Déclaration préalable de la FSU au CTA du 19 Janvier

mardi 20 janvier 2015
par  snu31
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L’assassinat politique d’une partie de la rédaction de Charlie Hebdo, d’employé-es, de policier-es ainsi que les meurtres antisémites à la Porte de Vincennes sont des actes ignobles qui s’attaquent à la liberté d’expression, aux libertés démocratiques et à la laïcité et tentent d’instiller un climat de peur, de haine et de division dans tout le pays. Après ces actes monstrueux, une riposte la plus large possible pour défendre les libertés, refuser toute stigmatisation d’une partie de la population et rejeter tous les racismes (notamment l’islamophobie et l’antisémitisme) était indispensable. Maintenant s’ouvre l’après « Charlie ». Pour la FSU, tout doit être mis en œuvre pour conforter la démocratie, au contraire de mesures liberticides, ce qui implique que cesse toute politique qui conduit à l’exclusion sociale. Le vivre ensemble passe également par une éducation aux valeurs qui permettent de « faire société » avec l’ensemble de la population. L’École y joue un rôle indispensable. Plus que jamais, elle doit disposer des moyens nécessaires pour permettre l’accès de tous et toutes à une éducation de qualité en donnant plus et mieux à celles et ceux qui ont moins. LA FSU continuera à mener ces combats de front : la défense des libertés, la lutte contre tous les racismes et toutes les exclusions, la lutte pour la justice sociale ainsi que l’appropriation et le partage des valeurs de connaissance et de culture afin de construire une autre société. La volonté de vivre ensemble, dans le respect de notre diversité, et dans celui de la laïcité, est une des clés qu’il faut saisir.

Nous nous étonnons qu’à l’ordre du jour ne soit pas inscrit l’installation du CTA suite aux élections professionnelles de décembre et nous demandons que celle-ci soit faite rapidement. Lors de ces élections, les personnels de l’Education Nationale ont à nouveau placé la FSU largement en tête, malgré les obstacles du vote électronique, la baisse de 4% de notre score et les près de 55% d’abstention La FSU poursuit l’ambition de la transformation du système éducatif en conjuguant toujours l’intérêt des élèves avec l’amélioration des conditions de rémunérations, de formation et de travail des personnels. Pour cela, il faut des moyens budgétaires à la hauteur de ce défi et ne pas se contenter d’effets de communication et d’affichage médiatique. Ce n’est pas le cas au regard des emplois accordés à l’académie pour la rentrée 2015. La répartition des emplois que nous examinons ce jour, s’inscrit dans le cadre d’une politique qui prône la réduction des dépenses publiques, la diminution des emplois publics dans les ministères non prioritaires et la poursuite de l’austérité salariale avec le gel du point d’indice pour la 5e année consécutive. Dans l’Education les créations d’emploi au regard des postes supprimés les années passées et de la démographie, sont insuffisantes pour améliorer les taux d’encadrement, donc les conditions d’apprentissage pour les élèves et les conditions de travail pour les personnels. Bref, les moyens nouveaux, une fois encore ne permettent pas d’accompagner la hausse démographique ; la tension sur les effectifs est de plus en plus forte. Une étude récente confirme la forte corrélation entre les effectifs et la réussite (ou l’échec) scolaire.

Dans le premier degré

La forte poussée démographique autour de l’agglomération toulousaine a des répercussions dans les départements de la Haute Garonne, du Tarn et du Tarn et Garonne. Le nombre de classes à ouvrir va être très important. Le taux d’encadrement dans ces départements, très fortement détérioré ne va pas s’améliorer. Cette augmentation va se faire au détriment des départements ruraux, en dégradant leurs taux d’encadrement et en fragilisant leurs tissus scolaires. Dans ces départements, des restructurations se profilent qui découlent directement du contexte de restriction budgétaire actuel. Si la FSU est favorable à des réorganisations pédagogiques qui permettraient une amélioration de l’Ecole pour les élèves et les personnels, elle s’opposera à tout projet qui conduira à détériorer le Service Public d’Education de proximité. Les dotations ne permettront pas de transformer l’école. Les priorités ministérielles et celles plébiscitées par nos collègues : Education Prioritaire, décharges de direction d’école, plus de maitres, scolarisation des moins de trois ans, baisse des effectifs dans les classes et rétablissement des Rased… ne pourront être assurées et l’école continuera à se fragiliser. C’est dans ce contexte qu’intervient le report des opérations de carte scolaire après les élections départementales pour la deuxième année consécutive. Cette décision va décaler toutes les procédures de préparation de rentrée, obligeant tous les acteurs à travailler dans l’urgence. Ce fut déjà le cas sous un autre gouvernement ; comme par le passé, la FSU réaffirme que le temps de l’école doit être déconnecté du temps électoral.

Dans le second degré

Nous voudrions tout d’abord dénoncer qu’avant la tenue de ce CTA , les dotations aient été transmises à chaque établissement .Cela prouve bien que passer outre l’instance, c’est mépriser les représentants des personnels que nous sommes et de fait nous inviter devant le fait accompli. Maintenant nous demandons à ce que dans les établissements, le temps soit pris pour examiner les DGH, que la précipitation ne soit pas de mise Quand avez-vous demandé les remontées des TRMD ? Concernant les moyens accordées, la situation en collège, lycées généraux, technologiques, professionnels se dégrade en terme d’encadrement. Puisque le H/E est en baisse. En collège, la baisse des effectifs aurait du conduire à une amélioration de la situation, il n’en ait rien .En lycées, la forte hausse démographique n’est pas financée, le H/E est le plus bas depuis 2009. La dotation en collège subit une baisse significative sans aucune commune mesure avec les baisses d’effectifs. La coupe prévue, hors ajustements aux effectifs est de plus de 20 ETP. La légère embellie que nous avons connue est donc bien terminée et c’est déplorable. La FSU dénonce également le choix de persister dans l’expérimentation d’une LV2 en 5e financée par une amputation des horaires nationaux en LV1 6e., d’autant que cette expérimentation n’a toujours pas fait l’objet d’un quelconque bilan.

Cette année, suite aux nouveaux décrets, une enveloppe indemnitaire pour Mission particulière est fléchée : nous nous étonnons d’une mise en œuvre alors que les décrets d’application n’ont pas encore été examinés en CTM ! Nous y demandons un cadrage national des missions et des indemnités correspondantes, et du lien entre les deux. Nous rappelons notre attachement à un système de décharges plus qu’à une rémunération indemnitaire pour assurer ce type de missions.

Pour les administratifs

Pour ce qui est de la dotation concernant les personnels administratifs, les moyens attribués ne permettront pas de combler les suppressions de postes accumulées et /ou les redéploiements effectués dans le cadre de la RGPP. Pour rappel, ce sont 8000 postes administratifs qui ont été supprimés ! En regard, les 100 postes ouverts cette année apparaissent bien dérisoires. Des moyens nouveaux sont pourtant nécessaires pour faire face, là aussi, à la hausse des effectifs d’élèves, pour restaurer les conditions de travail des personnels et leur permettre de mener à bien leurs diverses missions de service public dans l’académie de Toulouse. Victimes des campagnes de dénigrement des fonctionnaires et du service public, nombre d’académies – perdant des moyens - se sont engagées dans des réorganisations de services au détriment de la proximité et de la simplification des échanges entre l’administration, ses agents, ses partenaires et ses usagers. Dans le même temps, le nombre d’établissements laissés dans un état de sous-administration n’a cessé de croitre. Il est urgent de reconsidérer l’attention portée aux personnels administratifs et d’y consacrer une réflexion sérieuse et des moyens vraiment à la hauteur des enjeux.

Concernant l’Education Prioritaire

Les fortes mobilisations de l’Éducation Prioritaire ont montré le profond attachement de l’ensemble de la communauté éducative au principe de « donner plus à celles et ceux qui ont le moins » dans le cadre du service public d’éducation. Le choix fait par le gouvernement de reconstituer la cartographie à moyens constants n’est pas à la hauteur. En effet, les effets de la crise et l’augmentation de la paupérisation d’une part importante de la population nécessitent que la cartographie se fasse à partir des besoins recensés et non d’un nombre de réseaux préétabli. Le deuxième problème est le choix fait d’une labellisation sur la base d’un collège « tête de réseau ». Dans ce cadre, les écoles isolées ne sont pas prises en compte. Par ailleurs nous demandons l’extension à tous les personnels de l’indemnité REP, REP+. Pour la pondération de 1.1 pour les enseignants du second degré en REP+, nous demandons qu’elle soit compensée en heures postes. Quant aux collèges REP, comment comprendre qu’ils n’ont pas la garantie d’avoir des moyens supplémentaires ?

C’est dans ce contexte général, que la FSU appelle tous les agents de l’Education Nationale à la grève le 3 février.


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