Recrutement, formation et affectation des enseignant-es : réforme inquiétante en ligne de mire ?

jeudi 15 février 2018
par  snu31
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Recrutement et affectations des enseignant-es : réforme inquiétante en ligne de mire ?

Depuis plusieurs mois Jean-Michel Blanquer répète qu’il veut engager une réforme sur la formation et sur les modalités d’affectation des enseignant-es, pour dit-il, mener une gestion des ressources humaines plus « proche du terrain », dans « une vision plus académique ».

Comme le souligne un article du Café pédagogique (en lien ICI) et dans un contexte de casse du service public (suppression de 120 000 postes annoncée) et de contractualisation généralisée, nous avons toutes les raisons de nous inquiéter quant aux intentions de notre ministre.

Même si aucune annonce officielle sur les ESPés n’est encore sortie, notre ministre devrait rapidement faire part de son projet. Et d’après les bruits qui courent rien de rassurant. L’architecture de formation serait grandement modifiée dans une perspective d’économies de moyens et de mainmise des rectorats sur les ESPés.

Vers la contractualisation de la formation initiale et de la profession ?

Les épreuves d’admissibilité au concours se feraient en fin de L3 et celles d’admission en fin de M2. Ce master en alternance se ferait sous statut de contractuel.

On parle ainsi de 450 euros pour l’année de M1 à tiers-temps en responsabilité et de 900 euros en M2 avec un mi-temps en responsabilité.

Deux ans donc, sous statut contractuel, sans garantie de titularisation…

Les lauréat-es du concours admis-es à l’issue de l’épreuve d’admission, deviendraient stagiaires pendant une année à temps plein en classe.

Affectation ou entretien d’embauche ?

Et dans cette logique managériale, la question de l’affectation est, elle aussi, dans les petits papiers. Comme nous le rappelle l’article du Café péda, le ministre s’est déjà exprimé à ce sujet, disant qu’il ne fallait pas s’en remettre uniquement à la « machine » et à l’ancienneté pour le mouvement mais favoriser un recrutement régional et un profilage des postes dans le second degré, pour le moment...

Une mise sous tutelle des ESPE ?

Ce qui se dit aussi, c’est que pour les nouveaux MEEF (2019), les maquettes nationales seraient données directement par le ministère. Cela conduirait à une véritable mise sous tutelle des ESPE et par là, de la formation des enseignants par les rectorats.

Pour le SNUipp-FSU, l’architecture actuelle de la formation n’est pas satisfaisante ( concours en fin de M1 et M2 à mi-temps en responsabilité). La réforme de 2013 n’a pas été à la hauteur de la volonté affichée de rétablir une véritable formation professionnelle et nous en demandons une remise à plat.

Nous revendiquons une formation professionnelle de qualité à haut niveau universitaire, adossée à la recherche, en présentiel dans les ESPE, garantissant une qualification élevée des enseignant-es. La formation ne doit pas être assujettie à des prescriptions ministérielles.

Avec le projet Blanquer, on peut voir poindre, en plus de l’institution de la précarité comme règle de formation, la fin des concours et donc la fragilisation du statut de fonctionnaire.

Le SNUipp-FSU revendique un concours sous condition de licence placé en fin de L3, deux années pleines et entières de formation, sous statut de fonctionnaire stagiaire, reconnues par un master et une entrée progressive dans le métier. Nous nous opposerons à toute forme de contractualisation qui précariserait les étudiant-es et dévaloriserait la formation.

Voir aussi notre article sur la baisse des postes ouverts au CRPE 2018 ICI


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