CAPD du 21 novembre 2017 : Déclarations du SNUipp-FSU31

mardi 21 novembre 2017
par  snu31
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Déclaration du SNUipp FSU 31 à la CAPD du 21 novembre 2017

Monsieur le Directeur Académique,

Depuis l’élection du président Macron, la colère des enseignant-es est grandissante : sous rémunéré-es, salaires bloqués, rétablissement du jour de carence, augmentation de la CSG, réorganisation chaotique des rythmes scolaires, dégradation de nos conditions de travail, manque de considération et de respect… et la liste est encore longue ! Nous pourrions y ajouter le sujet du jour puisque nous allons acter aujourd’hui le départ en stage de collègues pour l’année scolaire en cours.

Les actions de formation n’existeraient plus que pour mettre en place les différentes réformes et priorités ministérielles, ce qui relève davantage de l’accompagnement que d’une véritable formation, alors même que le cœur du métier, l’échange et l’analyse de pratiques sont peu abordés.

Le SNUipp FSU défend la professionnalité et le pouvoir d’agir des enseignant-e-s. Nous sommes conceptrices et concepteurs de notre métier et cela exige une réflexion et une culture professionnelle constamment nourries et renouvelées. Cette réflexion doit pouvoir s’appuyer sur la recherche, toute la recherche. Nous sommes à l’initiative d’un appel signé par plus de 50 chercheuses et chercheurs, inquiet-es comme nous d’une utilisation partielle voire partiale des résultats de la recherche en pédagogie et sciences humaines par notre ministre.

De CAPD en conseil de formation, le SNUipp-FSU 31 porte ses exigences sur la formation pour les enseignant.e.s du département. Acquérir une réflexivité sur ses pratiques et ses postures, réactualiser ses connaissances sur les apprentissages des élèves, favoriser les échanges entre pairs, avoir accès aux travaux de la recherche, s’enrichir du regard d’autres professionnels, tout cela passe par des stages sur le temps de classe, librement choisis et accessibles à tous les collègues. Les besoins exprimés par les équipes doivent être recensés et pris en compte par l’institution.

Or force est de constater que malgré l’ouverture, il y a deux ans, de postes de remplaçants, la formation continue mise en place n’est pas à la hauteur des enjeux. Le cru 2017-2018 du PDF ne permet ni de respecter les droits des personnels, ni de répondre à leurs besoins et attentes, ni d’enclencher la nécessaire et urgente transformation de l’école afin de permettre la réussite de tous les élèves.

La feuille de route présentée lors du conseil de formation du 4 juillet annonçait une publication du PDF fin août et une inscription sur tout le mois de septembre. Au final, le PDF n’arrivera dans les écoles que le 18 octobre et la campagne d’inscription se fera pendant les vacances. Encore une année où les collègues se seront peu emparé.e.s de ce plan de formation… Par ailleurs, les documents transmis aux délégué.e.s du personnel pour cette CAPD ne sont pas exploitables et ne permettent pas la garantie de l’équité et la transparence pour toutes et tous (critères de classement des demandes au-delà du barème, prise en compte du rang du vœu etc…).

Signalons un point positif qui fait suite à la mobilisation des collègues BDFC avec le SNUipp, les dysfonctionnements ont largement diminué et c’est tant mieux. Pour autant, il reste encore des collègues non remplacé.e.s ou prévenu.e.s tardivement. Enfin, la bonne blague du 1er avril, le 1er septembre dernier, qui a vu 79 brigades convoqué.e.s à l’ESPE de Rangueil pour une formation fantôme n’a donc pas eu de suites. Pour le moment…

L’offre de formation à candidature individuelle et destinée à tou.te.s les collègues reste peau de chagrin. Sur les 49 pages du PDF, seulement 3 s’adressent aux PE « classiques » et 13 modules de formation les concernent pour un total de 314 places. Sur ce chiffre, seul.e.s 274 collègues ont candidaté et 204 ont été retenu-es, ce qui représente environ 3% de l’ensemble des collègues du département. L’éventail des thèmes retenus ne permet pas de répondre à la complexité du métier. Les formats proposés, allant d’une à deux journées de regroupement, hypothèquent toute prise de recul et réflexion approfondie sur les problématiques du métier.

Vous avez beau justifier cette réduction de format par le niveau de recrutement, nous ne sommes toujours pas convaincus. Les nouveaux PE à Bac+5 n’auraient plus les mêmes besoins ? Il suffirait juste d’enclencher la problématique pour que, par on ne sait quelle opération du saint ESPE, la science infuse s’infuse… Raisonner ainsi, c’est faire abstraction des manques de la formation initiale, c’est nier la surcharge de travail au quotidien, vous savez les tâches invisibles, ne permettant pas de libérer le temps pour cette « auto formation », c’est enfin faire preuve d’un certain mépris pour la grande majorité des enseignant.e.s , à bac +0, bac +2, et bac +3…

Bien qu’encore en nombre insuffisant, le nombre d’heures consacrées aux stages d’école a augmenté. Cela répond à une demande du SNUipp-FSU et des collègues très attaché.e.s à cette modalité de formation qui facilite travail et réflexion collective.

L’équivalent de 9 journées est consacré à la mise en œuvre du dispositif PDMQDC dans 8 écoles. Nous voulons y voir un signe positif de votre part, Monsieur le directeur académique. Ce serait ballot de les fermer lors de la prochaine carte scolaire.

Les stages d’école réunissant toute l’équipe dans le cadre de l’implantation d’une ULIS sont une avancée positive. Les bonnes intentions ne suffisent pas : il faut donner les moyens aux collègues de mettre en œuvre l’école inclusive en abaissant les seuils et en intensifiant l’accompagnement et la formation.

Pour le SNUipp-FSU 31, la formation professionnelle continue est un des leviers fondamentaux de la transformation de l’école. C’est également un droit pour les personnels, droit qui n’est pas respecté. Le SNUipp-FSU revendique donc une augmentation du nombre de postes de brigades de remplacement « stages formation continue » afin de permettre le retour à une formation professionnelle digne de ce nom. Pour mémoire, les calculs du SNUipp- FSU 31 montrent que parmi les 1000 postes manquants dans la Hte-Garonne pour une vraie refondation de l’école, figurent 200 postes pour reconstituer une brigade de formation continue permettant d’assurer deux semaines de formation à tous les enseignant-es devant classe.

Animations pédagogiques De nouveau cette année, la plupart des notes de service des IEN utilisent la notion d’animations dites "obligatoires" dans leurs plans de formation de circonscription. La formation continue réduite à sa portion congrue, les animations deviennent le seul espace de "formation" et d’échanges entre collègues. Ils et elles ne doivent donc pas être contraint.e.s dans leurs choix. Le SNUipp-FSU rappelle que cette obligation n’existe pas. Seules les 18h d’animations pédagogiques sont obligatoires, pas leur contenu. Le SNUipp-FSU rappelle aussi que les 9h de participation à des réunions d’information syndicale peuvent être décomptées de n’importe laquelle des animations.

L’ordre de mission généré par Gaïa en cas d’inscription ne doit pas être utilisé pour restreindre le droit syndical des personnels à opposer une RIS, même quand celle-ci ne se tient pas au même moment. Il y a une grande inégalité en termes d’offre d’animations pédagogiques selon les circonscriptions, animations qui ont lieu très majoritairement le mercredi après midi, contrairement à vos engagements. Le SNUipp-FSU demande de nouveau la sanctuarisation du mercredi après midi avec l’absence de réunions, animations pédagogiques sur cette demi-journée.

Mettre en place une formation continue de qualité pour les enseignant.e.s, c’est faire progresser la réussite des élèves, et c’est donc une exigence forte que nous portons pour un service public de l’Education ambitieux. Dans un contexte où notre ministre multiplie les discours cherchant à imposer les bonnes pratiques, nous rappelons que nous sommes concepteurs.trices de notre métier et que notre professionnalisme doit être reconnu. Sur les pratiques toujours, et sur celles prônées par M. Blanquer, celles qui mettent en avant l’individualisation vers l’individualisme. Ce ministre devrait se pencher sur les derniers résultats de l’OCDE. Pisa classe le système scolaire français très loin en dessous de la moyenne OCDE sur « les compétences de résolution collaborative de problèmes ». En gros, le travail de groupe. Celui que l’on travaille encore mieux avec nos PDMQDC… Au-delà d’un palmarès et d’un classement, c’est toute une idée de la société qui est en jeu. Le repli et l’individualisme ou bien l’ouverture, le vivre ensemble, la coopération, le construire ensemble…


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