Conseil de formation du 13 novembre 2018 : la déclaration du SNUipp-FSU 31

mardi 13 novembre 2018
par  snu31
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Madame la Directrice Académique, Mesdames et Messieurs les membres du conseil de formation,

Formation continue

Une fois de plus cette année, sûrement pour ne pas bousculer les habitudes de nos collègues, le plan de formation premier degré aura été publié tardivement, le 17 octobre, avec un calendrier qui prévoit de déposer les actes de candidatures pendant la période des vacances scolaires. Nos collègues ne connaîtront toujours pas le barème ni les critères de sélection retenus, le nombre de candidatures possibles, le nombre de places offertes et la date des formations, qui peuvent influer sur une demande. Dans le second degré, une note de service sur la campagne d’inscription au PAF est publiée le 5 juillet et adressée à tous les enseignants qui peuvent candidater jusqu’au 19 septembre. Les modalités d’inscription et de choix des candidatures sont transparentes, les dispositifs de formation bien identifiés.

Permettez-nous de nous interroger. Comment ce qui se passe dans le second degré reste impossible dans le premier ?

Autre constante, en dehors des questions de forme, depuis maintenant plusieurs années, l’indigence de la formation proposée aux enseignant•es de ce département. Sur 106 pages, 8 seulement concernent des formations à candidature individuelle, la seule formation choisie par nos collègues (dont certaines sont à public désigné et d’autres en distanciel). Pas besoin de 2 mois et demi pour en prendre connaissance, il est vrai. Le nombre de journées stagiaires n’étant pas donné, nous ne connaîtrons pas les volumes de formation proposés au total. Par contre, on ne peut que constater et dénoncer, une fois de plus, la faiblesse du nombre de formations et le format, de 2 jours maximum à 1h, qui empêche toute prise de recul et toute réflexion approfondie sur les problématiques de métier.

Du rapport de l’IGEN sur la formation continue des enseignant•es publié il y a quelques mois et de ses conclusions, vous n’en retiendrez rien. Pourtant, son évaluation de la politique publique sur la formation continue des professeurs du premier degré dresse un état des lieux alarmant et accablant. Sont repérés l’insuffisance des moyens de remplacement, le fait que cette formation est conçue pour piloter, pas pour aider les PE, et la non prise en compte des apports de la recherche… Une formation continue exsangue, qui ne répond plus aux questions de métier qui se posent ni aux besoins du terrain. Dans une école en constante évolution, évolution des publics avec le creusement des inégalités et l’inclusion scolaire, évolution des contenus d’enseignement, des prescriptions (quoique sur ce point, on peut compter sur les kits fournis par notre ministre), évolution de la recherche, de toute la recherche ( et là, c’est moins sûr du côté du ministre…), les enseignant•es ont besoin de suivi, d’accompagnement, de mise à jour de leurs connaissances, de temps d’échanges sur leurs pratiques.

Or, en dehors des formations statutaires, direction, CAPPEI, éducation prioritaire, pour la grande majorité des PE lambda, il n’y a presque rien…

Animations pédagogiques

L’IGEN souligne également avec force que les 18 heures d’animation pédagogique ne peuvent à elles seules tenir lieu de formation continue. Or notre ministre, qui confond animations pédagogiques et formation continue, impose, cette année, leur contenu (2X9h consacrées au français et aux mathématiques) transformant ces temps en séances de transmission de la doxa officielle, et les formateur•trices en répétiteur•trices. Loin d’une « École de la confiance », JM Blanquer veut mettre au pas les enseignant•es, en faire de simples exécutant•es en niant leur liberté pédagogique et leur professionnalisme au prétexte d’une « vérité scientifique » unique qui, en réalité, relève de partis pris. Toutes les animations pédagogiques cycle 2 de notre département, à quelques exceptions près (deux en compréhension), auront donc pour thème la lecture et l’écriture avec une focalisation sur l’apprentissage du code, tel que prescrit dans le livre orange de notre ministre.

Reconnaître les enseignant•s, les soutenir, les valoriser et miser sur une vraie formation initiale et continue de qualité seraient de bien meilleures réponses aux défis posés au système éducatif français.

Enfin, asphyxié•es par des rythmes de plus en plus fous, les enseignant•es ont besoin de souffler et de s’organiser. La multiplication des animations placées le mercredi après-midi ou le soir après la classe les épuisent davantage. Nous demandons que les IEN offrent une véritable possibilité de choix, tant au niveau du contenu qu’au niveau du créneau.

Rappelons que l’OCDE estime que « la formation professionnelle continue a autant d’importance, si ce n’est plus parfois, que la formation initiale dans le succès d’un système éducatif. »

Formation initiale

Face à l’état désastreux de la formation continue, on pourrait imaginer que le bagage acquis lors de la formation initiale serait suffisant pour enseigner tout au long d’une carrière ???

Non certainement pas, avec des stagiaires utilisés comme des moyens d’enseignement, à mi-temps hebdomadaire en responsabilité de classe et avec seulement 250 h de cours pour appréhender tous les aspects de notre métier. La classe happe toute leur énergie empêchant la prise de recul et les allers-retours indispensables entre théorie et pratique.

D’après de premiers retours d’enquêtes, les PES se sentent, comme les années précédentes, débordés, stressés, en difficulté, voire en souffrance. Après une année dite de formation, ils feront en septembre suivant leur entrée dans le métier mal préparés, avec des compétences professionnelles insuffisantes pour faire face aux problématiques de métier. Une collègue nouvellement titularisée et ex PES 2017-2018 ici présente nous apportera son témoignage sur ces questions.

Déficit de formation et surcharge de travail pour les stagiaires, c’est pour ces raisons que le SNUipp-FSU demande depuis 2014 une remise à plat de la réforme.

Mais reprenant à son compte la plupart de ces constats, notre ministre s’apprête à réformer la formation initiale au prix de fortes régressions poursuivant sa volonté de déprofessionnaliser les enseignant•es et d’économiser moyens financiers et humains. Diminution du volume de la formation universitaire, dégradation du lien avec la recherche, mise en avant du « compagnonnage », mise en responsabilité d’étudiant•es dès la L2, de répétiteur•trices à remplaçant•es, précarisation des étudiant•es et de leurs parcours de formation, perte du statut protecteur de fonctionnaire stagiaire pendant la formation, mise sous tutelle des ESPE qui seraient vidées de leurs formateurs, resserrement autour des fondamentaux ( on y revient…).

Pour le SNUipp-FSU, cette réforme est inacceptable et nous la combattrons.

Le SNUipp-FSU 31 apporte tout son soutien aux personnels de l’ESPE hier en grève pour refuser cette réforme dangereuse pour le service public d’éducation.

Parce qu’on ne résoudra pas les inégalités scolaires sans des enseignants bien formés, il faut une réforme de la formation ambitieuse capable de fournir au service public les enseignant•es de qualité dont les élèves ont besoin.

Depuis son arrivée, la politique éducative menée par JM Blanquer tourne le dos à l’objectif dont le SNUipp-FSU est porteur celui de la démocratisation du système scolaire.


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