Déclaration du SNUipp FSU au CDEN du 10 avril

jeudi 16 avril 2015
par  snu31
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Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Directeur des Services de l’Education Nationale

Mairie de Toulouse

Non seulement la mairie de Toulouse baisse de 13 % les crédits des écoles, supprime la gratuité cantine pour les élèves toulousains les plus défavorisés, supprime les AVS mairie dans des écoles maternelles, mais, en plus, comme nous allons le constater pendant ce CDEN, la mairie de Toulouse n’a pas rendu la gestion de la carte scolaire assez transparente pour permettre l’implantation de postes nécessaires. Le SNUipp FSU n’est pas d’accord avec les « bassins de vie » mis en place et qui ne sont qu’une façon de répondre à la pénurie d’écoles sur la ville. La hauteur des flux de régulation n’est pas fixée sur de nombreuses écoles et il est impossible de savoir où implanter des postes qui seront nécessaire. Cela met à mal l’école publique et ses personnels et ne favorise pas la stabilité des équipes. Ce n’est pas une situation acceptable. Rappelons que Toulouse représente pourtant à elle seule 200 écoles soit le quart des écoles du département.

Cela est d’autant plus préoccupant que cette instance se réunit très tard à cause d’un report imposé par le ministère pour des élections départementales qui n’impacte pas directement le premier degré de l’école. Que se serait-il passé si nous l’avions tenu en février-mars comme il conviendrait ?

Situation générale départementale

Les effectifs d’élèves du département ont augmenté de 10 % depuis l’an 2000. Cette année encore, la dotation de 140 postes ne sera pas suffisante pour transformer l’école en Haute Garonne. Le département enregistre le plus fort taux d’augmentation des effectifs d’élèves (+ 2,3%). Les services prévoient 2572 élèves de plus dans les écoles du département, or la dotation est inférieure de 8 postes à celle de l’année passé.

Le nombre moyen d’élèves par classe de maternelle en Haute Garonne (E/C) est supérieur de 1,2 élève à la moyenne nationale et de 0,6 pour les classes élémentaires. Dans ce département, seuls 2,2 % des moins de 3 ans sont scolarisés contre 9,2 % en moyenne nationale.

Enfin, le taux d’encadrement (P/E) reste le même que lors de la dernière rentrée Chatel. Nous sommes à 5,01. Or nous étions à 5,21 en 2008 et la moyenne nationale est de 5,19 en 2013.

Il faudrait 350 postes pour que les effectifs ne dépassent pas 25 élèves dans les classes. Il faudrait 150 de postes pour restaurer les RASED comme avant 2008. Il faudrait une centaine de postes pour assurer correctement le remplacement. Utopique ? Avec 1% de la fraude fiscale annuelle, il serait possible de créer nationalement 20 000 postes de PE. Avec ces postes, on pourrait commencer à faire baisser les effectifs, restaurer les RASED, mettre en place une véritable formation initiale et assurer le remplacement.

C’est à cette réalité qu’il faut confronter les 140 postes de dotation et pas seulement, à ce que faisait la majorité précédente qui accordait des dotations nulles ou négatives pour des élèves en plus : ½ poste pour 1131 élèves en plus en 2011 et -29 postes pour 1884 élèves en plus en 2012 !

Sous nombre et contractualisation

Lors de la dernière CAPD, vos services annonçaient un sous nombre de 30 enseignants sur ce département. Ce nombre risque de continuer à augmenter. Au lieu d’avoir recours à la liste complémentaire du concours (16 personnes la composent) ou à des collègues en demande d’entrée dans le département, la rectrice et vous faîtes le choix de recruter 20 contractuels précaires !

Cela signe une politique non respectueuse des personnels et des usagers de l’école.

Remplacements

Des effectifs plus lourds que la moyenne nationale dans les classes, des conditions de travail dégradées par la réforme des rythmes scolaires, une proportion importante d’enseignant-e-s de plus de 50 ans sont autant de facteurs de pénibilité du travail et donc d’arrêts maladie.

Au mois de mars, le SNUipp FSU a mis en place un outil de recensement des absences non remplacées. Loin de couvrir toutes les situations, nous pouvons dire que plus de 400 journées de classes ont été perdues au mois de mars ! C’est dans ce contexte que vous décidez, contre l’avis de toutes les organisations syndicales représentatives, de modifier la résidence administrative des brigades départementales et de les affecter dans des écoles. Le fonctionnement précédent permettait de neutraliser la question de la localisation d’un poste ayant pour fonction d’intervenir sur l’ensemble du département. Le système que vous imposez va rajouter de la contrainte sur l’accès à la fonction et par là, poser encore plus de problèmes de fonctionnement.

La situation du remplacement est telle que toutes les organisations syndicales du département et la FCPE ont appelé à un rassemblement sur cette question avant hier devant le rectorat. A noter que l’on n’avait plus vu une telle unanimité depuis la fin du quinquennat de monsieur Sarkozy.

Éducation prioritaire

De plus, cette année, doit être mise en œuvre la nouvelle carte de l’éducation prioritaire avec 3 nouveaux REP + et 3 nouveaux REP. A ce sujet, deux remarques. Comme l’an passé, les ZIL « répiens » doivent permettre la mise en œuvre de la pondération sur les REP + soit 12 postes d’après vos calculs. Comme l’an passé, nous insistons sur la nécessité d’ouvrir ces postes lors de ce CDEN pour pouvoir mettre ces postes à la première phase du mouvement et que les nominations se fassent le plus possible sur la base du volontariat. En ne le faisant pas, vous prendriez la responsabilité de nommer de jeunes collègues sur des postes particulièrement difficiles qui pourrait entraîner un dysfonctionnement du dispositif. La deuxième remarque porte sur un traitement inéquitable des écoles en REP. A de multiples reprises, nous vous avons interrogé sur les conditions qui seraient faites aux nouvelles écoles REP. Contrairement à ce que vous avez dit ou laissé dire par monsieur Picaud (IAA-DASEN), les seuils et les moyens de l’éducation prioritaire ne seront pas appliqués cette année. Le SNUipp FSU 31 revendique que les élèves et les enseignants de REP bénéficient des seuils uniques de 21 en élémentaire et 25 en maternelle ainsi que du dispositif plus de maîtres que de classes.

Le SNUipp FSU s’oppose à la pérennisation d’un seuil intermédiaire REP et demande l’application des seuils indicatifs départementaux pour l’éducation prioritaire.

Grève du 9 avril

Hier matin, 100 000 personnes à Paris, 8000 à Toulouse manifestaient contre les politiques austéritaires, la loi Macron et l’austérité budgétaire. C’est un encouragement à poursuivre la mobilisation.

Les organisations syndicales en France ont la responsabilité de mener cette bataille, et de montrer que d’autres choix sont possibles. Des choix économiques et sociaux basés sur la solidarité, la coopération, la justice et l’égalité des droits. Il n’y a pas d’autre solution. Et c’est la seule façon de combattre les idées réactionnaires et xénophobes, qui se nourrissent de peur et de repli sur soi. Mettre en échec la politique du gouvernement c’est en appeler à la mobilisation massive des salariés : public-privé, femmes et hommes, français-étrangers, actifs ou retraités, nous sommes tous solidaires, et nous le resterons.

Le 9 avril est un commencement. Nous donnons d’ores et déjà rendez-vous aux salariés le 1er mai prochain, dans la rue.


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