Déclaration du SNUipp-FSU 31 au Conseil de Formation du 6 octobre 2015

mardi 6 octobre 2015
par  snu31
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Cette déclaration a été rédigée avant la réception des documents la veille du conseil de formation à 16h04.

Quelques remarques rapides compte-tenu des délais :

  • sur 136 pages, 69 sont vides ;
  • sur les 67 pages écrites, 63 pages correspondent aux animations pédagogiques proposées en circonscriptions. Le reste concerne par exemple les formations dites institutionnelles, la liaison école-collège, la formation au titre de la pondération REP+. Rien n’est prévu pour les adjoints sans spécialité.
  • A parcourir ce document, sur HG13 seules 3 animations pédagogiques concernant les collègues d’un même cycle et sur le même sujet sont proposées aux collègues.
  • Sur HG 2, un intitulé étrange : « Construire une école intrusive » !!!
  • Des heures de formation prévues sur les nouveaux programmes cycle 2 et 3 qui ne sont pas encore adoptés alors que dans certaines circonscription, rien n’est proposé sur les nouveaux programmes de maternelle qui entrent en application à cette rentrée
  • Les animations en présentiel ou à distance ne sont pas distinguées (sauf pour HG7)
  • Toutes les animations se rapportant aux nouveaux programmes maternelle sont à public désigné cycle 2. Faut-il vous rappeler que la maternelle appartient au cycle 1 ?
  • Cette année encore, rien n’est proposé pour les RASED ni de formation spécifique pour les psychologues.

Le SNUipp-FSU 31 déplore le manque de préparation de ce PAF, tant sur la forme que sur le fond. Au delà de la piètre qualité du dialogue social, le SNUipp-FSU s’inquiète de la manière dont la formation continue est considérée par l’administration départementale.

Le Conseil de Formation de la Haute-Garonne doit examiner la formation initiale et continue offerte aux personnels de ce département. Or, à ce jour, aucun document n’est parvenu ni dans les écoles ni aux organisations syndicales. Sans Plan de Formation pour l’année à venir, ni bilan de l’année antérieure, il s’avère difficile d’apprécier l’offre de formation proposée et sa mise en œuvre concrète. Le SNUipp-FSU 31 demande la tenue régulière du Conseil de Formation avec notamment une instance de bilan en fin d’année comme cela se pratique dans d’autres départements. Nous demandons à pouvoir disposer des documents de travail correspondants pour pouvoir garantir l’équité dans l’accès au stage de nos collègues.

Il est primordial de rappeler ici qu’enseigner est un métier qui s’apprend et qui se réfléchit tout au long de sa carrière !

Pour le SNUipp-FSU 31, la formation continue est un droit des personnels, mais aussi une nécessité si l’on veut réellement transformer l’école et permettre la réussite de tous les élèves. La formation doit être orientée sur trois axes complémentaires : adaptation aux évolutions du système (nouveaux programmes par exemple), offrir la possibilité aux collègues de réfléchir sur leurs gestes professionnels, enfin, permettre aux enseignant-es non seulement de choisir ses formations mais aussi de formuler des demandes.

La formation initiale et continue que le SNUipp-FSU revendique doit être une formation professionnelle et professionnalisante qui permet de prendre du recul et d’échanger sur les pratiques en lien avec la recherche.

Cette ambition est une question de moyens : humains avec la création de postes de remplaçants, mais aussi moyens financiers pour permettre le paiement d’intervenants extérieurs au rectorat et à l’ESPE.

Il y a urgence sur cette question en Hte-Garonne ! L’année écoulée a été a marquée par une formation continue complètement sacrifiée : entre pauvreté de l’offre et stages annulés faute de remplaçants, la Hte-Garonne prétend refonder sans former et ne tient même plus les formations dites institutionnelles. Nous demandons que notre droit à une formation continue sur temps de travail d’au moins 36 semaines sur la carrière soit respecté.

Sur les 18h d’animations pédagogiques

Malgré les engagements du DASEN, des animations pédagogiques continuent à avoir lieu le mercredi après midi. Nous rappelons que le SNUipp-FSU s’oppose à la nouvelle organisation induite par la réforme des rythmes qui dégrade les conditions de travail des enseignants. Nous demandons de nouveau la sanctuarisation du mercredi après midi avec l’absence de réunions, animations pédagogiques sur cette demi-journée. D’une manière générale, les plans de formation de circonscription ne correspondent pas aux demandes des équipes et nous constatons une grande inégalité en termes d’offre selon les circonscriptions.

Le SNUipp-FSU continue de porter des revendications concrètes :

- augmentation significative de la diversité de l’offre de formation tant du point de vue de leur nombre, de leur contenu ou des intervenant-es. La Direction académique se doit d’assurer l’égalité d’accès à la formation des collègues des diverses circonscriptions.

- liberté des enseignant-es : les enseignant-es doivent pouvoir choisir les formations en fonction de leurs besoins. Aucune formation ne peut leur être imposée comme c’est encore le cas dans certaines circonscriptions.

- organisation de stages écoles sur temps scolaire

D’après notre enquête dans les écoles, les stages de circonscriptions permettant aux équipes de réfléchir sur des problématiques d’école sont inexistants. Le SNUipp-FSU rappelle une nouvelle fois son attachement à cette modalité de formation qui facilite travail et réflexion collective.

M@gistère

Une partie des animations pédagogiques est désormais couverte par M@gistère qui semble avoir été introduit pour pallier le manque criant et faire croire que l’institution remplit son contrat de formation avec les enseignants. Or, si M@gistère est un outil au service de la formation, il ne peut en constituer le cœur. Les collègues veulent une formation pour échanger, mutualiser, s’enrichir ensemble, mais aussi pour être en lien avec la recherche. M@gistère renforce l’isolement et ne correspond donc pas à cette demande. Bien souvent, le collègue remplit ses obligations de service en se connectant, mais ne se sent plus stagiaire, ni même participant…

De plus, ces dispositifs ne peuvent être imposés aux collègues. En effet, la réponse du ministère à l’avis adopté par l’ensemble des organisations syndicales au CHSCT-M du 12 mars 2015, stipule clairement :

  • d’une part que dans la mise en place concrète et l’aménagement de l’outil, les systèmes de contrôle, bien qu’encore existants, n’ont pas à être utilisés.
  • d’autre part que « le recours à ce dispositif technique ne revêt aucun caractère obligatoire. »

Formation initiale et début de carrière

Le 1er juillet dernier, le SNUipp-FSU a publié les résultats d’une enquête nationale sur la perception par les stagiaires de leur année de stage. Ces résultats valident malheureusement l’analyse que porte le SNUipp-FSU 31 de leur année : stagiaires débordés et stressés, considérant qu’ils ne sont pas assez préparés à affronter le quotidien de la classe, formation peu professionnalisante et infantilisante sous certains aspects… L’an dernier, le SNUipp a dénoncé la souffrance des stagiaires, souffrance due à la surcharge de travail entre la formation, le Master et la classe.

Pour le SNUipp-FSU, il n’est pas possible de continuer ainsi tant pour l’intérêt de nos collègues débutant dans le métier que des élèves. Ils ne doivent pas être en responsabilité de classe et les stages de pratique doivent être limités au tiers de leurs obligations de service. Il faut donc réduire ce temps de stage dans les écoles et faire qu’il soit pensé dans une logique de formation (et non dans une logique d’emplois) avec une progressivité pendant la formation (stage d’observation, stage de pratique accompagnée, stage en responsabilité).

Le SNUipp-FSU insiste de nouveau sur le manque d’adaptation des formations au profil des stagiaires (déjà titulaires d’un Master 2 d’enseignement ou titulaire d’un autre master). Pour les stagiaires ayant déjà validé un master, le parcours de formation mis en place par l’ESPE est quasi identique à celui que doivent valider les titulaires du M1. Enfin, nous nous inquiétons des conditions de formation des stagiaires déjà titulaires d’un master MEEF. Le parcours de formation prévoit 250 heures, or au 2 octobre, ils n’en avaient eu que 6 !

Par ailleurs, les formateurs du premier degré doivent voir leurs compétences enfin reconnues au sein des ESPE et intervenir de manière beaucoup plus importante au sein de celles-ci, nos collègues doivent participer à l’organisation de la formation dispensée au sein des ESPE. S’il y a eu des avancées (création de groupe de tutorat mixte ESPE, prise en charge des étudiants de Master 1 par les PEMF), elles restent insuffisantes. Le SNUipp-FSU 31 demande de nouveau qu’un groupe de travail académique se mette en place pour travailler sur les missions des maîtres formateurs et leur collaboration avec l’ESPE.

Pour finir, pour permettre une entrée progressive dans le métier, nous revendiquons la mise en place une formation continuée dans les années de T1 et T2.

Alors à quoi ressemblera le Plan De Formation 2015-2016 pour les enseignants de la Hte-Garonne ? Quelle formation initiale de qualité sera mise en place pour les stagiaires ?

Il ne suffit pas de multiplier les annonces ou d’empiler les décrets pour faire avancer l’École. Il ne suffit pas de se donner de grandes orientations académiques ou départementales. Il ne suffit pas de citer la formation continue pour qu’elle existe. Encore faut-il réellement accompagner les enseignants ! La vraie refondation de l’école, ce doit être celle de la formation continue. C’est la ligne adoptée par tous les pays qui ont réformé avec succès leur système éducatif. Trois jours et demi par an de formation pour le primaire, soit deux fois moins que dans les autres pays de l’OCDE, le peu d’offre de formation continue est clairement montré du doigt selon un rapport récent de la Cour des Comptes.

Pour que l’école fasse progresser la réussite de ses élèves, il faut un véritable accompagnement professionnel qui aide les enseignants à travailler en équipe, à résoudre les problématiques complexes du métier, à analyser leurs pratiques et leurs postures. Il faut aussi une formation initiale de qualité pour l’ensemble des stagiaires, c’est une exigence forte pour un service public de l’Education ambitieux.

Monsieur l’Inspecteur d’Académie, la formation continue dans ce département est sinistrée, il est temps d’en prendre la mesure et de faire d’autres choix pour transformer l’école en offrant à toutes et tous une formation de qualité.


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