Déclaration du SNUipp FSU 31 au CTsD du 17 février 2016

mardi 16 février 2016
par  snu31
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Monsieur l’Inspecteur d’Académie

Une meilleure dotation que l’an passé ne veut pas dire une bonne dotation permettant de répondre aux besoins de la Haute Garonne. Pas seulement aux besoins tels que nous les définissons au SNUipp FSU et qui nécessiteraient plus de 1000 postes pour être satisfaits. La dotation sera tout bonnement insuffisante pour assurer le remplacement des collègues absents, c’est-à-dire une véritable continuité du service public. Elle sera insuffisante pour respecter les effectifs réglementaires dans les ULIS écoles. Elle sera insuffisante pour assurer une formation continue digne de ce nom et elle aussi prévue dans les textes.

A lire votre document, elle est insuffisante pour que toutes les écoles REP bénéficient des seuils départementaux pour l’éducation prioritaire, ce qui est une rupture d’équité entre les écoles prioritaires et un non respect de l’engagement à atteindre progressivement les seuils de l’éducation prioritaire. Cette situation n’est pas acceptable.

Les 5 et 16 février, des enseignants de la Haute Garonne étaient en grève, des écoles ont été fermées pour dénoncer la situation dramatique du non remplacement et le manque de moyens en général. Cette problématique, qui impacte lourdement le fonctionnement des écoles, n’est pas nouvelle. Déjà l’an dernier, le SNUipp FSU dénonçait cette pénurie de remplaçants. D’après notre compteur non remplacement, qui ne donne qu’une vision très partielle du dysfonctionnement, 204 demi- journées de classes n’auraient pas été remplacées en Hte-Garonne en décembre, 310 en janvier et sur les 15 premiers jours de février, 350 demi-journées sont déjà recensées. La réalité est bien sûr bien plus grave.

Reçus en audience par Monsieur Faisy, enseignants grévistes et organisations syndicales ont dénoncé cette situation et les conséquences désastreuses pour les élèves comme pour les personnels. Ce dernier, conscient du problème et partageant notre constat, a affirmé que des solutions immédiates seraient examinées par les services. Nous attendons donc aujourd’hui des réponses pour répondre à l’urgence actuelle mais combattrons tout recours à la contractualisation.

Faisons maintenant un peu d’EMC (Education Morale et Civique). Est-il moral que des écoles REP comme les élémentaires Marie et Pierre Curie, Jules Ferry, Alfred de Musset, Ferdinand de Lesseps ou maternelles Marie et Pierre Curie, Jules Ferry, Alfred de Musset, les Vergers soient discriminées et exclues des moyens REP ?

La carte de l’EP est décidée pour quatre ans, est-il civique que l’administration décide de ne pas appliquer la réglementation pendant au moins deux ans ?

Est-il sérieux d’être aussi négligent en direction de l’école des quartiers les plus populaires après les évènements de l’année 2015 ?

La situation des ULIS d’école n’est pas plus brillante. Est-il moral de ne pas accueillir les élèves relevant des ULIS dans de bonnes conditions ? Est-il civique de ne pas respecter les limites d’effectifs ? La circulaire prévoie la prise en compte de la présence des ULIS dans les écoles au moment de la carte scolaire. Qu’allez vous faire pour cela monsieur l’Inspecteur d’académie ?

Nous profitons de l’occasion pour exprimer ici notre refus de mesures qui, si elles ne relèvent pas directement de cette instance, concernent des collègues du 1er degré. Nous demandons le maintien des 5 postes de PE éducateurs à l’EREA de Muret et refusons leur remplacement par 2 AED. Nous exprimons également notre désaccord avec l’expérimentation de suppression des 6e SEGPA sur les collèges REP + Badiou et Bellefontaine ainsi que sur la suppression de la classe de 6e et 5e SEGPA de St Beat, en contradiction avec la circulaire SEGPA qui réaffirme le maintien des 4 divisions. Cette expérimentation est d’autant plus problématique dans des secteurs qui concentrent les difficultés. Pour nous, cet ensemble de décisions pris au nom de l’inclusion est en fait une attaque contre l’enseignement adapté.

Le taux d’augmentation du nombre d’élèves en Haute Garonne est le plus élevé de France. Cependant, avec 190 postes pour 2235 élèves de plus attendus la situation de l’école en Haute Garonne ne va changer qu’à la marge. On est loin des effets attendus de la priorité donnée au 1er degré.

Certes, le taux d’encadrement va s’améliorer. Encore heureux. Mais il ne va passer que de 5,02 à 5,08 alors qu’il était encore de 5,15 en 2008. Cela signifie clairement que sur le terrain, les classes de notre département vont rester trop chargées et qu’en 2017 la situation sera moins favorable qu’en 2008.

Comme nous l’avons dit plus haut, le SNUipp FSU estime à plus de 1000 le nombre de postes nécessaires à une véritable transformation de l’école dans notre département. Concrètement cela signifie : pas une classe ordinaire à plus de 25 élèves, pas une classe de l’éducation prioritaire à plus de 20, un retour au taux de scolarisation des moins de 3 ans de 2007, une restauration d’un RASED pour 1000 élèves, un service de remplacement à la hauteur, une formation initiale de qualité basée sur un 1/3 temps en classe et 2/3 temps de formation, une formation continue offrant 2 semaines par an à nos collègues pour nourrir et enrichir les pratiques de classes, appréhender la complexité du monde et son impact sur notre métier.

Nous ne chiffrons même pas ici le plus de maîtres que de classe qui, rappelons le, n’est pas réservé à l’éducation prioritaire.

Pour cette 4e rentrée scolaire marquée par la proclamation de la priorité au primaire, nous ne serons même pas revenus à la situation de l’école au début du quinquennat Sarkozy ! Les effets de la priorité au primaire affichée en début de quinquennat sont plus que relatifs.

On nous répond souvent : « Mais nous faisons ce que nous pouvons, les marges de manœuvres sont faibles » etc… Il s’agit de choix politiques. Les 40 milliards de crédits d’impôts n’ont eu qu’un effet très faible sur l’emploi et le chômage continue à se situer à un niveau record. Avec cet argent, l’Etat aurait mieux fait de créer des emplois publics que de croire monsieur Gattaz promettant de créer un million d’emplois grâce au CICE ! Rappelons que le coût de 20 000 postes est 700 millions d’euros.

Nous demandons un déblocage des INEAT pour répondre dès cette année aux besoins de remplacement. De nombreuses collègues sont contraintes de se mettre en disponibilité pour ne pas être séparées de leur famille. Elles sont formées, prêtes à travailler. Il ne manque que le feu vert de la ministre et de la rectrice.

Nous revendiquons le passage d’1/4 à 1/3 de décharge, comme le prévoit le décret du 20 juillet 2015 pour les PEMF du département qui exercent dans un département où la charge de travail est importante. Cela représente entre 4 et 5 ETP.

Les écoles qui sont passées aux nouveaux rythmes dès 2013 ont du bouleverser leur calendrier annuel de Conseil d’Ecole, dans des délais trop courts pour traiter cette question. Trois ans après nous maintenons notre appréciation : cette réforme a été mal pensée. Les conditions de travail se sont dégradées, mettant à mal le travail en équipe. La réforme est par ailleurs facteur d’inégalités. D’après l’AMF, le coût pour les communes s’élève à un milliard. Les subventions de l’Etat ne couvrent que le tiers de cette dépense. De nombreuses communes sont en difficultés. Dans 28 % d’entre elles, les Temps d’Activités Périscolaires sont payants pour les parents.

Sur Toulouse, la Mairie continue ses opérations opaques de transferts d’élèves autour de ses « écoles dites de respiration » quand guette l’étouffement… dû à la pénurie d’écoles sur la ville.

Ni les écoles ni les membres du CT et du CDEN n’ont d’informations transparentes sur ces flux d’élèves organisés. Cela conduit à de nombreuses incertitudes sur l’implantation des postes nécessaires. Cette pratique inacceptable perturbe le bon fonctionnement d’une école publique de proximité dans une ville comptant plus de 200 écoles, soit le quart des établissements du premier degré de la Haute-Garonne.

En conclusion, il est clair que cette dotation de 190 postes est très éloignée des réels besoins de l’école publique sur le département.

Il est indispensable d’octroyer une dotation supplémentaire d’urgence pour faire face à la rentrée prochaine.


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