Déclaration du SNUipp FSU 31 au CTsD et du CDEN du 2 septembre 2016

vendredi 2 septembre 2016
par  snu31
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Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Mesdames et Messieurs les membres du CDEN,

Le risque d’attentat terroriste s’installe. Analyser son origine, ses causes endogènes et exogènes n’est pas une perte de temps et encore moins une façon de justifier ces actes quoiqu’en dise monsieur Valls. C’est au contraire une impérieuse nécessité. Les réponses de la société ne peuvent se placer sur le seul terrain sécuritaire.

Bien évidemment l’école est impactée par la marche du monde et l’état social. Pour le SNUipp FSU 31, il ne s’agit donc pas d’être dans une forme de déni. Pour autant, les enseignant-e-s ne peuvent régler tous les problèmes. Tout se passe comme si l’école était le couteau suisse de la République et devait traiter ce que le politique ne résout pas : la question du chômage par la formation, la question de la citoyenneté et de la laïcité par l’EMC, la sécurité face au risque terroriste par l’élaboration de PPMS spécifiques.

Le SNUipp FSU considère que ce travail doit d’abord s’effectuer au niveau des adultes présents dans les écoles. C’est d’abord de la formation, du temps pour s’approprier collectivement les documents envoyés par le ministère et surtout leur mise en œuvre locale. Par exemple, tous les collègues, directeurs/trices compris, ne sont pas dans leur école depuis des années. Partager la connaissance de l’école et son environnement prend du temps.

Il est frappant de constater que l’on nous propose de parler avec les élèves « d’exercices pour apprendre à se cacher » plutôt que d’exercice intrusion/attentat. Au-delà du fait que cacher 150 ou 300 élèves dans une école relève de la gageure, la réponse au pourquoi qui ne manquera pas d’apparaître dans nos classes n’est pas traitée. On fait comme si les enseignants n’étaient pas eux-mêmes comme adultes et citoyens, en difficulté sur ces questions.

On demande des contrôles visuels des sacs ou de l’identité mais seuls des officiers de police judiciaire sont habilités à le faire… On sent bien que ces mesures ne risquent pas d’avoir d’effet concret sur la réalité de la menace terroriste. Par contre, l’effet de caisse de résonnance des médias est immédiat ; on peut en trouver trace par exemple sur le site du Monde qui titre « l’école en première ligne face à la menace terroriste ». Tout cela légitime l’idée que la menace serait permanente sur l’ensemble du territoire, de façon indéterminée, qu’elle se cacherait derrière n’importe quel visage. Il y a un risque de développement d’un climat anxiogène propice aux dérives racistes là où la raison et l’objectivation devraient être centrales.

Nous en venons à la carte scolaire. Il est incompréhensible que dans ce contexte vous refusiez toujours de compléter les postes de psychologues scolaires sur le département. Pour cette 3e phase d’ajustement de la carte scolaire, nous avons la vérité des prix. La dotation de la Haute Garonne ne couvre pas les besoins du département. Cette rentrée voit arriver plus de 2000 élèves dans les écoles de la Haute Garonne. Dans ces conditions les effectifs du département restent très chargés et de nombreuses écoles avec des capacités d’accueil très réduites ou nulles d’élèves supplémentaires.

Dès cette rentrée, des brigades départementales sont positionnées à l’année sur des postes. Ce sont des moyens qui manqueront pour assurer les remplacements et on sait que c’est une question sensible en Haute Garonne. Et que sera la formation continue ? Il y a de quoi être inquiet. On sait également que le rectorat recrute une fois de plus des contractuels dans le premier degré. Nous sommes peut être déjà en situation de sous nombre sur le département.

Le SNUipp FSU conteste le positionnement de madame le recteur qui, jusqu’à présent refuse d’élargir le recours à la liste complémentaire du concours. Nous demandons qu’en ce début d’année, toutes les voies permettant de recruter des collègues soient utilisées : recours à la Liste Complémentaire ou INEAT.

Les équipes vont une nouvelle fois se trouver en difficulté sur l’inclusion. Non seulement la présence d’ULIS n’est pas prise en compte dans la carte scolaire, comme le ministère le demandait, mais déjà des ULIS du département dépassent les effectifs réglementaires en école ou en collège. Cerise sur le gâteau, de nombreuses AESH et AVS n’ont pas eu leur emploi du temps et de nombreux élèves devront s’en passer en cette rentrée.

9 écoles et leurs élèves de REP ne bénéficieront toujours pas des mêmes seuils de l’éducation prioritaire.

Enfin un mot sur le « règlement 2016-2017 des garderies et CLAE » de la ville de Toulouse Un passage du sous chapitre "Responsabilité" de la partie IV intitulé "Horaires et responsabilité" (page 3) pose problème. Il y est écrit : "Les enfants non inscrits au CLAE sont sous la responsabilité de l’enseignant durant le premier quart d’heure, après la fin du temps scolaire." Cette formulation modifie les obligations de services des enseignants. Ce n’est pas possible.

Le SNUipp FSU demande à la mairie la réécriture de cette note. Nous vous demandons de préciser à la mairie qu’elle ne peut pas décider cela pour les personnels relevant du ministère de l’éducation nationale.

4 ans après la proclamation de la priorité donnée à l’école primaire, la situation en cette rentrée en Haute Garonne reste marquée par de nombreuses tensions à l’image de la situation nationale puisque le nombre moyens d’élèves par classe a légèrement augmenté ! Du point de vue des moyens donnés à l’école, c’est une politique qui manque d’ambition, qui n’a fait qu’accompagner la hausse démographique sans transformer l’école.


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