Victor Hugo : Contre la loi Falloux

mercredi 7 janvier 2015
par  snu31
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Qu’est ce que la loi Falloux ?

La loi Falloux sera adoptée en troisième lecture par l’assemblée le 15 mars 1850, par les tenants du parti de l’ordre et du parti clérical. Dans ses mémoires, le comte Alfred de Falloux résume en une phrase son programme : « Dieu dans l’éducation, le pape à la tête de l’Église, l’Église à la tête des civilisations. » De fait, cette loi autorise l’enseignement catholique dans le primaire comme dans le secondaire, et permet à Rome d’influer sur les programmes. Les évêques sont membres de droit des conseils d’académie, et l’école est sous la surveillance conjointe du maire et du curé. Un rapport du prêtre est suffisant pour entraîner la mutation d’un instituteur. Même si la IIIe République a fortement entamé les fondements de la loi Falloux en instituant la gratuité, la laïcité et l’école obligatoire, il faudra attendre l’année 2000 pour qu’elle soit totalement abrogée - à l’exception de certains articles qui demeurent encore dans le code de l’éducation et concernent les modalités de l’enseignement privé.

Plaidoyer prononcé par Victor Hugo alors qu’il était député, contre la loi Falloux (1850), qui remet jusqu’en 1881 l’instruction publique sous la coupe du clergé catholique.

Messieurs, toute question a son idéal. Pour moi l’idéal de l’enseignement le voici : l’instruction gratuite et obligatoire. Obligatoire au premier degré, gratuite à tous les degrés. L’instruction primaire obligatoire, c’est le droit de tous l’enfant qui, ne vous trompez pas, est plus sacré encore que le droit du père et qui se confond avec le droit de l’Etat. […] Voici donc, selon moi, l’idéal de la question : […] un immense enseignement public donné et réglé par l’Etat, partant de l’école de village et montant de degré en degré jusqu’au Collège de France, plus haut encore, jusqu’à l’Institut de France. Les portes de la science toutes grandes ouvertes à toutes les intelligences ; partout où il y a un champ, partout où il y a un esprit, qu’il y ait un livre. Pas une commune sans une école, pas une ville sans un collège, pas un chef-lieu sans une faculté. Un vaste ensemble, ou, pour mieux dire, un vaste réseau d’ateliers intellectuels, lycées, gymnases, collèges, chaires, bibliothèques mêlant leur rayonnement sur la surface du pays, éveillant partout les aptitudes et échauffant partout les vocations ; en un mot, l’échelle de la connaissance humaine dressée fermement par la main de l’Etat, posée dans l’ombre des masses les plus profondes et les plus obscures, et aboutissant à la lumière […] Cet idéal, il était nécessaire de l’indiquer car il faut toujours dire où l’on tend […]

Maintenant, voici ce que je ne veux pas : je ne veux pas de la loi que l’on vous apporte. Pourquoi ? Messieurs, cette loi est une arme. Une arme n’est rien par elle-même ; elle n’existe que par la main qui la saisit. Or quelle est la main qui se saisira de cette loi ? […] Messieurs, c’est la main du Parti clérical […] Je redoute cette main ; je veux briser l’arme, je repousse le projet. […] J’aborde tout de suite et de front, […] la seule objection qui ait une apparence de gravité. On nous dit : vous excluez le clergé du Conseil de surveillance de l’Etat ; vous voulez donc proscrire l’enseignement religieux ? […] Je veux l’enseignement de l’Eglise en dedans de l’Eglise et non en dehors […] En un mot je veux, je le répète, ce que voulait nos pères, l’Eglise chez elle et l’Etat chez lui. […]

Le Parti clérical

[…] Nous connaissons le parti clérical. C’est un vieux parti qui a des états de services […] C’est lui qui monte la garde à la porte de l’orthodoxie. C’est lui qui a trouvé pour la vérité ces deux étais merveilleux, l’ignorance et l’erreur. C’est lui qui fait défense à la science et au génie d’aller au-delà du missel et qui veut cloîtrer la pensée dans le dogme. Tous les pas qu’a faits l’intelligence de l’Europe, elle les a faits malgré lui. Son histoire est écrite dans l’histoire du progrès humain, mais elle est écrite au verso. Il s’est opposé à tous. […]

Voilà longtemps déjà que vous essayez de mettre un bâillon à l’esprit humain ! Et vous voulez être les maîtres de l’enseignement ! Et il n’y a pas un poète, pas un écrivain, pas un philosophe, pas un penseur que vous acceptiez ! Et tout ce qui a été écrit, trouvé, rêvé, déduit, illuminé, imaginé, inventé par les génies, le trésor de la civilisation, l’héritage séculaire des générations, le patrimoine commun des intelligences, vous le rejetez ! Si le cerveau de l’humanité était là devant vos yeux à votre discrétion, ouvert comme la page d’un livre, vous y feriez des ratures ! […]


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