de leur collège de rattachement certaines d’entre elles se retrouveraient hors de l’Éducation prioritaire ou ne pourraient jamais y entrer, alors qu’elles se situent dans des quartiers difficiles. Elles sont de plus en plus nombreuses à subir une situation et des choix économiques qui paupérisent une partie de plus en plus grande de la population.

Pourtant, être classé en éducation prioritaire n’est pas un but en soi. Mais les écoles qui en bénéficient ont la possibilité d’avoir des effectifs moins chargés, d’avoir l’aide d’un collègue surnuméraire et une certaine reconnaissance financière.

Les dernières élections professionnelles ont maintenu le SNUipp-FSU 31 comme première organisation sur le département. Elles nous ont permis de même de constater que s’il y avait 6290 enseignants du primaire qui étaient appélés à voter cette année, ils étaient 6400 en 2008 !

La suppression des 80 000 postes d’enseignants sous l’ère Sarkozy est encore loin d’être compensée par les quelques milliers de poste supplémentaires obtenus sous Hollande alors que les effectifs sont en forte progression démographique.

Un rapport de l’inspection générale vient de rapporter que les programmes étaient mal appliqués... notamment parce que les enseignants ne bénéficiaient plus de formation. Quel scoop !

Mais si la formation (ou plutôt son absence !) est en cause, que dire des conditions de travail dans les écoles ?

Comment enseigner à des classes surchargées ?

Comment peut-il en être autrement alors que les moyens pour aider les élèves en difficulté ont quasiment disparu ?

Il n’est pas étonnant que l’enquête PISA 2013 montre notamment que les inégalités scolaires s’accroissent de façon inquiétante.

De plus, ce n’est que multiplication des demandes administratives et des injonctions....bien loin des discours exprimant la confiance portée aux enseignants. Plutôt que de commencer par réformer les rythmes scolaires, il aurait fallu prendre les choses dans le bon sens et définir en premier lieu les vraies priorités dont l’école a besoin : des moyens supplémentaires permettant d’alléger les effectifs par classe et d’assurer les remplacements, de recréer des RASED en nombre suffisant, de permettre d’avoir de vrais « Plus de maîtres que de classes », une réelle scolarisation des moins de 3 ans dans de bonnes conditions, des programmes cohérents, de restaurer la formation continue... Bref, une politique scolaire ambitieuse, basée sur des actes plutôt que sur des belles paroles !

Mais rien de tout cela ! Sur le terrain, les collègues sont éreintés, en colère et désabusés : ils ne sont plus en mesure de croire en ce qu’ils font. Oui, il faut une refondation, mais une refondation qui redonne confiance à la profession. Une refondation à la hauteur de ses ambitions, où l’on n’ouvre pas des « chantiers » pour colmater quelques brèches mais pour reconstruire en profondeur l’enseignement qui doit permettre à chaque jeune de devenir un citoyen conscient et responsable.

Le respect que l’on porte aux personnels se mesure aussi à la façon dont on les rétribue. De ce côté-là aussi, ce n’est guère réjouissant.

Certes, un petit effort a été consenti avec le versement de I’ISAE et l’augmentation du pourcentage de passage à la hors classe. Maigre pansement sur une blessure bien plus profonde !

Les enseignants du primaire restent toujours dans le peloton des moins bien payés des pays industrialisés (au 20erang sur 28 dans le dernier rapport sur l’éducation de l’OCDE). Entre 2000 et 2010, les salaires de base des enseignants français en milieu de carrière ont ainsi diminué d’environ 8 % en prix constants. À l’inverse, sur la même période, les salaires ont augmenté dans la quasi-totalité des autres pays de l’OCDE : pas loin de 20 % d’augmentation en moyenne car de nombreux pays ont décidé d’investir massivement dans le salaire des enseignants pour retenir les meilleurs d’entre eux dans la profession et les conforter dans le rôle central qu’ils occupent dans la société.

Dans un tel contexte, la CAPD promotion est attendue par nos collègues avec espoir et angoisse, car c’est le seul moyen de voir les salaires augmenter. Là encore, quelle désillusion ! Le gel du point d’indice imposé par les différents gouvernements a conduit à une perte sèche de 10 % du pouvoir d’achat depuis 2000.

Le gouvernement actuel doit entendre la revendication des personnels d’une mesure générale immédiate de hausse des traitements. Ce serait un geste fort, une vraie reconnaissance... qui ne transparaît que dans les belles phrases du ministre, n’apportant rien de concret, ni aucune perspective.

Le système actuel des promotions est à bout de souffle, générant des injustices et des iniquités toujours plus importantes année après année : Problème de promouvabilité/période de notation : Les enseignants étant promouvables au bout d’une période déterminée par le mode de promotion, il arrive souvent que l’un d’eux soit promu à l’ancienneté avec un barème supérieur à celui promu au mérite (grand choix ou choix). Pourquoi ? Il n’était pas promouvable... au bon moment !

Parfois aussi leurs inspections et/ou notation n’ont pas eu lieu en temps « utile » ou les notes et rapport d’inspection ne sont pas remontés dans les temps. Voilà pourquoi nous demandons une nouvelle fois la suppression de la note dans tous les barèmes et le passage à l’échelon supérieur au rythme le plus rapide.

L’autre problème est celui du goulet d’étranglement au niveau de certains échelons : Le pourcentage de promouvables n’ayant toujours pas été augmenté, les anciens instituteurs (reclassés par concours ou liste d’aptitude) et les professeurs d’école passés par l’IUFM se retrouvent en concurrence sur les derniers échelons. Ces PE sont donc condamnés à franchir les futurs paliers à l’ancienneté, tandis que les autres ne sont même pas sûrs d’arriver au 11e et dernier échelon avant de partir à la retraite du fait de leur reclassement très désavantageux dans leur nouveau corps. Inadmissible !

Le SNUipp-FSU continuera de s’opposer au système actuel des promotions qui ne fait que diviser la profession. Il porte le projet d’une évaluation formative qui soit une aide au développement professionnel, pour que les enseignants soient mieux armés pour faire réussir tous les élèves, d’une évaluation qui soit associée à un contenu pédagogique de formation initiale et continue digne de ce nom, efficace et efficient, pas uniquement basé sur les besoins institutionnels comme on le voit depuis quelques années. Il revendique une revalorisation indiciaire pour toute-s les enseignant-e-s, l’avancement de toute-s au rythme le plus rapide et la possibilité pour toute-s d’atteindre l’indice terminal 783.

Une vraie refondation de l’école passe par l’octroi de réels moyens pour favoriser la réussite de tous les élèves et par la reconnaissance des personnels qui portent cette mission.

Quant à ce qui concerne cette CAPD, nous ne pouvons que regretter les difficultés que nous avons pour contacter les services. Nous sommes intervenus à plusieurs reprises pour que le contrôle des promotions puissent être faits efficacement avec des allers-retours entre représentants du personnel et administration. Le Snuipp-FSU 31 est bien conscient de la difficulté des personnels administratifs à assurer leur travail avec la suppression en nombre des personnels des services administratifs et déplore et n’accepte que cette situation puisse engendrer des erreurs et des risques d’injustice pour les enseignants que nous représentons. Le SNUipp-FSU 31 demande solennellement que de réelles relations de confiance soient rétablies entre délégués du personnel et services administratifs dans l’intérêt de tous.


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