Déclaration FSU 31 au CHSCTsD 31 du 6 juillet

jeudi 6 juillet 2017
par  snu31
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Mesdames et messieurs les membres du CSHCT-sD31,

Monsieur de Directeur Académique,

En cette fin d’année scolaire, nous tenons à rappeler combien l’ensemble des personnels de l’EN est malmené depuis des années.

Les réformes s’enchaînent sans étude d’impact, et sans prise en compte a priori de la nécessité d’améliorer les conditions de travail.

  • Les personnels d’encadrement sont au bord de l’épuisement professionnel,
  • Les personnels administratifs doivent assumer l’augmentation continue des tâches et des procédures, alors que les créations d’emplois faisant suite aux suppressions des années 2004-2012, restent insuffisantes,
  • Les personnels des services sociaux et de santé sont confrontés à des sous effectifs préoccupants. Le SSE31 voit pour la deuxième fois en deux ans son organisation profondément bouleversée.

A trois mois de la rentrée scolaire, le nouveau ministre de l’Éducation nationale a décidé de faire table rase de la rentrée préparée par les personnels, en remettant en question des fonctionnements et des dispositifs, ce qui va avoir des conséquences immédiates pour les élèves, comme pour les enseignants. La FSU s’interroge sur l’urgence à mettre en œuvre des mesures qui n’ont pas été prévues au budget, sans évaluation de ce qui était en cours et sans concertation avec les personnels.

Dans le 1er degré, le ministère entend concentrer ses efforts sur la création de CP à douze élèves en REP+ mais à moyens constants. Cette décision va impacter les conditions de travail des autres classes. Pour habiller les CP à 12, l’employeur déshabille d’autres classes, et dégrade les conditions de travail des personnels et des élèves. Dans le 31 c’est tout le dispositif Plus de maîtres que de classe qui disparait en REP+ dès la rentrée, et désorganise ces écoles. Certains des personnels affectés sur ces postes maîtres +, à profil, au 1er mouvement, se voient frappés de mesure de carte scolaire quelques semaines plus tard, et doivent se "recycler" sur les postes restants.

Dans le second degré, le bilan de la réforme du collège démontre à quel point cette première année de mise en place a dégradé les conditions de travail des enseignants. En cette fin d’année, les professeurs exerçant en collège sont épuisés.

Présenté comme un assouplissement, l’arrêté de juin 2017 sur les EPI et l’AP renforce le renvoi au local de nombres de décisions et en accentue l’ « autonomie des établissements », délétère pour les conditions de travail des personnels. S’il allège la charge de travail des enseignant.e.s, il renforce encore un peu le sentiment que c’est l’absurdité qui gouverne leur travail. La mise en place du LSU augmente encore la charge de travail de personnels (enseignants, chefs d’établissement…) déjà surchargés.

La FSU souhaite également vous alerter sur les conditions de travail des enseignants stagiaires. Pour la troisième année consécutive, dans le premier comme dans le second degré, les remontées du terrain font état de difficultés qui ne peuvent plus s’expliquer par une mise en place à tâtons de la réforme. Les enseignants stagiaires se disent stressés, débordés, insuffisamment préparés à la responsabilité de la classe. Avec près de 49 heures de travail hebdomadaire en moyenne, la charge de travail est bien trop importante, particulièrement du fait du poids du mi-temps en responsabilité. Le ressenti des jeunes collègues se détériore durablement et les risques psychosociaux se multiplient. Un courrier, signé par 90 stagiaire du 1er degré a récemment été adressé à Mme La Rectrice. Il décrit des conditions de travail particulièrement inquiétantes. La FSU demande que cette question soit prise en compte par le Rectorat.

Globalement, le risque psychosocial est particulièrement élevé dans l’Education Nationale, comme le montre le rapport présenté le 27 juin en CHSCTM, avec l’augmentation des agressions et certains événements dramatiques au niveau national. Les enquêtes RPS réalisées par le ministère devraient pouvoir être analysées et complétées par les remontées des CHSCT A et D, pour mettre en œuvre une politique de prévention primaire ambitieuse engageant tous les acteurs jusqu’au plus haut niveau.

La multiplication des actes suicidaires ou à tendance suicidaire est un élément qui doit alerter sur la pénibilité du métier et la dégradation des conditions de travail.

Les autres risques pour la santé et la sécurité persistent. De nombreux établissements conservent, dans des conditions inappropriées, des produits chimiques dangereux. Nous alertons la DSDEN sur ces situations et demandons que des mesures soient prises pour recenser et éliminer ces produits encore stockés dans les EPLE.

Par ailleurs, le récent épisode de forte chaleur amène à s’interroger sur la gestion des risques et la prévention des événements de nature exceptionnelle par l’administration. Il aura au moins eu le mérite de porter à la connaissance du grand public la réalité de la vie scolaire dans les écoles et établissements à cette période de l’année… Il conviendrait que cet épisode ne soit pas « classé sans suites » et qu’une réflexion soit menée nationalement et localement sur la conception des établissements et les mesures d’équipement minimum pour que les températures dans les salles de classe n’excèdent pas le raisonnable. Nous en reparlerons au cours de ce CHSCT.

Sur un autre plan, nous ne pouvons qu’exprimer notre inquiétude après les annonces gouvernementales concernant le devenir des CSHCT dans les entreprises privées. Cette instance, dédiée à la santé et aux conditions de travail des salariés, n’a plus à faire la preuve de son utilité. Nous nous battrons pour lui conserver toutes son indépendance et ses attributions.

Enfin, En ce qui concerne le fonctionnement du CSHCT-sD31, vos services nous ont récemment fait parvenir des documents que nous demandons depuis longtemps, et nous nous en félicitons : bilan des accidents de service, réponses écrites aux avis du CHSCT, éléments de bilan social vont nous permettre de mieux assurer notre tâche de prévention.

La FSU y voit l’augure que la DSDEN aura désormais à cœur de nous fournir ces éléments de façon automatique et régulière.

Il reste cependant du chemin à parcourir ensemble vers une culture de la prévention : nous avons appris « par la bande » le décès sur leur lieu de travail de trois personnels œuvrant dans l’Education Nationale, sans que la DSDEN n’en ait informé le CHSCT. Cet état de fait n’est pas acceptable. La FSU demande à ce que le CHSCT soit informé systématiquement et rapidement des accidents de service entrainant un décès, une incapacité permanente ou un arrêt maladie égal ou supérieur à 15 jours.

Je vous remercie.


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