capd du 11 mars : la décla !

lundi 11 mars 2019
par  snu31
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Déclaration du SNUipp - FSU 31 à la CAPD du 11 mars 2019

Madame la Directrice Académique,

« Dans le climat actuel, des événements peuvent parfois conduire à oublier la posture professionnelle qui doit être la nôtre en toutes circonstances. C’est la raison pour laquelle je crois utile de rappeler à tous la neutralité dont tout fonctionnaire doit faire preuve dans l’exercice de ses fonctions (propos ; attitudes ; documents produits ou distribués ; utilisation des réseaux sociaux ; etc.).

De même, il n’est pas inutile de rappeler la juste mesure dont vous devez faire preuve également, et y compris en dehors de votre cadre professionnel. Ce simple rappel à votre attention concerne bien sûr l’ensemble des personnels de votre école. Je veux croire que votre vigilance permettra d’éviter que ne se surajoutent à vos tâches quotidiennes, les situations conflictuelles qui pourraient résulter de tels manquements » Signé, un IEN de l’école de la confiance dans la Seine et Marne, au lendemain d’une mobilisation contre une fermeture de classe...

Belle illustration de déclinaison de l’article 1, non pas des NON-droits de l’Homme, mais de la loi pour l’école de la confiance. Il faut donc encore et encore rappeler que la liberté d’opinion est ENCORE garantie aux fonctionnaires. Ce principe est inscrit dans l’article 6 de la loi du 13 juillet 1983 dite « loi Le Pors » portant droits et obligations des fonctionnaires :

Tout collègue a le droit, comme tout citoyen ou citoyenne, d’exprimer son opinion, de participer à une manifestation publique, de signer une pétition et s’exprimer sur les réseaux sociaux...… De même, la liberté syndicale est un principe constitutionnel et le droit syndical ne peut être entravé, comme cela se fait ici, dans ce département de la Haute-Garonne, lorsqu’une IEN, couverte par sa hiérarchie, se permet d’en refuser une application. (Voir RIS et animation pédagogique, CAPD du 22 février) Nous ne lâcherons pas sur ces droits, cela est bien trop important pour les libertés auxquelles nous sommes attachés.

Venons-en donc au sujet de cette CAPD : l’argent et le mérite. Pardon, les accélérations de carrière suite à des rdv carrière, outils de classements et de tri entre les collègues méritant-es, et les autres...Une CAPD dont l’ordre du jour nous place, de fait, au coeur des revendications qui secouent le pays depuis plusieurs mois, puisque l’avancement a un impact direct sur le salaire et donc le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Nous rappelons que sur l’avancement, seule façon de voir nos salaires augmenter en ces périodes de gel du point d’indice, le SNUipp-FSU défend toujours l’idée que tou-te-s les enseignant-e-s doivent progresser au même rythme, le plus rapide, comme cela se passe dans d’autres corps de l’Education Nationale. Une carrière cylindrique donc et déconnectée de l’évaluation professionnelle.

Après avoir consulté les documents préparatoires, nous constatons que l’élément discrimant utilisé pour départager les collègues (avec la même appréciation finale) est l’ancienneté dans le corps des PE et non pas l’AGS. Ces critères de départage n’ont jamais fait l’objet de discussion avec les délégué-es du personnel. Pour le SNUipp-FSU 31, c’est un choix injuste pour les collègues ayant une carrière antérieure dans une des trois fonctions publiques ou ayant commencé leur carrière dans le corps des instituteurs et nous demandons que l’AGS soit le discriminant pris en compte pour départager les collègues.

Par ailleurs nous nous interrogeons sur la presque concordance miraculeuse entre le nombre d’avis « excellent » et le nombre de promotions accélérées… Cela prouve bien que le « mérite » est un leurre, car le quota de 30 % est une contrainte purement administrative et budgétaire.

Pour autant, c’est vrai, cela s’est quand même un petit peu amélioré. Avant. Avant ce n’était pas vraiment mieux. Avant, lorsqu’il y avait 3 vitesses d’avancement dans la Classe Normale ( ancienneté, Choix et Grand Choix), la différence accumulée sur une carrière entre un-e collègue avançant à l’ancienneté et un-e collègue avançant au grand choix pouvait théoriquement s’élever à plus de 150 000€ . Une maison ! Pas un appartement place du Capitole, mais une petite maison quand-même, excentrée, certes....

Et maintenant. Maintenant, le même calcul, entre un-e collègue jamais accéléré-e et un-e collègue accéléré-e d’un an au 7° et d’une autre année au 9°, donne une différence de 10300 €... ça fait encore une belle somme. Mais reportée à la carrière, cela fait 20€ par mois, soit un café par semaine et un abonnement à Télérama. Un abonnement à Télérama ! Et sur toute la carrière ! ...Ou un abonnement à Gala, pour rêver à ceux qui habitent un super appart Place du Cap... Alors ? Alors pourquoi nombre de nos collègues ont-ils à redire sur ces promos et rdv (de carrière) manqués ? Parce qu’ils ne pourront pas se payer un abonnement à Télérama ? Que néni... .

Cela n’est bien sûr pas affaire d’abonnement. Cela est avant tout affaire de reconnaissance.

Besoin de reconnaissance par le salaire, quand on sait que l’enseignant-e et particulièrement l’Instit français est très très mal payée par rapport à ses homologues européens (par exemple en Allemagne, après 15 ans d’ancienneté le salaire est de 3 968€ contre seulement 2 102€ en France ....)

Petite incise : Nous profitons de ce passage sur les salaires pour nous indigner sur l’avancement automatique d’échelons qui n’a toujours pas été régularisé sur le dernier salaire de février. Doit-on rappeler que nos nouveaux collègues perçoivent 1400 € par mois, soit 1,23 fois le SMIC indemnités comprises ! Alors comprenez qu’ils les attendent ces 200 euros d’écart entre l’échelon 1 et l’échelon 2 auxquels ils sont tous passés au 01/09/2018, date de leur titularisation. C’est inadmissible ! Au mieux, certains pourront peut-être percevoir la prime d’activité, aide sociale accordée aux catégories de travailleurs au pouvoir d’achat le plus faible ! Après cinq années d’études supérieures, la préparation d’un concours de catégorie A, ils sont moins payés que s’ils occupaient un poste de cadre dans un autre service public ou dans le secteur privé. Enfin, restent aussi et encore les nombreux retards persistants d’ISSR qui parfois peuvent aller jusqu’à 2000€, souvent sur des petits salaires de débutant-es ! Inadmissible encore… fin de l’incise.

Avec la reconnaissance salariale, s’exprime aussi le besoin de reconnaissance professionnelle. Quand de mauvaises cases biffées débouchent sur une appréciation dévalorisante, cela est très lourd de sens pour les collègues. C’est parfois toute leur implication professionnelle qui est ainsi déjugée. Certain•es ressentent une injustice, se sentent humilié•es et victimes de l’arbitraire. Mais, enfin, nous dit-on, tout le monde ne peut pas être excellent... Et bien voyez-vous, cette affirmation fait partie d’une idéologie que nous ne partageons pas. Si nous revendiquons une autre école, c’est justement à l’opposé d’une école du tri. De la même manière que nous ne voulons pas trier nos élèves, nous ne supportons pas non plus, à notre tour, d’être TRIE-S, voir étrié-es...

C’est une composante de technique managériale que nous refusons, et qui est loin d’avoir fait ses preuves, notamment quand on lui substitue une dynamique du groupe, du collectif, de la coopération...

Nous profitons donc de cette CAPD pour exprimer tout cela, et nous le ferons aussi dans la rue, les 15, 19 et 30 mars, pour une autre école, une autre Fonction Publique, une autre société.

Joli mois du printemps en perspective !


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