Déclaration sur la Hors-Classe

mercredi 4 juillet 2018
par  snu31
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"Ces misères et autres précarités qui semblent n’avoir presque aucun lien entre elles sont le symptôme de cette barbarie qu’il nous faut désigner : le paradigme du profit maximal. Gagner gros, gagner plus, gagner autant que possible et sans autre souci ! Le tout-profit devenu immanent, (...) Tout l’homme (...) se retrouve asservi aux partitions du point de croissance, au tranchant des compétitivités, sous l’insigne de ces légalités où l’emploi n’est plus qu’une soumission à un ordre patronal nostalgique des féodalités. Recherche, justice, éducation, santé, culture… La pénurie règne partout, sauf dans les dividendes exponentiels remis aux actionnaires. Ces misères, ce précaire, cette mise à sac des services publics, cette ruine des solidarités, ces décrochages qui nous menacent tous au cœur du plus avancé de nos siècles heurtent cette idée inscrite depuis les origines dans notre haute conscience et que j’attise ici dans ce désenchantement : la richesse, toute richesse quelle qu’elle soit, surgit toujours des industries de tous !"

Extrait de "Frères migrants" de Parick Chamoiseau Prix Goncourt 1992 avec Texaco.

93 milliards de bénéfices du CAC 40.

47 milliards de dividendes versés aux actionnaires.

500000 euros pour la nouvelle vaisselle élyséenne.

Mais Monsieur le Président de la République française s’offusque "des sommes colossales" (traduction de « fric de dingue ») gaspillées pour les aides aux mères célibataires, pour les chômeur·ses multi-licencié·es, pour les accidenté·es de l’emploi.

Pourtant...

Pourtant, l’aide sociale et les minima sociaux coûtent environ 70 milliards d’euros par an aux finances publiques, soit 3 % du (PIB). Ces prestations contribuent de façon certaine à réduire la pauvreté et les inégalités. Pourtant, face à cela, le coût de « l’assistance aux plus riches » peut être estimé à 150 milliards d’euros par an avec les niches fiscales, les réductions/suppressions de cotisations sociales, les baisse d’impôts, etc. Et 250 milliards si on inclut la fraude et l’évasion fiscales.

L’impact certain de cet assistanat est un creusement des inégalités et en particulier un enrichissement devenu indécent (outrancier !) des très riches : les 500 Français les plus riches gagnent en moyenne 1670 fois plus que la moyenne des Français les plus pauvres !

Excusez-nous de vous imposer ces chiffres choquants, et cela sur la digestion, mais il faut bien poser le contexte pour en venir au contenu de cette CAPD.

L’argent, encore l’argent... Mais pas que.

L’argent, parce que la France sous investit dans l’école, nous en vivons quotidiennement et lourdement les conséquences dans les écoles de la Haute-Garonne.

L’argent, parce qu’après 15 ans d’exercice, les enseignants français du premier degré sont payés 16% de moins que la moyenne des pays de l’Union européenne, soit une différence de plus de 390 euros par mois ! Choquant encore... On comprend alors pourquoi nous aspirons tous à un salaire juste...

Mais pas que... Pas que, parce que qui dit salaire, dit aussi reconnaissance. Reconnaissance d’une fonction dans la société, reconnaissance aussi d’un investissement collectif et individuel dans le métier, dans l’école, dans la mission de service public.

Après des décennies d’engagement dans une profession de plus en plus complexe, découvrir sur son écran une appréciation qui déprécie a de quoi décourager. « On en prend un coup ! », nous disent les collègues... Parce que le système est injuste et inefficace, le SNUipp-FSU est contre la Hors-Classe (et contre la Classe Exceptionnelle).

Notre mandat syndical, c’est la transformation de la hors classe en échelons accessibles à tous dans le cadre d’une refonte globale de la grille. En nous appuyant sur ce principe, nous menons luttes et négociations pour aller au plus près de ce mandat.

Quand dans la circulaire d’application du PPCR, nous obtenons que : « La carrière des agents a désormais vocation à se dérouler sur au moins deux grades », nous en faisons un point d’appui pour aller vers notre revendication.

Quand nous obtenons que ce soit l’AGS qui départage les barèmes égaux, alors qu’initialement c’était l’ancienneté dans le corps des PE qui était prise en compte, ce qui désavantageait lourdement les anciens instituteurs, nous avançons aussi dans nos revendications.

Quand enfin, nous obtenons « une attention toute particulière à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes », nous sommes encore dans une avancée de nos revendications . (Sur le département nous n’y sommes pas tout à fait encore, avec plus de 80% de femmes promues, pour 85% de femmes dans la profession).

Pour autant, nous sommes encore loin du compte.

  • Nous demandons la reconnaissance du travail de toutes et tous, en équipe, et la non mise en concurrence des collègues. Nous demandons l’appréciation « Très Satisfaisant » pour toutes et tous les promouvables à la Hors Classe.
  • De même, le SNUipp-FSU demande qu’une attention particulière soit portée aux collègues partant à la retraite en 2019 ou 2020, afin qu’ils puissent bénéficier de la Hors Classe. C’est l’esprit du nouveau déroulement de carrière (déroulement de la carrière sur deux grades). 112 collègues né-es avant 1960 ne seront toujours pas à la Hors-Classe.
  • Enfin, les avis et les appréciations doivent pouvoir évoluer en même temps que l’évolution professionnelle des collègues. Nous demandons donc une révision de l’avis pour les prochaines campagnes de promotion, notamment pour les personnels qui n’ont pu bénéficier d’un entretien de carrière. Une remarque encore, dans votre système méritocratique que nous contestons, vous faites preuve d’une certaine incohérence.

Par exemple, on retrouve, dans le tableau d’avancement, 32 collègues avec la mention « à consolider » mais avec une note supérieure à 16, donc correspondant à « bien » ou « bien + » dans la grille de notation départementale...

Par exemple encore, dans votre premier projet, on retrouvait 117 collègues au 10° et 11° échelon avec une note de 19 et +, mais non promu·es… Suite à l’intervention du SNUipp-FSU 31 sur cet aspect, vous avez modifié, dans un second projet, les avis à la hausse de 15 collègues au 11° échelon et nous en sommes très satisfaits.

Au final, suite à nos demandes ( prise en compte de l’AGS dans sa totalité, vérification de barèmes incorrects, modification d’avis « de satisfaisant à très satisfaisant »), 22 collègues ont été concernés par des modifications. Si notre objectif est de combattre le mérite, instrument de concurrence, de division et d’assujettissement, nous continuerons à intervenir pied à pied, pour plus d’égalité et de justice dans l’avancement des carrières et les droits des personnels.

Et nous continuerons aussi, mesdames et messieurs, à dénoncer et à combattre les politiques qui favorisent les fortunés et qui creusent de plus en plus des inégalités outrancières...

Nous défendrons les Services Publics en général et le Service Public d’Éducation en particulier, pour son rôle auprès des plus fragiles. Est-ce pour cela que le gouvernement que vous représentez veut les démolir ?

Nous défendrons aussi les instances paritaires et le dialogue social, pour mettre du commun entre les personnels plutôt que des tensions et de la division. Est-ce pour cela que le gouvernement que vous représentez veut les supprimer ?

Nous vous remercions de votre attention.


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