Derrière les moyennes d’effectifs, la réalité est têtue : réponse au courrier de la DASEN

jeudi 7 juin 2018
par  snu31
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Jeudi 6 juin 2018, madame Laporte directrice académique a pris la plume pour s’adresser aux collègues de REP+, REP et REP moins du département.

Sûrement parce que, à l’évidence, l’usage des moyens supplémentaires donnés pour les dédoublements de classe en CP et CE1 et les conséquences sur la vie des écoles ne font pas l’unanimité.

Il y a une série d’arguments présentés dans cette lettre.

Voici nos commentaires et notre contre argumentation.

"Les échanges [...] témoignent déjà d’une amélioration des compétences des élèves concernés en français et mathématiques". E.Laporte

Sûrement. En effet, ce n’est pas d’aujourd’hui que nous affirmons (avec Thomas Piketty et beaucoup d’autres) qu’il y a une corrélation entre la réussite des élèves et les effectifs dans les classes. Cela dit, rien n’est mesuré et en l’absence d’évaluation témoin sur les performances des élèves dans la configuration précédente, l’amélioration est difficile à établir.

La question des évaluations nationales ne tranche pas ce débat. Il faudra voir le contenu des évaluations et mesurer l’impact de ces dernières sur une forme de bachotage déformant. C’est ce qui s’est passé notamment en Angleterre. On peut donc avoir de très bons résultats aux évaluations mais sur un panel de compétences ciblées, facilement mesurables, laissant de côté en particulier les enjeux plus complexes de compréhension. C’est déjà ce que l’on peut observer sur les évaluations CP de cette année essentiellement centrées sur le code.

Sur les moyens...

Pour les écoles de REP, ces repères sont respectivement de 25 et 28 par classe. E. Laporte.

C’est faux. Madame la Directrice Académique généralise à toutes les écoles REP les critère des "REP moins", c’est à dire des écoles qui sont entrées dans l’EP en 2015 et qui n’y étaient pas auparavant. Les écoles REP qui étaient déjà "ECLAIR" ont conservé depuis 4 ans les seuils à 21 et 25.

"J’ai néanmoins été attentive à ne pas faire peser sur les classes non dédoublées le poids du dédoublement des CP ( et des CE1 à l’avenir pour les REP+". E.Laporte

Sur les 18 écoles élémentaires que compte la REP+, 13 écoles ont des moyennes hors classes dédoublées ( CE2, CM1 et CM2) qui dépassent le seuil de 21 élèves par classe.

Sur la REP ( anciens ECLAIR), ce sont 5 écoles sur 6 qui voient également leur moyenne s’envoler au-delà de 21 pour les classes de CE1 à CM2.

Ajoutons à cette augmentation des effectifs par classe, la suppression de tous les PDMQDC dans l’éducation prioritaire depuis la rentrée 2017 en REP+ et à la rentrée 2018 pour les REP.

Et enfin rappelons que les élèves des classes non dédoublées n’auront pas bénéficié de la mesure de dédoublement ni du PDMQDC.

Alors oui, Mme la DASEN, attentive ou pas, le dédoublement se fait bien sur le dos des autres élèves de l’école...

"J’ai porté une vigilance particulière à conforter les écoles concernées dans le taux d’encadrement spécifique dont elles bénéficiaient jusqu’alors." E.Laporte

Vous avez dit "particulière" ? En effet.

Les seuils indicatifs en REP+ et dans les REP anciens ECLAIR sont de 21. Cela signifiait que l’on considérait que les effectifs des classes entre le CP et le CM2 étaient maintenus en général en deçà de cette limite, même s’il pouvait arriver que telle ou telle cohorte la dépasse.

Avec la création de postes en CP et CE1, la moyenne sur l’école ne garantit plus ces conditions d’apprentissage pour tous les élèves. On n’est pas là devant des moyennes et des tableaux Excel. Si le tableau dit 17,9 élèves par classe, le terrain montre jusqu’à 24 élèves par classe sur les classes non dédoublées, et ce sans compter les intégrations ULIS ou UPE2A et les éventuelles arrivées !

Pour le SNUipp FSU 31, cela pose deux problèmes. D’abord, l’augmentation des effectifs sur les 3 ou 4 derniers niveaux de l’école élémentaire peut réduire les effets positifs de la baisse d’effectif sur les 2 premières années.

Ensuite, nous exprimons une crainte sur le climat scolaire dans des écoles où les effectifs hors classes dédoublées se rapprocheraient de ceux des écoles "ordinaires". Nous craignons aussi que la cohésion des enseignant-e-s pâtisse de ce grand écart dans les effectifs.

Pour ces raisons, le SNUipp-FSU 31 demande que les moyennes hors classes dédoublées ne dépassent pas 21 élèves en éducation prioritaire.

Parce ce que les PE sont en contact avec leurs élèves et connaissent leur école, leur proposition d’organisation pédagogique, à travers l’avis du conseil des maîtres, doit donc être entendue par les directeurs et directrices comme par la hiérarchie.

Pétition en PJ


Documents joints

Pétition_seuils_EP_SNUipp
Pétition_seuils_EP_SNUipp
La lettre de la Directrice Académique
La lettre de la Directrice Académique

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