Conseil de formation du 26 juin : La déclaration

mardi 26 juin 2018
par  snu31
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Déclaration liminaire du SNUipp-FSU 31 – Conseil de Formation du 26 juin 2018

Formation continue

Quand, conseil de formation après conseil de formation, le SNUipp-FSU dénonce, certes, mais aussi et surtout propose, au nom des collègues qu’il représente, on ne l’ écoute pas. Aux demandes des collègues qui veulent pouvoir s’investir dans de vrais stages de plusieurs semaines, des stages où l’on pourra prendre du temps, avec des apports théoriques en lien avec les recherches actuelles, mais aussi des temps de travail et d’échanges pour construire des outils et faire évoluer leurs pratiques, vous répondez : « Enfin, le SNUipp, vous savez bien, les temps ont changé, on est plus sur le même format de formation, les collègues à Bac +5, ce n’est pas comme avant... ils n’ont pas les même besoins et les mêmes besoins de formation... Ce n’est pas comme avant, du temps de l’École Normale, où les élèves maîtres effectuaient de longs stages en responsabilité dans les écoles et libéraient ainsi les collègues qui pouvaient partir en formation pendant plusieurs semaines… »

Bref, malgré notre brillante démonstration mathématique au cours de laquelle, devant l’assistance médusée, nous calculions que les 12019 journées stagiaires du PDF pouvaient correspondre à 1335 stages de 2 semaines, ou même 890 stages de 3 semaines… et donc que même dans votre cadre contraint, une autre formation continue était possible, on ne nous prenait pas au sérieux. On ne prenait pas les collègues au sérieux...

Alors maintenant, quand sont dénoncés la « Faiblesse des moyens de remplacement destinés à la formation continue, les animations pédagogiques au secours de la formation, le rôle des directeurs et des enseignants pas mis en valeur, le non-recours à la formation.. » et, en conclusion sans appel, qu’il est dit que « les modalités actuelles d’organisation de la formation sont considérées comme un obstacle majeur à l’émergence d’une formation de qualité (efficiente et efficace) »....

… vous vous dites que le SNUipp ne s’est pas foulé pour sa déclaration avec ses sempiternels copiés/collés...

Pourtant, ces formules ne sont pas tirées d’un tract syndical, ce sont bel et bien les titres de chapitres d’un rapport de l’IGEN sur la formation continue, rapport qui vient d’être publié après une enquête menée en 2016 auprès de 22 000 enseignants.

Enquête où environ 70 % des collègues qui ont répondu se déclarent insatisfaits et où 80 % des enseignants ne bénéficient sur l’année d’aucune action de formation remplacée, se contentant des 18 heures d’animation pédagogique. …. Bon, n’ayez pas peur, rassurez-vous, vous ne subirez pas un assaut musclé, pour vous obliger à tenir compte des véritables besoin du terrain, l’IGEN (Inspection Générale de l’Éducation Nationale ) n’a rien à voir avec le GIGN... mais si vous daigniez quand même nous écouter...

Écoutez-nous quand nous expliquons que la formation continue est bien sûr un droit des personnels, mais aussi une nécessité si l’on veut réellement transformer l’école et permettre la réussite de tous les élèves. Écoutez-nous quand nous expliquons que la formation doit être orientée sur trois axes complémentaires : aider à une adaptation aux évolutions du système (nouveaux programmes par exemple), offrir la possibilité aux collègues de réfléchir sur leurs gestes professionnels, et enfin, permettre aux enseignant·es non seulement de choisir leurs formations mais aussi de formuler des demandes.

Écoutez-nous quand nous réclamons une formation non imposée correspondant aux besoins du terrain pour laquelle il faut :

  • Prendre en compte les besoins identifiés par les collègues
  • S’appuyer sur les besoins des équipes des écoles, redonner toute leurs places aux projets d’école (à travers, entre autres, des stages d’écoles sur le temps scolaire) 
  • Proposer un plan de formation riche et pluridisciplinaire. Alors vous nous écoutez, vous écoutez les collègues ou bien on appelle les gars musclés de l’IGEN...

Entre parenthèses, si cela avait besoin d’être précisé, le fameux livre orange de Monsieur Blanquer, rempli de prescriptions et de poncifs, n’a rien à voir avec la formation telle que nous venons de la décrire, vous l’aurez compris...

Sur les 18h d’animations pédagogiques

Notre prescripteur de ministre veut que les 18 heures d’animation pédagogique se déclinent en 9 heures de français et 9 heures de mathématiques. Rien sur les questions transversales comme la gestion de la classe, la gestion de la difficulté scolaire, l’école inclusive, etc. Cette proposition s’inscrit dans l’école des fondamentaux, idéologie qui a présidé à la mise en œuvre des programmes de 2008 avec leurs résultats spectaculaires aux évaluations PIMS ou PIRLS. La France est le seul pays à voir les inégalités scolaires progresser.

Il faut dire qu’en plus d’avoir subi les programmes de 2008, 38 % des élèves français qui étaient en CM1 en 2016 avaient des enseignants qui n’avaient participé à aucune formation contre 22 % en moyenne pour les autres pays européens.

Malgré les engagements du précédent DASEN, nombre d’animations pédagogiques continuent à avoir lieu le mercredi après midi. Nous demandons de nouveau la sanctuarisation du mercredi après midi avec l’absence de réunions, animations pédagogiques sur cette demi-journée. Lors de votre première CAPD sur le département, Mme la DASEN, vous affirmiez que les collègues avaient besoin de souffler, laissez-les le faire un peu le mercredi après-midi...

De même, le SNUipp-FSU continue d’insister sur le nécessaire respect de la liberté des enseignant·es : ils doivent pouvoir choisir les formations en fonction de leurs besoins. Aucune formation ne peut leur être imposée comme c’est le cas dans certaines circonscriptions. Nous rappelons que la notion d’animations pédagogiques « obligatoires » n’existe pas dans les textes et que d’ailleurs, le DASEN du 13 a été condamné pour ne pas avoir respecté cette liberté... Nous appuyant sur cette jurisprudence, nous soutiendrons et accompagnerons les collègues qui, s’en voyant privés, saisiraient le tribunal administratif.

Pour que ce choix s’opère, il faut aussi une augmentation significative de la diversité de l’offre de formation du point de vue du nombre de stages, de leur contenu ou des intervenant·es. La Direction académique se doit d’assurer l’égalité d’accès à la formation des collègues des diverses circonscriptions. Avant de passer à la formation initiale, nous tenons à exprimer notre perplexité devant le cafouillage de la session de juin pour la formation CAPPEI. Nous ne sommes plus sur une seule affaire de moyens mais aussi sur un problème de pilotage... Il faut certes recruter du personnel pour organiser ce plan de formation, mais qu’est-ce qui ne va pas dans l’organisation d’une formation sous convention avec l’ESPE, convention dont les départs ont été actés le 3 mai ?

Regardons maintenant vers la formation initiale…

Depuis la mise en place du concours rénové en 2014, les enquêtes menées par le SNUipp-FSU 31 auprès des PES du département font état d’une entrée brutale dans le métier, d’une formation jugée insatisfaisante, trop lourde en termes de charge de travail du fait du mi-temps en responsabilité ne permettant pas de s’approprier les contenus de formation et trop éloignée des besoins et de la réalité de la classe. Cette logique qui fait des PES des moyens d’enseignement est incompatible avec une formation professionnelle de qualité. 

Ces conditions dégradées de formation et d’entrée dans le métier sont lourdes de conséquences pour les personnels qui débutent leur carrière (fatigue, stress, pression, allant jusqu’à l’épuisement et à la grande souffrance) mais aussi pour la réussite de tous les élèves. Dans ces conditions, impossible pour les stagiaires d’investir une véritable formation professionnelle de qualité.

Cela avait conduit l’année dernier 90 PES à adresser à votre prédécesseur, à la directrice de l’ESPE et à la rectrice, une lettre faisant état de cette souffrance et se faisant aussi la voix de propositions, notamment quant à l’alternance hebdomadaire du mi-temps en responsabilité et du mi-temps à l’ESPE. Nous rappelons notre revendication d’un stage en responsabilité à 1/3 temps pour l’année de PES ainsi que des moyens suffisants affectés pour la formation des enseignants (personnels, budget).

Pour le SNUipp, l’architecture actuelle (concours en fin de M1 et M2 à mi-temps en responsabilité) est un grand échec, elle doit être revue pour répondre aux enjeux d’une formation professionnelle de qualité à haut niveau universitaire qui permette d’intégrer toutes les dimensions du métier.

Dans ce contexte, comme précisé dans nos questions diverses, après la souplesse obtenue l’an passé quant à la participation des PES aux animations pédagogiques, nous continuons à demander un allégement « Éducation Nationale » (Animations pédagogiques, etc...)

Enfin, nous nous opposerons à toute forme de contractualisation qui précariserait les étudiant·es et dévaloriserait la formation comme l’envisage le ministre à la rentrée 2019.

A l’heure où nous écrivons, nous n’avons pas reçu de document de travail pour ce conseil de formation. Ni élément de bilan sur l’année écoulée, ni même ébauche de plan de formation pour l’année à venir... Madame la Directrice Académique, pour que l’école fasse progresser la réussite de ses élèves, il faut un véritable accompagnement professionnel qui aide les enseignants à travailler en équipe, à résoudre les problématiques complexes du métier, à analyser leurs pratiques et leurs postures. Il faut aussi une formation initiale de qualité pour l’ensemble des stagiaires, c’est une exigence forte pour un service public de l’Éducation ambitieux.


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