CAPD du 25 janvier, LA DECLA...

vendredi 25 janvier 2019
par  snu31
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Déclaration liminaire du SNUipp-FSU 31 – CAPD du 25 janvier 2019

Madame la Directrice Académique,

Tout d’abord si, suite à cette déclaration, vous souhaitez nous convoquer, comme ça a été fait pour notre collègue de Dijon, nous convoquer pour manquement “à l’exemplarité”, ou pour “dénigrement de l’institution scolaire” (cf. article 1 dans le projet de la loi pour une école de la “CONFIANCE”), sachez que nous ne ferons pas entrave à la belle justice de ce pays des droits de l’homme. Immédiatement, nous obtempérerons... Mais pas trop longtemps quand même, nous devons manger et ensuite faire le compte-rendu de cette CAPD. Nous en profitons pour faire une annonce et appeler nos collègues à signer la pétition : https://liberte-expression.fsu.fr/)

Continuons sur les droits de l’homme. En cette année 2019, seront fêtés les 30 ans de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. La France, pourtant signataire, continue de bafouer les droits de l’enfant du fait de politiques publiques insuffisamment protectrices, voire discriminatoires. Certaines pouvant même porter atteinte aux conditions de vie des enfants et des jeunes. Le sous-investissement dans le service public de protection de l’enfance s’aggrave et ne permet plus la mise en place des mesures de protection demandées par les juges, ce qui laisse beaucoup trop d’enfants dans des situations de grand danger.

Ce beau pays des droits de l’homme inquiète aussi Amnesty International et la Ligue des Droits de l’Homme, lesquels, évoquant les violences policières dénoncent “une volonté explicite de blesser”. Et elle est confirmée : lors des différentes manifestations des Gilets Jaunes, ont été recensées près d’une centaine de blessures graves, pour nombre d’entre elles irréversibles ( perte d’un œil, amputations, etc.). Il y a ces terribles blessures et amputations physiques, et il y a aussi ces humiliations psychologiques, telles celles qu’ont subies ces dizaines de lycéens parqués et alignés à genoux, mains sur la nuque. On se serait cru à une autre époque et dans un autre beau pays des droits de l’homme de l’Amérique du Sud ... Petit rappel des principales revendications portés d’actes en actes par les Gilets Jaunes : répartition des richesses, justice sociale, nouvelle et véritable démocratie,… Ça pourrait pourtant bien coller dans un pays des droits de l’homme non ? Cela n’a malheureusement pas sa place dans le grand débat et la grande lettre de “celui qui dit ouvrir les oreilles”, mais ferme les yeux, et nous confirme par avance que rien ne changera, surtout pas son cap libéral qui creusera encore plus inégalités et injustices tout en poursuivant la destruction de notre planète... Allez, on passe encore une annonce : la FSU avec la CGT et Solidaires appellent les collègues à participer massivement à l’acte XI, ce samedi 27 janvier 14h à Arnaud Bernard. Acte XI, qui devrait à nouveau être l’occasion d’une convergence avec la marche pour le climat.

Dans notre champ de l’éducation, nous en sommes à l’acte II des évaluations... Rien ou presque ne change malgré l’interpellation de tous les syndicats qui ne sont encore une fois pas pris au sérieux dans ce pseudo dialogue social. Alors bien sûr, nous appelons les équipes et les collègues à ne pas rentrer dans la culture de l’évaluation de M. Blanquer, dont les réels objectifs sont de plus en plus clairs, avec l’inscription dans le projet de loi “pour une école de la CONFIANCE” de l’évaluation des établissements et la création d’un nouveau conseil d’évaluation (article 9). Avec le SNUDI-FO31, la CGT31, et SUD31, nous appelons les enseignant-es à ne pas faire passer ces évaluations et les conseils de maîtres à s’emparer de la question. Le SNUipp-FSU soutiendra toutes les équipes engagées dans cette démarche. ( article : Le SNUipp-FSU appelle tous les enseignant-es à ne pas faire passer les évaluations CP)

Concernant toujours l’école, celle que vivent nos collègues. Cela fait maintenant plusieurs années que nous alertons sur les grandes difficultés vécues par des équipes et des écoles face à des situations d’élèves compliquées. Nous saluons donc l’envoi, dans les écoles, du “protocole départemental pour la prise en charge des élèves en difficulté de comportement” qui représente avant tout une reconnaissance de ces situations et des difficultés et souvent des souffrances qu’elles engendrent. Ce protocole a donc le mérite d’exister, mais, vous en conviendrez, il risque d’être largement insuffisant pour régler bon nombre de situations. Beaucoup des actions proposées sont déjà mises en œuvre dans les écoles concernées et elles nécessiteraient des moyens non prévus dans le protocole, comme des enseignants supplémentaires, la possibilité de dégager du temps pour les collègues, etc. Surtout, nous devons nous interroger sur la multiplication de ces situations graves. Y aurait-il un lien avec le millier de places manquant dans les établissement spécialisés ? Y aurait-il un lien avec la suppression de postes de RASED dans les écoles et le manque de psychologues ? Y aurait-il un lien avec le manque de moyens de certaines écoles non classées en éducation prioritaire ? ... Après les causes, il y a les solutions qui passent forcément par des créations de places en établissement spécialisés, par la restauration et le développement des RASED, par une véritable formation continue, par une baisse des effectifs, par la prise en compte des ULIS pour les opérations de carte scolaire, par le recrutement en nombre suffisant d’AESH avec un statut pérenne, un salaire décent et une véritable formation. Troisième annonce : le mercredi 6 février à 15H devant la préfecture, rassemblement pour un véritable métier et une reconnaissance professionnelle des AESH.

Toujours dans le cadre du non dialogue social, nous arrive cette année l’opération "Ce bel algorithme qui te veut du bien". Nous avons nommé-là la nouvelle circulaire du mouvement. Supprimer la deuxième phase informatisée, qui permettait aux collègues d’affiner leurs choix dans la transparence et l’équité d’un barème, pour la remplacer par un algorithme inconnu qui affectera d’office, est-ce vraiment un progrès humain ? Outre le fait que nous redoutons les dysfonctionnements de mise en place, nous vous alertons sur les difficultés et les souffrances que va engendrer une multiplication des affectations contraintes, notamment pour nos jeunes collègues. Et cela dans l’opacité et le manque de transparence ! Quatrième annonce donc : mouvement en danger : rassemblement unitaire à l’appel de SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-UNSA, CGT éducation, SUD éducation le mercredi 30 janvier à 14h devant le rectorat.

Nous terminerons par les Rendez-vous manqués. Nous rappelons que nous sommes contre les grades, que ce soit la HC ou la Classe exceptionnelle. Nous revendiquons une carrière cylindrique, c’est à dire sans différenciation. Le système actuel fondé sur la note ou une appréciation, relève de l’idéologie du mérite tel que le définit l’employeur. Quoi qu’il en soit, nous demandons que l’AGS soit l’élément prépondérant du barème. Nous vous avons déjà alertée sur le mal vécu de certains rendez-vous carrière. On est encore trop souvent sur l’ancestral modèle infantilisant de l’inspection sanction. Mais même quand ces rendez-vous se passent à peu près bien, des collègues se sont ensuite senti·es humilié·es et meurtri·es par des compte-rendus décalés et des appréciations incohérentes. Cela doit changer. Nous rappelons que cette appréciation est lourde de sens pour nos collègues, c’est toute leur implication professionnelle qui est ainsi déjugée. Certain·es ressentent une injustice, se sentent humilié·es et victimes de l’arbitraire. Que dire quand un avis "à consolider" est prononcé sans aucune rencontre entre l’IEN et le ou la collègue ? Que dire quand l’incohérence est flagrante entre la note pédagogique, les états de service, et l’appréciation finale posée ? Nous demandons le réexamen des situations, la révision de l’avis et la suppression de l’appréciation "A consolider" qui n’a aucun sens. Nous demandons également que le compte rendu du rendez-vous de carrière ne soit pas définitif avant un échange avec l’enseignant·e autour de la grille. Enfin, tous les collègues, y compris celles et ceux de la première vague, session de 2018, y compris celles et ceux qui pour telle ou telle raison sont les oublié·es des RV, tous les collègues doivent avoir le droit de voir leurs recours examinés quand ils saisissent la CAPD. Nous vous demandons d’accéder à leurs demandes. Il en va de leur respect.

Et dernière minute, nous venons d’apprendre qu’un individu se faisant passer pour Jean-Luc Godart souhaiterait faire un remake du film d’André Téchiné ( Rendez-vous) et filmerait sans autorisation ! En clair, un·e IEN a-t-elle, a-t-il le droit de filmer un·e collègue et sa classe lors d’un rendez-vous "carrière" ?

Nous vous remercions de votre écoute et nous tenons à votre disposition, mais.... ce n’est pas tout à fait fini...

P.S. : Lors des dernières élections professionnelles, les collègues, encore plus nombreux, ont à nouveau placé le SNUipp-FSU en tête, en France, sur l’académie, et ici même en Haute-Garonne. Nous sommes ravi·es de représenter les collègues et nous prenons très à cœur cette grande responsabilité qu’ils nous ont confiée. Toutefois, nous regrettons encore une fois que l’on entrave cette mission de représentativité et de travail syndical indispensable de l’une de nos élu·es, qui siège en CAPD, en CAPA, en CTA et en CHSCT mais voit la conciliation entre son activité professionnelle de psyEN en quartier très prioritaire et ses missions de représentante du personnel mise à mal. Cela par le fait que, malgré nos nombreuses demandes, elle ne soit toujours pas complétée sur son poste. Nous réitérons donc solennellement ici cette demande.


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