Déclaration liminaire au CDEN de repli du 21 février 2018.

jeudi 22 février 2018
par  snu31
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Madame l’Inspectrice d’Académie DASEN,

Mesdames messieurs les membres du CDEN,

Mardi 13 février, les personnels des écoles de la Haute Garonne se sont mis en grève à l’appel du SNUipp FSU, du Snudi FO, de la CGT Educ’action et de Sud Education pour obtenir les moyens à l’accomplissement de leurs missions et la construction d’une école capable de lutter contre les inégalités scolaires et de démocratiser la réussite scolaire.

Avec au moins 57 écoles fermées, cette mobilisation reflète les difficultés croissantes, la pénibilité voire la souffrance au travail qui est de plus en plus le quotidien d’un nombre important d’écoles et de collègues. De ce point de vue, les grévistes sont les porte-paroles de beaucoup d’autres collègues.

Depuis son arrivée, le ministre a décliné et révélé, à grands renforts de communication, les bases de sa politique éducative : resserrement sur les fondamentaux, individualisation des parcours et des apprentissages, externalisation du traitement de la difficulté scolaire, dé professionnalisation des enseignants et assujettissement de leurs pratiques…

Ces choix s’inscrivent clairement dans la lignée des politiques éducatives libérales qui ont eu pour conséquences l’augmentation des inégalités scolaires et du poids des déterminismes sociaux dans la réussite scolaire. Les résultats de PIRLS, qui concernent les élèves ayant vécu leur scolarité entre 2009 et 2012 alors que monsieur Blanquer, à la tête de la DGESCO, supprimait durant cette période des dizaines de milliers de postes, en sont une démonstration. En effet, c’est bien la politique qu’il a mise en place qui est directement évaluée au travers des résultats en baisse des élèves français. Mais le ministre poursuit la politique qu’il a menée de De Robien à Châtel, faisant des élèves issus des milieux populaires les principales victimes de sa vision ségrégative du système scolaire.

Dans le premier degré, la première carte scolaire de l’ère Macron-Blanquer était attendue avec inquiétude par les départements. Nous savons aujourd’hui qu’elle est à l’image d’un gouvernement qui veut poursuivre la baisse du nombre de fonctionnaires, déléguer les missions de service public au privé et qui a comme objectif d’organiser une école du tri social. Les 3.881 postes annoncés et répartis dans les académies ne seront de loin pas suffisants pour commencer à enrayer le sous-investissement chronique du premier degré que pointent toutes les études internationales. Les élèves et les enseignants de France subissent les effectifs les plus lourds des 11 pays de l’OCDE comparables à la France. C’est en France que le ratio du nombre de PE pour 100 élèves est le moins bon. Ce contexte met en lumière la Haute-Garonne qui fait partie des 10 départements pour lesquels ce ratio est le pire au niveau national, et ce, malgré une zone montagne et une zone rurale !

La politique des CP et CE1 à 12 ne doit pas abuser l’opinion publique. C’est l’arbre qui cache la forêt. En Haute Garonne, elle touche 28 écoles sur plus de 800, soit environ 3%. Mise en œuvre sans financement, ce sont tous les moyens pour le fonctionnement de l’Ecole qui sont impactés (seuils non respectés, GS qui deviennent des variables d’ajustement da,s les écoles primaires, suppression de postes classe, de PDMQDC…), sans perspective d’amélioration dans le quotidien des écoles pour la baisse des effectifs, remplacement, inclusion, restauration des RASED....

Le SNUipp-FSU revendique au moins 1100 postes pour la Haute Garonne.

• 359 postes pour restaurer un RASED complet pour 1000 élèves.

• 117 postes pour ne pas avoir une école élémentaire à plus de 25 élèves de moyenne.

• 240 postes pour ne pas avoir une école maternelle à plus de 25 élèves de moyenne.

• 78 postes pour ne pas avoir de moyenne d’école supérieure à 20 élèves en Éducation Prioritaire.

• 150 postes pour assurer deux semaines de formation continue à tous les enseignants devant classe.

• 100 postes pour revenir au taux de scolarisation des moins de 3 ans de 2007.

• 56 postes au moins pour améliorer le remplacement.

Au total, c’est 17 % environ des postes actuels. Quand on sait que le retard d’investissement de la France dans l’école élémentaire est de 15 % par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE, et de 30 % par rapport aux pays comparables à la France dans cette même OCDE, on se dit que cette revendication, en plus d’être nécessaire, est légitime et raisonnable.

La mesure de dédoublement entraîne une forte augmentation des effectifs, bien au-delà des seuils de l’Éducation Prioritaire, sur les niveaux CE2-CM1-CM2 avec des moyennes à 24 élèves voire plus. Or, comme le montrent les travaux sur l’expérience STAR aux Etats-Unis, l’effet positif des faibles effectifs peut disparaître si ce dispositif ne dure pas. Nous exigeons que la moyenne calculée sur les classes de CE2 CM1 et CM2 ne dépasse pas les 21 élèves. Nous refusons que les élèves de l’EP voient leur conditions d’apprentissage détériorées 3 année sur les 5 de leur scolarité élémentaire. Nous notons que cette situation pénalise particulièrement les élèves de CE2-CM1-CM2 qui n’aurons pas bénéficié des effectifs réduits et subiront le non respect des seuils. Le SNUipp-FSU 31 revendique la mise en place de seuils différenciés dans les écoles de l’éducation prioritaire : les classes ordinaires « non dédoublées » doivent conserver le seuil en vigueur dans le département. Nous vous demandons de modifier votre projet en conséquence pour toutes les écoles concernées.

Le SNUipp-FSU refuse la fermeture de 12,5 postes de PDMQDC, fermetures qui s’ajoutent aux 22,5 postes fermés l’an passé. Nous demandons leur maintien. Pour le SNUipp-FSU, le Plus De Maîtres Que De Classes est un des leviers de l’indispensable transformation de l’école, pour travailler à la réussite des élèves mais aussi pour changer les pratiques et développer le travail d’équipe. Nous revendiquons son élargissement à toutes les écoles et plus particulièrement sur les écoles en difficulté dans le département. Il y en a un peu partout, mais nous insistons sur le secteur Nord- Nord-Est de la ville de Toulouse, plus particulièrement les écoles Borderouge, Niboul, Alphand, Jean Zay, Grand Selves, Olympes de Gouges, Lucie Aubrac… qui concentrent les difficultés.

Nous refusons également la fermeture du pôle ressource Art et Littérature dédié à l’Éducation Prioritaire. Cette fermeture est à sa façon emblématique d’une approche techniciste de l’apprentissage de la lecture. Les enfants des familles les plus éloignées des pratiques de lecture en seront les premières victimes.

Nous refusons également la fusion des missions de remplacement. Il ne rendra pas le remplacement plus efficient. Encore plus qu’aujourd’hui, les remplacements courts seront laissés à la charge des écoles, impliquant des répartitions d’élèves, donc des effectifs pouvant grimper jusqu’à 40 par classe. En plus de cela, vous insécurisez les remplaçants qui ne pourront plus se projeter sur un type d’intervention prioritaire. Cela va augmenter le turn over sur les postes de TR et par là, l’inexpérience. La situation du remplacement est catastrophique actuellement dans le département. Pour l’améliorer, il y a urgence à créer des postes de remplaçant-es.

La dotation départementale ne vous permet pas d’accompagner l’inclusion avec les moyens qu’elle nécessite. Près de 600 élèves notifiés ne sont pas accompagnés. D’après la MDPH, près de 1000 élèves en attente d’une affectation en établissement spécialisé sont dans les écoles. Leurs besoins ne sont pas pris en compte. Cette situation met beaucoup d’écoles en tension, voire en grande difficulté et les violences à l’encontre des AVS AESH et enseignants se multiplient.

Il y a près de 5000 élèves à besoins particuliers dans nos écoles. Leur nombre augmente rapidement : + 23 % en 4 ans. En 2008, il y avait 114 E, 78 G et 70 psy en Haute- Garonne. A la rentrée 2017, il n’y avait plus que 22 E, 17 G et 83 psy. Et vous fermez deux postes de E ! Il faut d’urgence re-densifier les RASED et programmer les départs en formation CAPPEI nécessaires. La prévention primaire, la remédiation spécialisée de la difficulté scolaire ne se font plus. L’externalisation, la médicalisation et la production de diagnostics « handicap » progressent.

C’est dans ce contexte que de plus en plus d’AVS voient le renouvellement de leur contrat refusé. L’administration parle de mutualisation, ce qui va rendre encore plus compliqué le suivi de ces élèves. Le ministère ajoute de la difficulté à la difficulté en parlant de faire appel largement à des Services Civiques. L’accompagnement est devenu une mission pérenne sur service public. Nous demandons le recrutement de personnel formé et sous statut de fonctionnaire.

Pour le SNUipp FSU, sur 71 écoles hors REP où il y a des ULIS il y en a 19 qui doivent faire l’objet d’une ouverture. En effet, si on compte les élèves de l’ULIS, elles se situent toutes à plus de 27 de moyenne, voire à plus de 28 pour 5 d’entre elles. 4 autres doivent voir leur blocage levé.

La mixité scolaire et sociale mise en œuvre par le CD 31 est entrée dans sa première année. L’adhésion des familles et les observations sur le terrain confortent le SNUipp FSU dans l’idée que ce projet va dans le bon sens. Pour autant, nous alertons sur le fait qu’il va y avoir une montée en charge des effectifs concernés. Nos collègues du second degré soulignent l’intérêt de pouvoir travailler avec des PE du premier degré. Ils regrettent leur faible disponibilité. Nous renouvelons la demande d’un PE par collège de secteur entrant dans le périmètre de cette politique.

Enfin, il y a en Haute Garonne un recours croissant à des contractuels au lieu d’un appel à la liste complémentaire du CRPE. C’est aussi une tendance nationale. Les récentes déclarations de G Darmanin, ministre de la Fonction Publique, indiquent que ce phénomène risque de s’amplifier. Le SNUipp FSU réaffirme que le statut de fonctionnaire des agents de l’Éducation Nationale est gage de qualité et d’égalité dans le rapport aux usagers. Nous exigeons que les besoins soient couverts par des postes statutaires.

Nous avons été nombreux, parents d’élèves et représentants des personnels à argumenter contre les trop grosses écoles. Par regroupement, vous en créez 4 de 15 classes ! Concrètement, ce sont des effectifs de 400 élèves, effectifs supérieurs à ceux de certains collèges de ce département, sans leurs moyens de fonctionnement.

Par ailleurs de nombreux rapports expliquent que ce type d’école favorise la détérioration du climat scolaire. Nous demandons l’annulation de ces regroupements. Enfin, vous continuez, malgré nos demandes, de faire se succéder les CTsD et CDEN sur deux jours. Cette pratique n’est pas le signe d’un dialogue social de qualité. Les vérifications ne peuvent pas se faire ou se font mal. Nous demandons un délai de plusieurs jours ouvrés entre les deux instances.

Merci de votre écoute.


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