Déclaration et mesures à l’issue du CDEN du 1er juin

jeudi 1er juin 2017
par  snu31
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Déclaration du SNUipp-FSU 31 au CDEN du 1er juin 2017

Monsieur l’IA DASEN, Mesdames, Messieurs les membres du CDEN,

Mardi 30 mai, les enseignants du département étaient appelé•es à se mobiliser pour revendiquer des moyens supplémentaires pour l’école de la Haute Garonne. Dans le premier degré, le SNUipp FSU et la CGT Educ’action appelaient à la grève. Cet appel ne surprendra pas celles et ceux qui suivent nos prises de position. Nous l’avons souvent dit ici, les dotations dont a bénéficié le département ont permis d’accompagner la poussée démographique sans changer sensiblement la réalité dans les écoles. Nous avons donc, encore et toujours un P/E et un E/C en retard par rapport à la moyenne nationale, qui elle-même, se situe parmi les plus mauvaises des pays de l’OCDE comparables.

La nomination de Monsieur Jean Michel Blanquer fait resurgir les spectres des pires ministres de l’éducation qu’ait connu le service public d’éducation De Robien ou Châtel. Pour le premier, c’est « l’évaluationite » dont Monsieur Blanquer était la cheville ouvrière. C’est lui qui avait mis en place les évaluations très controversées en CE1 et CM2. Le second ministère, celui de Monsieur Châtel correspond aux heures les plus sombres pour l’école publique quand 80 000 postes étaient supprimés dont les postes de RASED dans de nombreux départements comme le nôtre.

La mesure emblématique du nouveau gouvernement porte sur les CP et CE1 à 12 en REP et REP +. La première remarque est que le périmètre REP et REP + est défini par un classement au sein d’une enveloppe, pas par des critères qui se déclencheraient automatiquement dès que, par exemple, le seuil de 60 % de CSP défavorisées serait atteint. Par conséquent, la difficulté scolaire est loin de se limiter aux REP. On la trouve ailleurs.

Pour répondre à une promesse de campagne, vous décidez de fermer 22,5 postes de maîtres supplémentaires en REP+ et de récupérer 6,5 postes sur la dotation départementale au profit d’une mesure d’affichage politique que personne n’a demandée, ni les chercheurs, ni la profession, ni les organisations syndicales.

Vous auriez pu avec ces postes tenir compte de la présence d’ULIS dans les écoles comme le demande une circulaire ministérielle et ouvrir des classes à l’école E. Rostand de Nailloux, à Henri Chanfreau de Carbonne, à l’école de Lanta, à l’école des 3 chênes de La Salvetat Saint Gilles ou encore à celle de Montberon. En faisant cela, vous auriez pu créer les conditions d’une meilleure inclusion. Le SNUipp FSU demande ces ouvertures.

Vous auriez pu choisir d’augmenter les moyens de remplacement ou de formation continue ou encore d’ouvrir des classes dans les 9 écoles REP moins du département.

Vous auriez aussi pu ouvrir trois postes supplémentaires de PDMQDC pour accompagner la réussite du projet de mixité scolaire comme le SNUipp-FSU 31 le demande.

Aujourd’hui, en plus de la fermeture de tous les PDMQDC de la REP+, une partie de la dotation est utilisée. Demain, avec le passage annoncé des CP et CE1 à 12 en REP+ et en REP, combien de postes vous faudra-t-il encore fermer, combien de classes ne pourront être ouvertes pour atteindre l’objectif ministériel ? Au final, ce sont toutes les écoles du département qui seront touchées y compris en dehors de l’éducation prioritaire. La montée en charge de ces choix dégradera à terme les conditions d’enseignement et d’apprentissage dans les écoles ordinaires.

Pour la rentrée 2017, d’après les documents de préparation transmis, il manque dans vos prévisions, 5 ouvertures de classe dans les écoles de REP+ pour dédoubler les CP.

Une autre question se pose : comment les classes de CP et de CE1 et leurs enseignants seront-elles incluses dans le calcul des moyennes et donc des seuils ? Pour l’instant pas de réponse et le risque est de voir les effectifs s’envoler dès le CE2.

Avec les PDMQDC, l’école a un dispositif qui fait l’unanimité de tous-tes. De nombreux chercheurs ont pu le constater et la forte mobilisation d’hier des écoles qui en bénéficient en témoigne. Ces collègues supplémentaires dans les écoles de l’éducation prioritaire existent depuis des décennies en Haute Garonne. Ce dispositif, avec les seuils différenciés et les décharges exceptionnelles, participe à la lutte contre les inégalités scolaires. Il est entré dans la loi de refondation en 2013. A peine créé, non évalué il est déjà supprimé.

La transmission des savoirs et la disponibilité des enseignants ne sont pas les seuls facteurs à prendre en compte comme le pensent parfois les non professionnels. Enseigner, apprendre sont des actes complexes. Ils reposent sur des situations d’apprentissage, sur les confrontations au réel, à l’altérité, à la diversité des opinions, sur des conflits socio-cognitifs et sur la capacité à rendre les élèves acteurs. Il y a tout ce qui se joue dans la dynamique de classe, dans l’interaction entre les pairs, leur coopération. Il n’est pas certain qu’une classe de 12 soit porteuse et motivante de ce point de vue. L’expérimentation similaire des CP à 10 de Luc Ferry avait d’ailleurs été abandonnée.

Le PDMQDC permet, lui, de renforcer le collectif de travail, les échanges entre pairs, les regards croisés sur les élèves. Il a pour lui la plasticité, la capacité d’adaptation. Il peut favoriser le travail en groupes réduits à certains moments, dosés, choisis. A d’autres, ce sera la co-intervention dans la classe permettant d’optimiser la différenciation pédagogique.

Quant à la question du bâti, elle est très sensible sur Toulouse. Combien de structures modulaires vont être nécessaires non seulement cette année mais aussi à terme si les CP et CE1 de REP + sont concernés l’an prochain ? Va-t-on supprimer des BCD, des salles informatiques ou RASED, des bureaux de psychologues scolaires ? Va-t-on séparer les classes avec des cloisons pour les transformer en version autobus entre le bureau et l’armoire à matériel ?

Ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas d’une simple opération technique de redéploiement mais bien d’une captation et d’un dévoiement du dispositif.

Pour le SNUipp-FSU, le Plus De Maîtres Que De Classes est un des leviers de l’indispensable transformation de l’école, pour travailler à la réussite des élèves mais aussi pour changer les pratiques et développer le travail d’équipe. Aujourd’hui, après l’avoir encensé lors de ce que vous appeliez une « visite de terrain » médiatisée sur l’école G.Hyon il y a à peine un an, vous faites le choix de supprimer ce dispositif de manière précipitée et à marche forcée au mépris des enseignants qui occupent ces postes et des équipes investies sur le « vrai terrain », pas celui qui sert de com’. C’est maltraitant et irrespectueux pour les élèves, les enseignants et l’Ecole ! Et c’est votre entière responsabilité ! Il y a d’autres façons d’agir.

Le DASEN de la Gironde a fait le choix de ne pas mettre en œuvre brutalement la mesure. Elle ne sera appliquée que sur quelques écoles de REP+ et sans supprimer le dispositif PDMQDC, mais en en réorientant les missions. Le tout, Monsieur le DASEN, dans la concertation avec les équipes. Dans d’autres départements, les IA diffèrent la mesure et s’en tenant à la circulaire de rentrée 2017 affirmant l’importance du dispositif PDMQDC "dans la prévention et la lutte contre la difficulté scolaire."

Mais dans la Hte-Garonne, vous vous êtes vite mis en marche... Les équipes, sur le terrain, sont très en colère de votre décision et de votre manque de considération pour le travail effectué depuis des décennies. Le SNUipp-FSU 31 appellera, soutiendra, accompagnera les mobilisations.

Le SNUipp-FSU a adressé hier un courrier au président de la République et au ministre lui demandant de ne pas remettre en cause le dispositif « Plus de maîtres que de classes ». Il lance aussi un appel pour l’éducation prioritaire déjà soutenu par 62 chercheurs et personnalités du monde de l’éducation.

Pourtant, d’autres choix sont possibles, respectueux de l’engagement des équipes et du travail mené avec les élèves. Pourquoi ne pas abonder le dispositif PDMQDC en recentrant les missions de ces personnels sur le CP ? En le maintenant et en ouvrant des postes supplémentaires de PDMQDC dans les écoles pour permettre le passage à 12 CP, les moyens engagés seraient les mêmes que dans votre projet.Cela ne coûterait pas davantage de postes au département. Nous vous demandons donc de surseoir à toutes les mesures prévues concernant le dédoublement des classes de CP et d’étudier notre proposition.

Cette instrumentalisation politique de l’école introduit en permanence du dysfonctionnement dans nos écoles. Les enseignant-e-s en ont assez. Pour le SNUipp FSU, une chose est sûre : nous ne sommes pas en marche vers l’école que nous voulons et il faudra compter sur les enseignant-e-s pour défendre l’école publique. Nous nous battrons pour défendre l’école publique et offrir une culture commune élevée à tous les élèves, en tout premier lieu à ceux des milieux populaires. Nous pensons que l’appel aux neurosciences, le discours anti pédagogisme, l’autonomie des établissements et la diminution du pouvoir d’agir des enseignants, par la multiplication des prescriptions pédagogiques et des outils numériques d’imposition des bonnes pratiques sont autant de remises en cause de l’idée d’une école pour faire réussir les élèves et construire une société plus juste.

La politique de bassin de la mairie de Toulouse

Quand il n’y a plus de places dans l’école de proximité de l’élève nouvellement inscrit, la mairie affecte sur une école du bassin en fonction du nombre de places disponibles et des adresses des familles. Cette politique a pour conséquence le remplissage des écoles et contribue à élever le nombre d’élèves par classe. Le SNUipp-FSU 31 dénonce ce fonctionnement. Pour réguler les demandes d’inscriptions, la Mairie de Toulouse, hormis pour des raisons du bâtit ( places cantine, dortoir, salles de classe...) n’a pas à tenir compte des seuils départementaux de l’Education nationale. Si la situation de l’école le permet, tous les élèves doivent être inscrits dans leur école de secteur et c’est alors au DASEN d’implanter les postes de PE en ouvrant les postes nécessaires. Nous défendons un service public de proximité pour toutes et tous et dénonçons les logiques comptables.

La réorganisation du service des ATSEM de la ville de Toulouse va dégrader les conditions d’apprentissage de nos élèves. La présence en classe sera moins importante et ne couvrira plus la totalité du temps classe. Les enseignants devront renoncer à de nombreuses modalités pédagogiques (travail de groupe, manipulation, langue orale, installation et surveillance d’activités etc.). La rotation des ATSEM dans les classes (imposée par défaut par la Mairie) va empêcher les élèves de construire pleinement un sentiment de sécurité affective nécessaire à leur bonne adaptation à l’univers scolaire. Les réunions hebdomadaires de préparation des activités péri-scolaires se feront sur le temps scolaire, obligeant certains enseignants à ne plus faire classe pour assurer la surveillance de la sieste. Enfin, les horaires peuvent poser des problèmes de sécurité dans les écoles, notamment concernant l’accès aux classes en début et fin de journée. Pour le SNUipp-FSU 31, ce n’est pas acceptable !

Puisque nous en sommes à la question des grosses mairies, nous voterons contre les propositions d’horaires scolaire de la mairie de Colomiers qui fait passer le scolaire après les questions de logistique municipale.


Documents joints

mesures CDEN juin 2017
mesures CDEN juin 2017

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