Déclaration du SNUipp FSU 31 au CDEN du 31 mai 2016.

mardi 31 mai 2016
par  snu31
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Mesdames messieurs les membres du CDEN

Monsieur l’Inspecteur d’Académie, hier en CTsD vous nous avez rappelé que entre 2010 et 2012, pour 3823 élèves supplémentaires la dotation avait été de 0,5 postes. Vous nous avez également dit qu’entre 2014 et 2016, pour 7095 élèves de plus, la dotation a été de 478 postes.

Avec une telle démonstration chiffrée nous n’aurions plus qu’à applaudir.

Pourtant, prenons une des mesures phare de la loi de refondation comme la scolarisation des 2 ans en Haute Garonne. Leur taux de solarisation était de 15,5 % en 2008, 8,9 % en 2010 et 6,1% en 2015. Le progrès est relatif comme vous pouvez le constater.

Entre la rentrée 2014 et la rentrée 2015, le E/C moyen hors ASH n’a pas bougé et reste fixé à 24,7 % et 25 hors éducation prioritaire.

Les 86 postes de RASED de proximité perdus en 2008 ne sont pas rétablis et font cruellement défaut dans les écoles.

La situation du remplacement a été extrêmement tendue.

La formation continue a été réduite à sa plus simple expression, à un niveau inférieur à ce qui est prévue statutairement par exemple pour les nouveaux directeurs.

La Haute Garonne passe en sous nombre chaque année et la rectrice refuse de recourir aux INEAT.

Bref, votre démonstration sur les « efforts de la nation » - nous préférons au SNUipp FSU parler d’investissement de la nation dans l’éducation - a un certain nombre de limites.

Vous nous avez également parlé de la situation dans les autres services publics. Nous en sommes conscients et dénonçons depuis le début une politique qui diminue l’emploi public global. Comme nous dénonçons les dizaines de milliards accordés sans aucune contre partie au patronat sur les promesses de monsieur Gattaz de créer un million d’emplois.

La première situation que nous souhaitons aborder est celle des écoles qui accueillent des ULIS. Ces écoles sont en augmentation puisque vous en ouvrez 8. La circulaire nationale indique que les IA DASEN doivent prendre en compte la présence d’ULIS lors de la carte scolaire.

Dans le document des écoles sont très proche du seuil d’ouverture, d’autres ne seraient plus au seuil de fermeture si on compte les élèves d’ULIS. Le SNUipp FSU demande que ces élèves soient pris en compte chaque fois qu’ils permettent d’améliorer les conditions de l’inclusion, c’est-à-dire abaisser la moyenne générale de l’école.

La deuxième est la situation de 9 écoles relevant officiellement de l’éducation prioritaire. La carte a été définie pour 4 ans sur des critères sociaux. Les services rectoraux et départementaux ont contribué à l’élaboration de cette carte. Le SNUipp FSU 31 demande que ces écoles soient traitées comme les autres écoles labellisées REP. Rien ne justifie cette rupture d’égalité entre élèves relevant de l’éducation prioritaire. Si cette situation était maintenue, ces écoles seraient discriminées pour une durée équivalente à la moitié de la durée de la carte.

Voilà ce que disait Jean-Paul DELAHAYE chef de la DGESCO le 9 Avril 2014 :’La politique d‘éducation prioritaire doit donc relever un double défi :

Améliorer les résultats scolaires des élèves en mettant en œuvre plus largement qu’aujourd’hui les leviers et pratiques les plus efficaces pour la réussite des élèves de l’éducation prioritaire.

Être plus équitable et plus lisible

(…)Les résultats de PISA, on en a beaucoup parlé, confirment en effet cette forte inégalité dans notre pays entre les enfants de milieux populaires et les autres.

C’est pourquoi la loi nous enjoint de réduire les écarts de réussite entre les élèves de l’éducation prioritaire et les autres à moins de dix pour cent.

L’OCDE nous dit que nous ne faisons pas assez pour l’éducation prioritaire. La cour des comptes analysant la dépense d’éducation nous dit clairement que nous ne dépensons pas assez pour l’élève des quartiers difficiles quand nous dépensons beaucoup pour d’autres.’

Nous nous permettons d’insister sur ce dernier argument.

Faire de 9 écoles REP des « REP moins », c’est ne pas tenir compte de ces constats généraux et tourner le dos à la philosophie globale de l’éducation prioritaire.

Les 50 postes de remplaçants ne seront pas de trop l’an prochain. Nous verrons s’ils sont suffisants sachant que ces moyens permettent, à la fois de remplacer les collègues malades mais aussi d’assurer le remplacement dans le cadre de la formation continue.

Globalement, les effectifs des écoles du département restent très chargés.

Le SNUipp FSU n’est pas d’accord avec les « bassins de vie » mis en place à Toulouse et qui ne sont qu’une façon de répondre à la pénurie d’écoles sur la ville. La manière dont les élèves et leur famille sont utilisés comme variable d’ajustement est par ailleurs opaque . La hauteur des flux de régulation n’est pas fixée sur de nombreuses écoles et il est impossible de savoir où implanter des postes qui seront nécessaire. Cela met à mal l’école publique et ses personnels et ne favorise pas la stabilité des équipes. Ce n’est pas une situation acceptable. Rappelons que Toulouse représente pourtant à elle seule 200 écoles soit le quart des écoles du département. Cette politique des écoles dite de respiration aboutit à au moins 30 écoles à un élève de l’ouverture. La moitié des 250 élèves en attente d’une inscription a été régulée dans une autre école que l’école de secteur. Nous savons que les perspectives démographiques restent à la hausse dans le département. Nous constatons donc une dégradation du service public, du point de vue de la proximité et des conditions d’apprentissages.

Enfin le SNUipp FSU 31 au côté des salariés en lutte depuis plus de deux mois, rappelle son engagement pour le retrait de la loi travail. Si ce projet vise d’abord à modifier le code du travail, les agents de la Fonction Publique sont concernés bien sûr par solidarité mais aussi parce que les régressions pourraient être transposées dans le secteur public en matière de dialogue social, de rapport national/local, de temps de travail etc.

La loi de juillet 2010 sur le « dialogue social » dans la Fonction publique prévoit que les accords « locaux » visent à transposer les accords validés au niveau national et ne peuvent qu’en améliorer les dispositions. C’est cela que peut remettre en cause la transposition de la loi travail au secteur public.

Le SNUipp FSU appelle les collègues à être en grève les 2 et 14 juin. Il appelle également à mettre tout en œuvre pour assurer le succès de la votation citoyenne appelée par l’intersyndicale nationale. Il diffusera tous les lieux de votation et organisera la collecte de ces votes.

Merci de votre attention.


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