Communiqué snuipp et Roland Goigoux répond à Blanquer

samedi 9 décembre 2017
par  snu31
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Communiqué du SNUipp-FSU

Evaluation PIRLS : les propositions du ministre à côté des enjeux Les résultats de l’étude PIRLS sont préoccupants pour l’école française*. Directement impliqué dans les politiques éducatives évaluées par cette étude, notamment les programmes de 2008, Jean-Michel Blanquer fait un diagnostic qui passe totalement à côté des enjeux. Pour remédier aux difficultés de compréhension en lecture, les propositions qui consistentà préconiser une dictée quotidienne,de la lecture à haute voix, à suggérer une kyrielle d’évaluations, à imposer une méthode ou un manuel “magique” et neuf heures de formation annuelles consacrées à la lecture ne répondent en rien au défi posé. Pour le SNUipp-FSU, cette réponse du ministre est hors-sujet. L’étude Pirls, qui souligne la difficulté des élèves français dans la compréhension fine des textes et non dans les activités de déchiffrage, invite au contraire à dépasser les querelles de méthodes et les visions simplistes, pour mieux outiller les enseignantes et les enseignants en développant notamment une formation continue de qualité qui croise leur expertise à l’ensemble de la recherche. Pour sortir d’une spirale négative réactivée à chaque nouveau rapport ou évaluation internationale, pour s’attaquer aux inégalités scolaires et permettre à tous les élèves de réussir, il est plus que temps d’investir massivement dans l’école, à la même hauteur que les pays comparables qui réussissent mieux que nous. Cela permettrait d’alléger les effectifs de toutes les classes, de développer les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté, de remettre en place une véritable formation continue… Et il faut, plus largement,engager des politiques fortes s’attaquant aux inégalités. Il faut préserver l’école des polémiques, assurer une continuité des politiques éducatives, conforter et accompagner les enseignantes et enseignants qui agissent au quotidien pour bâtir une école permettant de faire réussir tous les élèves.

  • Tous les cinq ans, ce baromètre mesure dans cinquante pays les performances en lecture à la fin de la quatrième année de scolarité obligatoire (CM1 pour la France). Avec un total de 511 points, contre 520 en 2011, les élèves français sont désormais nettement distancés par rapport à la moyenne des pays de l’Union européenne (540). Alors que l’étude pointe une amélioration générale des résultats, la France affiche une baisse de 14 points depuis 2001, pendant que le score moyen des 24 pays européens de Pirls progressait de 6 points.

Paris, le 6 décembre 2017

05 DÉCEMBRE 2017 | PAR FAÏZA ZEROUALA

Extraits ARTICLE MEDIAPART

Après les mauvais résultats d’une nouvelle enquête internationale (PIRLS), portant sur les compétences en lecture des élèves de CM1, enquête qui pointe que les écoliers français savent déchiffrer les textes mais ne les comprennent pas. Blanquer propose une dictée quotidienne pour y remédier, alors même que cela n’aura aucun impact sur le problème.

Le ministre a également fait quelques annonces. Il souhaite, que l’heure hebdomadaire d’activités pédagogiques complémentaires soit spécifiquement consacrée aux activités de lecture et de compréhension. Il dit vouloir "aider" les professeurs à bien choisir leurs supports pédagogiques, il veut que tous les élèves de CP possèdent un manuel... et considère comme de la « non-assistance à personne en danger » que de laisser un enseignant choisir la méthode et le manuel qui lui conviennent.

Le spécialiste de la lecture, Roland Goigoux, tend à relativiser ces résultats. Il considère évidemment qu’ils ne sont « pas bons », mais rappelle que ceux-ci sont stables. Il s’inquiète surtout des conséquences de ces annonces pour le moral des enseignants. « Notre pays se distingue par le malaise de ses enseignants. » Sur 50 pays, la France est celui où les enseignants sont les moins nombreux à être très satisfaits de leur travail. 26 % d’entre eux le sont contre 57 % pour le reste de l’échantillon.

Il poursuit : « Les traitements politiques vont-ils jouer les enseignants contre l’opinion publique ? Quand l’école n’est pas efficace, c’est de leur faute, dit-on. Leur dire qu’ils doivent tous avoir un manuel, c’est leur dire qu’ils travaillent mal. Dire aussi à des professeurs motivés que les laisser choisir leur méthode et leur manuel, c’est “de la non-assistance à personne en danger”, c’est d’une violence symbolique inouïe. » Lui-même explique observer sur le terrain de très bons résultats chez des professeurs qui ne se reposent pas sur un seul manuel pour enseigner.


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