Déclaration liminaire du SNUipp FSU 31 au CT et CDEN des 5 et 6 septembre

mardi 5 septembre 2017
par  snu31
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Monsieur le Directeur Académique,

Mesdames messieurs les membres du CDEN,

Loi Travail XXL

La rentrée remet sur le devant de la scène les préoccupations d’emploi, de conditions de travail, de pouvoir d’achat, de santé, de logement, de retraite… Les annonces et décisions prises par le gouvernement durant l’été sont guidées par l’austérité et une politique libérale au service des plus riches qui mettent à mal les solidarités, s’attaquent brutalement aux droits sociaux : loi travail version XXL sans réel dialogue social et sans réel débat démocratique à laquelle il faut ajouter une nouvelle réduction des dépenses publiques, suppressions de contrats aidés, baisse des APL, multiplication inacceptable de mesures concernant les agents publics, . Cette réforme génère sous couvert de flexibilité et d’adaptabilité du marché du travail une remise en cause des droits sociaux des salariés. La FSU s’associe à l’indignation des salariés du secteur privé en lutte pour obtenir un code du travail protecteur et des créations d’emplois de qualité.

Nous alertons les agents de l’État sur le fait que la précarisation du salariat dans le privé fragilisera le statut de la Fonction publique. D’ailleurs, le ministre évoque par voie de presse le recrutement des enseignants par les chefs d’établissements. On peut y voir une forme d’inversion des normes...

La FSU 31 et le SNUipp FSU 31 appellent, en cohérence avec la mobilisation de l’an dernier, tous les collègues à se mettre en grève le 12 septembre prochain.

Une politique fiscale au service des riches

Une mesure illustre parfaitement les choix sociaux et politiques du gouvernement. La réforme de l’ISF revient à redistribuer 2,5 milliards d’euros aux plus riches. Plus de la moitié des mesures fiscales de l’été va profiter aux deux déciles des contribuables les plus aisés comme le montre l’OFCE (l’Observatoire Français de la Conjoncture Économique). L’impôt va donc perdre de sa capacité redistributive en particulier via les services publics que le gouvernement en bon docteur Diafoirus veut saigner de 120 000 emplois dont 70 000 dans la fonction publique territoriale !

Renonçant aux recettes pour que les riches soient plus riches, le gouvernement va au nom d’un endettement qu’il entretient, regeler le points d’indices des fonctionnaires et décaler aux mesures PPCR de janvier 2018 tout en rétablissant le jour de carence alors que les 2/3 des salariées du privé n’y sont pas soumis. Enfin la compensation de la hausse de la CSG de 1,7 point n’est pas prévue à ce jour par le ministre de la Fonction Publique.

Parmi les autres annonces du gouvernement il y a l’intention de madame Péricaud ministre du travail de supprimer les emplois aidés à l’horizon 2018 là encore au nom du coût du dispositif et de sa non efficacité. Or un CAE CUI coûte 9500 euros à l’État alors qu’un emploi lié au CICE sur les années 2013-2014 a coûté entre 286 et 570 000 euros. Mais là pas de référence au coût ou à l’efficacité et reconduction du CICE par le gouvernement. Cherchez l’erreur.

Emploi aidés : un véritable plan social

Dans l’éducation nationale, une baisse de 23 000 emplois aidés est prévue au second semestre soit quasiment un tiers d’emplois en moins. Cela va sonner le glas de l’aide administrative à la direction d’école, mettre en difficulté l’accompagnement de la scolarisation des élèves en situation de handicap, un accompagnement déjà très tendu en termes de moyens avant l’été et aussi dans certaines communes, fragilisées par les baisses des dotations, cela va toucher le périscolaire au sens très large (la cantine, l’entretien des locaux, les activités périscolaires, les garderies matinales…). Même si ces emplois sont précaires et mal payés, s’ils sont un traitement social du chômage, s’ils ne constituent pas le tremplin attendu d’insertion professionnelle avec la mise en place d’une formation ad hoc, notamment dans l’éducation nationale, ils permettent à près de 460 000 personnes de retrouver un emploi. Cette décision du gouvernement va donc entraîner un vaste plan social.

En dépit d’une priorité donnée à l’Éducation nationale, le volume de contrats aidés est fixé à 50 000 pour la rentrée scolaire 2017, soit 23 157 contrats en moins par rapport à la fin de l’année dernière. Il faut sans doute en déduire les 11 200 transformés en AESH.

C’est donc moins de moyens pour l’école inclusive et la promesse de difficultés accrues dans les écoles touchant tous les élèves. La priorité proclamée par Emmanuel Macron en la matière semble mal engagée.

Education

PDMQDC

Le SNUipp FSU maintient sa défense des PDMQDC. Ce dispositif permet aux équipes d’adapter les réponses pédagogiques, de briser l’isolement des enseignant-e-s de dynamiser le travail d’équipe, de mieux affronter la complexité du métier. Nous le défendrons et continuerons à nous opposer à sa disparition annoncée. 22,5 postes de PDMQDCont été fermés pendant cette carte scolaire dans ce département. C’est inacceptable !

CP à 12

Sur les REP+ de Haute Garonne, la mise en place des CP à 12 appelle quelques commentaires. Le premier est que, à l’entrée de ce CT un gros tiers des CP en question ont un effectif supérieur à 12, allant jusqu’à 16. Le deuxième est que cette première phase atteint et franchit déjà les limites d’accueil dans de bonnes conditions des CP à 12. L’EEPU Billières accueille deux classes dans un espaces de 24 mètres carrés chacune. Ailleurs, c’est la BCD qui est fermée.

Conséquences sur l’ensemble du département

Enfin, vous prenez monsieur le Directeur académique 6,5 postes de la dotation départementale pour dédoubler les CP. De fait, ces postes vont manquer au fonctionnement des écoles du département auxquelles ils étaient initialement destinés. Il ne serviront pas à abaisser les effectifs dans les classes ordinaires, il ne permettront pas d’améliorer le remplacement ou les moyens de formation continue, ils ne contribueront pas à restaurer les RASED ou à accompagner les écoles dans leur mission d’inclusion.

Cette politique à moyens constants manque d’ambition. La dépense par élève dans le primaire en France continue à être 15 % inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE et 30 % inférieure à la moyenne des onze pays comparables ! Dans ces conditions, les CP à 12 jouent le rôle de l’arbre qui cache la forêt. Pour combien de temps, c’est ce que nous verrons.

Enfin, comment pouvez vous déclarer dans le journal « La Dépêche du Midi » que le département dispose de moyens suffisants alors que vous avez dû recruter 70 contractuels l’an passé, que le rectorat annonce 100 recrutements minimum pour l’année qui vient et que vous refusez de recourir à la liste complémentaire du CRPE pour recruter des professeurs stagiaires avec un statut et des perspectives de formation ?

Or la recherche le montre que la formation et la qualification des professeurs sont déterminantes y compris dans le cadre de classes à effectifs réduits. Ce n’est donc pas en allant sur la pente de la contractualisation que l’on construira une école susceptible de réduire le déterminisme social et les inégalités scolaires.

Rythmes scolaires

Enfin un mot sur les rythmes. Malgré des délais très courts, plus de 30 % des écoles du pays vont revenir à la semaine des 4 jours. Cela témoigne de ce que le SNUipp FSU répète depuis des années : cette réforme a dégradé les conditions de travail des enseignant-e-s et par conséquent celles de leurs élèves. Le gouvernement comme les précédents, en refusant les modalités existantes avant la semaine Darcos offre comme seule alternative le retour aux quatre jours. De la même façon, par sa politique fiscale à l’égard des collectivités territoriales et ses conséquences sur leurs capacités à assurer un péri scolaire de qualité, le gouvernement crée les conditions d’un retour à 4 jours et ne combat pas les inégalités d’accès au service public dans les territoires.

Mixité scolaire et sociale

Cette rentrée est aussi celle du début de la mise en place du projet de mixité scolaire et sociale du Conseil Départemental. Vous vous êtes engagé, Monsieur le directeur académique, à accompagner ce projet en assurant des 6e à 25 élèves dans les nouveaux collèges de scolarisation des élèves de l’ancien réseau Badiou et à créer 3 postes de PDMQDC cycle III. Or, 2 postes sur les 3 ne sont pas pourvus et vous portez semble-t-il une responsabilité directe sur cela puisque vous avez accepté une demande de délégation d’une collègue en poste et que vous avez refusé une candidate au motif qu’elle occupait un poste à profil. Pour le SNUipp FSU, et compte tenu des enjeux pédagogiques et sociétaux, il n’est pas concevable que l’institution que vous représentez ne soit pas au rendez-vous. Nous vous demandons d’affecter prioritairement des collègues sur ces postes.

Par conséquent, le SNUipp FSU appelle les collègues à se rassembler mercredi 6 septembre à 12 h 30 place Saint Étienne à Toulouse pour :

  • Défendre le dispositif PDMQDC
  • Dénoncer l’impact sur fonctionnement de l’école en Haute Garonne et demander les moyens nécessaires à l’école sur le département
  • Dire non à la réduction des emplois aidés et demander la créations d’emplois statutaires
  • Exiger que les besoins en enseignants soient couverts par le recours à la liste complémentaires
  • Contre les attaques à l’encontre des fonctionnaires

Merci de votre attention.


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