CAPD 27 juin : Déclaration liminaire

De la marche à la course et au pas de charge (mentale)
mardi 27 juin 2017
par  snu31
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Ça y est, les élections sont terminées et les funestes promesses se dessinent et se précisent. Elles seront fin prêtes pour l’été, loin des plages et des pavés, elles seront prescrites par ordonnances.

Elles arrivent, ces promesses funestes, celles faites aux travailleurs dont les droits sont promis à la moulinette des patrons et actionnaires qui n’en n’ont jamais assez. Promesses funestes, au détriment des gens, des vrais gens, de la vraie vie des gens, des hommes qui souffrent, des femmes aussi beaucoup et surtout... Nous y reviendrons.

Ça y est, les élections sont terminées. Et sans en attendre les résultats, sans même que le ministre ne soit nommé, ici, à Toulouse, les premiers de classe se sont élancés dans leur récitation appliquée. Et si ce n’est certes pas du Prévert, c’est tout de même tout un art que d’abandonner en quelques instants les convictions de la veille pour en brandir de nouvelles, il est vrai plus en adéquation avec la contemporanéité du pouvoir.

Et voilà que les PDMQDC, encensés il y a quelques mois, portés à des hauteurs vertigineuses par le président de cette instance, se retrouvent balayés, rabaissés au rang de carburant d’une nouvelle mesure dont personne ne sait d’où elle vient, ni où elle ira... CP à 12 ou même à 15 et plus pour 100% de réussite, ou comment rajouter et amplifier la pression sur la classe du CP comme si rien ne se jouait, ni avant, ni après...

Et allons-y qu’on nous entonne le refrain de la grande confiance accordée aux équipes, à leur dynamisme, leur inventivité... C’est beau, non ? Il ne manque que le violon... Arrêtons les violons : tout est bouclé, tout est imposé, rien n’est concerté ! Que reste-t-il de la souveraineté du conseil des maîtres qui n’est plus souverain de rien, tant les contraintes dans la répartition des classes en limitent les choix, et qu’il faudra, de toute manière, soumettre à l’accord de l’IEN. Fi de la concertation, vive les ordonnances à tout va !

Ça y est, les élections sont terminées, nous allons pouvoir causer CAPD. (C’est presque du Prévert, non ?)

Au programme, une deuxième phase en accéléré.

Il est vrai que même en passant de la marche à la course, il faut le temps de les mettre en place, les récitations à marche forcée. Très vite, tellement vite que les commissions « profiler » ont disparus. Pas les postes à profil. Y compris pour les PDMQDC, les « Pluss de Maîtres » ou les Plus de maîtres ? Un acharnement idéologique qui tourne au ridicule et au cynisme : trouver le bon profil pour des postes qu’on prévoit de détruire !

On maltraite équipes et collègues engagés dans ce dispositif. Ce n’est pas grave, on est en marche !...

Avec tout cela, nous allons nous retrouver avec une troisième phase post sortie, et des collègues et des écoles bien embêtés. C’est aussi cela la vraie vie des gens. Mais est-ce pris en compte ?

Suite du programme, la Hors-Classe.

Dernière version avant la formule PPCR. Les flux augmentent, et c’est tant mieux, mais ce n’est toujours pas suffisant. La preuve ? On se retrouve avec l’aberration suivante : un accès précoce dès le 9° échelon ( l’ivresse du bon vingt quand la note maxi de la grille départementale est plafonnée à 18…), mais aussi des collègues partant à la retraite, certes désormais hors (la) classe, mais toujours PE ! 

Et pour finir, les temps complets forcés ! On se croirait déjà dans la loi travail XXL.

Comment dire. Nous avons déjà tellement dit. Nous avons entendu et écouté nos collègues. Leur incompréhension, leur désappointement, leur souffrance, leur colère...

On ne sait par où commencer.

Il y a bien sûr l’absence totale de transparence et de visibilité. « Demandez toujours, on inventera nos règles de tri en cours de partie... »

Il y a le critère social : « Plus on est pauvre, moins on a accès... ». Ça, ce n’est pas nouveau.

Il y a les interminables délais, histoire de bien laisser mijoter l’anxiété… tout en rendant obsolètes les projets qui nécessitent une organisation anticipée. Et enfin les incroyables décisions :

  • Comment peut-on refuser un temps partiel aux collègues qui demandent du temps pour s’occuper d’un enfant, d’un parent ou d’un conjoint malade ou handicapé ?!
  • Comment peut-on refuser un temps partiel à ces collègues, épuisé-es, qui demandent des respirations pour concilier leur vie professionnelle et personnelle ?!
  • Comment peut-on refuser un temps partiel, à ces collègues investi-es dans une action, une association et balayer ainsi un projet sans se soucier des effets collatéraux ?!

De tout cela, on se moque. Mépris et maltraitance.

Au début de notre lecture, nous promettions de revenir sur la souffrance des femmes en particulier. Et bien nous y sommes. En plein cœur du problème. Vous savez certainement, que dans nos sociétés, les femmes sont les plus touchées par la pauvreté, la discrimination, la violence, etc... Vous savez que dans nos sociétés, les femmes assument bien plus de charges que les hommes, combinant celles relevant du professionnel avec celles du champ domestique.

Vous ne le savez peut-être pas, mais en plus de tout cela, les femmes sont sous la pression continue de ce que l’on appelle la charge mentale : penser à tout, tout le temps, pour assurer le bon fonctionnement du foyer. Ce syndrome des femmes épuisées se généralise, et cela, même dans les couples où les hommes prennent leur part des tâches domestiques.... Comme vous tous ici certainement, messieurs, je n’en doute pas. Cette charge mentale, qui se rajoute à tout le reste, elles auraient bien besoin de s’en délester un peu de temps en temps, partiellement bien sûr... et à leur frais, rappelons-le.

Et bien, attaquer comme vous le faites les droits du personnel d’une profession féminisée à près de 85%, Monsieur le DASEN, c’est tout, sauf un hasard. C’est dans la continuité de ce que nos sociétés font subir au sexe soi-disant faible ! Toute argumentation comptable ne pèse rien, face à cette réalité !

Dans le réexamen des situations, sans pour autant écarter les demandes masculines, nous vous demandons d’intégrer cette dimension dans vos prises de décision.

De plus, nous vous demandons de mettre de côté votre calculette pour prendre le temps de l’humanité. Une autre Gestion des Ressources HUMAINES... Prendre le temps de recevoir individuellement chaque collègue, de les entendre, de les écouter vous expliquer leur vie avant d’en décider.

De même, chaque personnel avec dossier médical doit absolument être pris en compte, et reçu par un médecin du Rectorat. Vous ne pouvez nier que la santé de ces personnels sera impactée par vos choix. Plus vulnérables, ces collègues risquent une dégradation de leur santé, par votre refus d’un temps leur permettant de se soigner, de se reposer. Oui, le métier est fatiguant, et plus encore lorsque se rajoute la fatigue que génère une pathologie. La bienveillance et la bientraitance sont aussi indispensables aux personnels qu’aux élèves.

Pour notre part, quel que soit le ministre de l’EN, nous poursuivrons avec conviction nos combats, pour la défense des personnels, la défense et la transformation de l’École, dont le PDMQDC est un levier, pour la transformation d’une société, que nous voulons plus juste pour tous les hommes, et toutes les femmes bien sûr.

Ainsi, nous étions en grève le 30 mai pour demander des moyens pour l’École dans notre département. Car le cœur de la question est bien un recrutement bien plus massif, pour donner au service public les moyens de se démocratiser, en faisant mieux réussir les élèves, tout en respectant ses personnels.

Le 20 juin, nous étions à nouveau en grève pour la défense, la pérennisation et la généralisation du PDMQDC, et nous le serons à nouveau le 29 juin contre la fermeture des PDMQDC, et pour les autres rendez-vous à venir, n’en doutons pas...

Sur le terrain interprofessionnel, la FSU était dans l’action le 22 juin pour la première mobilisation interprofessionnelle...

C’est dans ce contexte que notre ministre nous demande de faire la rentrée en chantant ! On en reste sans voix.


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