Déclaration du SNUipp-FSU 31 à la CAPD du 8 mars 2018 Liste d’aptitude

jeudi 8 mars 2018
par  snu31
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Madame la Directrice académique,

Sur les fonctionnaires et la Fonction Publique

Jamais depuis 60 ans la France n’avait aussi mal traité ses fonctionnaires. Dans la continuité de la réforme du travail défavorable aux salariés du privé et des mesures sociales et fiscales en faveur des plus riches, c’est aujourd’hui aux fonctionnaires et à la Fonction Publique que le gouvernement a décidé de s’attaquer.

Après le retour du jour de carence, le gel du point d’indice et le report d’un an du PPCR, les annonces du gouvernement sont particulièrement inquiétantes : plan de départs volontaires, « assouplissement » du statut de fonctionnaire, rémunération au mérite… le tout sur fond de suppression de 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat.

On s’attaque aux fonctionnaires, et on s’attaque à la fonction publique , c’est à dire à l’Education, à la Santé, aux Transports etc... C’est à dire à notre bien commun, c’est à dire à nous tous, à vous tous !

Les annonces ces derniers jours sur la transformation de la SNCF en sont un exemple où la remise en cause du statut de cheminot prépare la privatisation de l’entreprise à terme et la dégradation du service public du transport sur les territoires.

L’ objectif de ces mesures est bien de réaliser des économies budgétaires, ce qui passe par la suppression de postes de fonctionnaires, la privatisation de services publics ou leur externalisation et la baisse de la rémunération des fonctionnaires. La Fonction publique, placée en dehors des ravages de la concurrence chère aux politiques libérales, est garante de l’intérêt général au service de la cohésion sociale. Les moyens existent pour mettre en œuvre des orientations de progrès social pour tous.

Pour défendre les fonctionnaires, la fonction publique et l’intérêt général, la FSU, la CFTC, la CGC, la CGT, la FAFP, FO et Solidaires appellent à UNE JOURNÉE D’ACTION, DE GREVE ET DE MANIFESTATIONS LE 22 MARS 2018.

Sur l’Ecole

Depuis son arrivée, le ministre a décliné et révélé, à grands renforts de communication, les bases de sa politique éducative : resserrement sur les fondamentaux, individualisation des parcours et des apprentissages, externalisation du traitement de la difficulté scolaire, dé professionnalisation des enseignants et assujettissement de leurs pratiques…

Ces choix s’inscrivent clairement dans la lignée des politiques éducatives libérales qui ont eu pour conséquences l’augmentation des inégalités scolaires et du poids des déterminismes sociaux dans la réussite scolaire. Les résultats de PIRLS, qui concernent les élèves ayant vécu leur scolarité entre 2009 et 2012 alors que monsieur Blanquer, à la tête de la DGESCO, supprimait durant cette période des dizaines de milliers de postes, en sont une démonstration. En effet, c’est bien la politique qu’il a mise en place qui est directement évaluée au travers des résultats en baisse des élèves français. Mais le ministre poursuit la politique qu’il a menée de De Robien à Châtel, faisant des élèves issus des milieux populaires les principales victimes de sa vision ségrégative du système scolaire.

Les personnels ne sont pas épargnés.

  • un temps de travail de moins en moins choisi, avec des temps partiels de plus en plus refusés
  • l’augmentation de la charge de travail en volume et en charge mentale, sur le temps de classe et sur tous les autres avec l’accumulation et la multiplication des tâches invisibles
  • le manque d’accompagnement de l’institution
  • le sentiment d’être empêché-e de bien faire son métier
  • la dévaluation de notre statut dans la société

Tout cela conduit de nombreux collègues à l’épuisement, avec nous vous le rappelons, 30% d’entre eux présentant des signes de burn-out.

Madame la DASEN, cela devrait vous alerter et cela devrait vous guider dans les décisions que vous êtes amenée à prendre, en particulier pour les demandes de temps partiels, de disponibilités, de mutations...

Concernant les personnels, déjà bien mis à mal, nous réaffirmons notre exigence de voir les droits syndicaux respectés, voir encouragés, en particulier pour la participation aux RIS, aux stages de formation syndicale et autres instances ; autant de moments collectifs indispensables et salvateurs.

Liste d’aptitude à la direction d’école

Directrices et directeurs mais aussi adjoints et adjointes forcément concernés par le fonctionnement des écoles, attendent toujours de réelles dispositions pour alléger et simplifier le travail de direction. Les tâches administratives chronophages continuent de s’empiler au détriment du fonctionnement de l’école et de la réussite des élèves. Le nombre de directions vacantes reste très important (35 directions vacantes sur 198 postes vacants au mouvement 2017). Avec les postes de titulaires remplaçants c’est le type de poste qui semble le moins attractif. Le rejet de 18% des candidats convoqués devant une commission n’apportera pas de solution... Cette année encore, des collègues seront donc refusé-es sur cette liste d’aptitude. Le fait d’exiger des candidat-es des compétences avant même d’être formé-e nous parait toujours aussi incohérent. Il est incompréhensible que des collègues soient à l’issue d’un simple entretien, exclu-es de cette liste alors qu’ils ont, comme vous le dîtes, « loyalement servi » en intérim de direction une année voire plusieurs pour certain-es. Enfin les années précédentes, l’avis favorable de l’IEN prévalait en cas d’avis contraire de la commission. Nous demandons que cette disposition soit maintenue. Nous vous remercions de votre écoute, et surtout de la prise en compte de nos demandes dans le cadre du dialogue social et dans l’intérêt de l’école et des personnels.


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