Déclaration du SNUipp FSU au CDEN de Bilan du 26 novembre

jeudi 26 novembre 2015
par  snu31
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Monsieur l’Inspecteur d’Académie

Mesdames, messieurs les membres du CDEN

Les ignobles attentats perpétrés sur des lieux de vie, de culture, ont frappé et concerné toutes les populations quelles que soient leurs origines, nationalités ou religions. La jeunesse a été particulièrement touchée par cette barbarie.

Au-delà de la France, de sa politique étrangère ou de ceux qui la gouvernent, la cible des terroristes était cet idéal démocratique d’une société de liberté, parce que de droit, même avec ses fortes « imperfections ». Une société basée sur la reconnaissance de libertés individuelles et de droits collectifs.

Si l’on peut entendre la nécessité d’instaurer l’Etat d’urgence et d’accélérer les procédures d’investigation dans les jours qui suivent l’attentat, une prolongation de l’état d’urgence revient à entériner les mesures d’exception comme étant des « mesures normales », car qui peut croire que dans 3 mois, le danger terroriste sera passé ? A quel moment jugera-t-on que la situation permet un retour à un exercice plein et entier des libertés démocratiques ?

Sacrifier une part de liberté et de démocratie serait de fait une victoire pour les terroristes de Daech. En effet, les actions des terroristes sur notre territoire visent à mettre la société française en contradiction avec ses valeurs démocratiques et à créer au sein de celle-ci une situation d’affrontements permanents, susceptible d’alimenter de nouveaux recrutements de jeunes prêts à combattre en Syrie.

Nous tenons ici à témoigner des moments très forts vécus par les enseignants, les parents et les élèves dans les écoles du département le 16 novembre, à l’occasion de la minute de silence et des discussions autours des attentats. Nous voudrions ici insister sur ce qui s’est passé dans les écoles du Mirail par exemple où l’on a pu voir de nombreux parents s’associer tant à l’hommage rendu aux victimes qu’à la condamnation du terrorisme.

La peur et la sidération sont des sentiments légitimes. On doit cependant veiller à ce qu’elles ne conduisent pas aux amalgames, aux divisions, au rejet. L’institution scolaire, adossée à une laïcité garante de la liberté de conscience et d’une société tolérante, doit faire sa part dans la construction du vivre ensemble. Notre école doit rester l’école pour tous. C’est une responsabilité individuelle et institutionnelle. Nous devons nous rappeler que les victimes les plus nombreuses de l’idéologie de Daech sont musulmanes, victimes des massacres dans les zones sous leur contrôle en Irak et Syrie, ou victimes des attentats de Tunis.

Les consignes du ministère sur les mesures de sécurité à prendre dans les écoles doivent être appliquées avec discernement, sans discrimination en veillant à ne pas creuser les fossés et la suspicion.

Face à ces questions, il serait simpliste de considérer que l’école et la culture seules sont la solution. Cependant, elles en font partie. Il faut rappeler ici que l’institution scolaire n’est pas parvenue à faire reculer les inégalités. Le déterminisme social joue fortement et nourrit parfois un sentiment de rupture pour les élèves face à l’avenir qu’ils entrevoient.

La nouvelle carte de l’éducation prioritaire se met en place mais il y a encore des écoles de REP qui ne bénéficient pas des seuils indicatifs départementaux. Le SNUipp FSU sera vigilant sur le respect plein et entier de ces seuils.

Le nombre moyen d’élèves par classe (hors ASH) est de 24,7 en Haute Garonne, 25 élèves même hors éducation prioritaire. Le nombre d’élèves moyen national est de 23, 68.Il y a donc un écart de 1 à la moyenne nationale.

Le SNUipp FSU revendique 25 élèves maximum hors éducation prioritaire, 20 élèves maximum en éducation prioritaire, 15 élèves maximum en TPS et PS. Nous revendiquons toujours la restauration des RASED, des moyens de remplacement et de formation.

L’an passé, le département a connu de grandes difficultés de remplacement. Il n’est pas rare d’avoir des classes de 40 élèves en maternelle ou de plus de 30 en élémentaire quand les collègues malades ne sont pas remplacés. Avec l’hiver, le manque de remplaçants commence à se faire sentir.

La formation continue des enseignants du département est proche de zéro. Alors que de nouveaux programmes se mettent en place, que le métier se complexifie (phénomènes de sociétés, nouveaux médias) les enseignants du premier degré sont abandonnés.

La réforme des rythmes, la fin des mercredis libérés continuent à détériorer les temps de concertation et le collectif de travail, et maintiennent beaucoup d’écoles sous tension.

Dans ces conditions, l’inclusion des élèves handicapés est souvent douloureuse. Les équipes manquent de temps et de formation. Nous verrons si les préconisations de la circulaire ULIS, le respect de leurs effectifs et leur prise en compte au moment de la carte scolaire sera appliquée aux 63 ULIS du département.

Enfin, le SNUipp FSU 31 regrette que l’Inspection d’Académie ait fait le choix de priver l’association « Classisco » des moyens de fonctionner, soit l’équivalent d’un ½ poste. Chaque année et ce depuis 17 ans, ce sont plus de 5.000 élèves qui bénéficient de ce programme de sensibilisation à la musique.


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