Carte scolaire : Déclaration liminaire du SNUipp FSU 31 au CTsD du 5 septembre 2018

mercredi 5 septembre 2018
par  snu31
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Projet de déclaration liminaire du SNUipp FSU 31 au CDEN du 7 septembre 2018

Edouard Philippe l’a rappelé dans le Monde du 26 août, la suppression de 50 000 emplois publics sera faite. Ce n’est pas comme si on manquait de personnel à l’hôpital public où 15 000 postes seront supprimés ou comme si la France sous investissait dans son école publique. Ce n’est pas non plus comme si les entreprises du CAC 40 n’avaient pas distribué plus de 50 milliards d’euros de dividendes (un record). Heureusement que le gouvernement maintient le CICE et distribue les milliards par dizaine tout ça pour une création au mieux de 200 000 emplois !

Avec la réforme de l’ISF ou l’institution de la flat tax, c’est 14 milliards auxquels renoncent le gouvernement. En fait c’est une manipulation grossière pour justifier l’austérité et la privatisation des services publics. Le budget de l’Etat progresse de 0,8 % donc mois que l’inflation. De même le budget de l’Education nationale avec une augmentation de 1,44 %.

Pas étonnant que les deux tiers des sondés estiment que non seulement E. Macron est le président des riches mais qu’il est en plus de ça contre les pauvres. J’ai bien dit contre les pauvres, pas contre la pauvreté.

Pendant ce temps, messieurs Blanquer et Darmanin nous parlent d’annualisation du temps de travail, d’heures supplémentaires, de contractualisation, de réforme de la formation initiale avec deux années de contractualisation pour entrer dans la carrière, le décrochage entre le 1eret 2nddegré. Voilà qui ne va surement pas régler la crise de recrutement dont souffre le métier d’enseignant.

Il y aurait beaucoup à dire également sur les méthodes de ce ministère qui substitue la politique du fait accompli au dialogue social. Un bon exemple est la modification – pardon, l’ajustement - des programmes des cycles 2, 3 et 4 au cœur de l’été. Ou encore le projet de fusion des écoles maternelles et élémentaires tout ça parce que l’urgence du moment, mesdames messieurs, c’est mettre fin à cette situation choquante : l’absence de petit-chefs dans les écoles. Il paraît que ça coûterait 2800 postes, mais pour cette noble cause le ministère préfère renoncer à la création de postes de psychologues scolaires ou de remplaçant-e-s pour ne citer qu’eux. Voilà plus de 30 ans que l’institution cherche à transformer nos collègues directrices et directeurs en supérieurs hiérarchiques. A cette condition, il accepterait d’augmenter la décharge statutaire. On est en pleine idéologie. Mais au risque de décevoir tous les fanatiques de l’ordre et de l’autorité, ce n’est pas d’un manque de chefs que souffre l’école publique !

Par exemple en Haute Garonne, madame la Directrice Académique, vous n’avez pas les moyens de prendre en compte les ULIS dans la carte scolaire, vous n’êtes pas capable de remplacer les collègues malades, vous n’êtes pas capable d’assurer une formation continue digne de ce nom, vous n’êtes pas capable d’accompagner le projet de mixité sociale en affectant un PDM par nouveau collège de secteur. Vous êtes encore moins capable de faire baisser les effectifs dans les classes de ce département. Et qui pâtit de cette situation ? Ce sont d’abord les élèves les plus fragiles, les enfants des familles les plus éloignées de la culture scolaire et que l’on trouve massivement (à 70 %) hors des réseaux de l’éducation prioritaire.

Dans le même département, votre prédécesseur avait introduit et maintenu l’usage de ne pas prononcer de fermeture de classe en septembre. Il faisait cela par respect des élèves et des enseignants. Vous restaurez les fermetures à la rentrée. Tout le monde sait ce que signifie une fermeture de classe une semaine après la rentrée. Par là, vous réintroduisez une source de difficulté pour les écoles.

Vous revenez également sur l’usage de maintenir la quotité de décharges des directrices et directeurs quand ils n’ont pas eu la possibilité de participer à la première phase du mouvement. Même sous le quinquennat de N. Sarkozy durant lequel le gouvernement supprimait des dizaines de milliers de postes, cette pratique respectueuse des personnels avait été maintenue !

Votre arrivée dans le département, madame la Directrice académique, a pour conséquence une autre dégradation. Les seuils indicatifs REP se différenciaient dans le département entre les nouvelles écoles REP et les anciennes écoles de l’éducation prioritaire. Le SNUipp FSU 31 revendique depuis 4 ans de corriger cette rupture d’équité en alignant les nouvelles écoles sur les anciennes, c’est à dire la minorité sur la majorité. Vous faites le contraire !

Par ailleurs, nous pouvons sans prendre trop de risques affirmer que les difficultés importantes sur Toulouse Nord resteront malgré les mesures homéopathiques prises sur quelques décharges de direction, affirmer que les remplacements cette année ne seront pas effectués, que la formation continue ne sera pas assurée. Que de nombreux collègues et élèves seront en difficultés, quels que soient les secteurs géographiques du département, à cause des conditions qui leur sont faites.

Nous rappelons également que dans ce département, certains psychologues scolaires ont des secteurs de près de 2000 élèves alors que la moyenne européenne est d’un psychologue pour 800 élèves !

Nous pensons que ce n’est pas une fatalité, que ceux sont des choix politiques et que ceux effectués par Edouard Philippe et Jean Michel Blanquer vont aggraver la situation des services publics dont celui de l’éducation.

Merci de votre attention.

Après discussion avec la directrice académique lors du CTsD, une précision : les décharges de direction seront maintenues pour l’année en cours quand des fermetures de classe intervenues en juin ou septembre réduisent la décharge.


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