CAPD du 26/06/18 : La déclaration "outrancière"

mardi 26 juin 2018
par  snu31
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Ca va Manu ? Ah oui, ça va. Tout va bien … pour mes potes, les riches . Les riches vont bien. Les riches vont même de mieux en mieux depuis un an. En même temps, ils sont gâtés. Des cadeaux par milliers, par millions, par milliards, avec notamment la baisse de 3,2 milliards de l’ISF et le « remboursement » de 400 millions d’euros aux 1000 premiers contributeurs de l’ISF ! Pas mal non ? Et Bernie, ça va ? Bernard va très bien aussi. (Bernard Arnault), Maintenant 4e fortune mondiale avec 72 milliards d’euros. Une augmentation de 74 % par rapport à l’année précédente.

Ca ruisselle à fond, des pauvres vers les riches, ça marche très, très bien.

Et on va continuer. Tu vas voir comme elle va ruisseler la Fonction Publique, avec CAP22, on va passer de 54,7 % du PIB en 2017 à 51,1 % en 2022. Et qui va ruisseler ? les fonctionnaires et les usagers ! "

Ah, ce "sacré Manu", qui réclame du respect... On en reparlera plus bas du respect.

Mais attardons nous d’abord sur ce CAP22, véritable chantier de démolition de la Fonction Publique, notre bien commun. Alors que notre société, fragilisée, n’a jamais eu autant besoin d’agent·es engagé·es au quotidien, payé·es décemment, travaillant dans des conditions dignes, afin de rendre possibles des services publics de qualité (crèches, hôpitaux, écoles, cantines…) sur l’ensemble du territoire, on veut remettre en cause le statut. Remise en cause par le développement du « recours au contrat » qui deviendrait un des modes de recrutement pour accomplir des missions de service public, rompant ainsi avec la neutralité de l’agent et l’égalité d’accès aux services publics sur tout le territoire. Le statut est pourtant le garant de la qualité du service rendu par la protection qu’il confère au fonctionnaire, en le détachant des sources de conflits d’intérêts, et en lui permettant un investissement stable et entier sur sa mission.

En perspective, dans son chantier de démolition, le gouvernement programme :

  • l’accroissement des précarités, pour les personnels comme pour les missions exercées. - un coup de pioche sur les rémunérations que l’emploi contractuel va tirer vers le bas, avec moins de garanties salariales et plus d’arbitraire.
  • la promotion de la rémunération au mérite, c’est-à-dire la remise en cause des grilles collectives et la généralisation de l’individualisation en matière de traitement.
  • un dynamitage de l’emploi public avec 120 000 suppressions de postes sur le quinquennat, dont 50 000 dans la Fonction Publique d’État. Pour atteindre plus rapidement cet objectif, un plan de départs volontaires est prévu
  • et bien sûr pour emballer le tout, un écroulement du paritarisme avec, comme dans le privé, la fusion des CHSCT et des CT, et la limitation du contrôle des représentants des personnels, dont la consultation serait cantonnée aux seuls recours.

Voilà pour le contexte. Mais notre service public d’éducation ne va déjà pas bien. Et nous en avons des illustrations parlantes sur notre département. Tenez, prenons le remplacement. Ou plutôt, le non remplacement qui met à mal, écoles, élèves et enseignant·es. La météo est certes déréglée, mais on est loin d’une explication par les pics hivernaux difficiles à gérer, quand le problème persiste jusqu’à fin juin avec des conséquences sur la formation et la vie des écoles, leur survie parfois, quand les classes atteignent la quarantaine... quasi 4 classes dédoublées, Monsieur Blanquer... mais pour un·e seul·e enseignant·e... Les collègues aussi ne vont pas bien. Ils fonctionnent, ils tiennent, ils absorbent, puis ils craquent. Comme dans le secteur Nord où, par exemple, tous les titulaires d’une école, à bout, ont été arrêtées par leurs médecins.

Quelles sont les réponses concrètes qui vont changer les choses ? Quelques heures de décharge, et encore pas partout ! Vous pensez vraiment, Mme la DASEN que cela va suffire ? Non, vous le savez bien, et les saines mobilisations de ces écoles, (même si elles gênent la hiérarchie intermédiaire peu soucieuse des réalités du terrain) mettent en lumière les heures sombres de ces écoles. Ces mobilisations vont se poursuivrent pour être vraiment entendues !

De la même manière, puisqu’on va en causer par la suite, pensez-vous vraiment, que les refus massifs de temps partiels et de disponibilités vont aider ces personnels déjà maltraités ? Vous les condamnez aux temps complets forcés Mme la DASEN ! Nous sommes délégué·es du personnel. Et, bien qu’on veuille limiter, voire démolir cette fonction, nous la prenons très au sérieux. Nous avons pris le temps pour entendre et écouter nos collègues. Leur incompréhension, leur désappointement, leur souffrance, leur colère... Au delà des réponses copier/coller, nous vous demandons, vous aussi de vous confronter aux collègues pour expliquer vos incroyables décisions. Nous vous demandons de mettre de côté votre calculette pour prendre le temps de l’humanité. Nous vous demandons une autre Gestion des Ressources HUMAINES... Prendre le temps de recevoir individuellement chaque collègue, de les entendre, de les écouter vous expliquer leur vie avant d’en décider.

  • Comment peut-on refuser un temps partiel aux collègues qui demandent du temps pour s’occuper d’un enfant, d’un parent ou d’un conjoint malade ou handicapé ?!
  • Comment peut-on refuser un temps partiel à ces collègues, épuisé·es, qui demandent des respirations pour concilier leur vie professionnelle et personnelle ?!
  • Comment peut-on refuser un temps partiel, à ces collègues investi·es dans une action, une association et balayer ainsi un projet sans se soucier des effets collatéraux ?! De tout cela, on se moque. Mais détrompez-vous, le projet de destruction des si gênants CHSCT, ne suffira pas à camoufler et taire la maltraitance des personnels, nous y veillerons ! Dans les questions diverses, nous demandons aussi une transparence sur les critères. Des départements de l’académie établissent des règles (accord pour les collègues en fin de carrière à partir de 55 ans, accord selon nombre et âge des enfants, etc.). Cela n’est pas satisfaisant car ça laisse sur la touche nombre de collègues, mais au moins, il y a des règles...

Des règles. De la transparence, pour comprendre... Nous en demandons aussi pour les prochaines opérations, accès à la Hors-Classe et à la Classe exceptionnelle. Nous le détaillons dans les questions diverses :

  • AGS pour départager les égalités, proportions hommes/femmes, reconnaissance pour tout·es, attention particulière sur les "retraitables", etc.
  • Réversibilité de l’avis : Nous tenons à vous dire que nombre de collègues sont touchés, meurtris, par des avis qui, froidement couchés sur un IPROF, remettent en cause des années, des décennies d’investissement en ne leur accordant pas l’indispensable reconnaissance.

Ce système au mérite que le gouvernement veut encore plus développer, est vraiment pourri, Manu...

Ah, on y revient et on termine par cela, comme promis plus haut. Le respect mis en avant par Monsieur le Président de la République. A ce respect assujetissant, qui incarne la distance, le fossé entre " les élites" et tous les autres, nous opposons un respect humain.

Respect pour ceux qui ne sont rien (citation de Macron), respect pour ceux qui défendent leur travail (mépris de Macron), respect pour ceux qui défendent les services publics (les cheminots notamment,), respect pour nos frères migrants qui défendent leur vie, respect pour ceux qui leur sont solidaires (dans la Roya notamment), respects des humains et de leurs droits ...

Avec tout notre respect, Mme la Directrice Académique des Services de l’Education Nationale.

PS : Mme la Directrice, nous venons d’apprendre que vous refusiez aux équipes la possibilité d’avancer la deuxième journée de pré-rentrée au 31 août, comme cela est possible depuis des années sur le département. Si cela se confirmait, ce serait un nouveau coup porté aux collègues. Nous sommes d’accord avec vous sur le constat que les collègues ont besoin de temps pour souffler (cf CAPD congé de formation). Ainsi, cette petite bouffée du mercredi est indispensable. Nous en reparlerons cet après-midi lors du conseil de formation. Nous y effectuerons la même demande sur les animations pédagogiques placées à ce moment.


Outrance