CAPD 1er juillet : La décla

lundi 1er juillet 2019
par  snu31
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Déclaration liminaire du SNUipp-FSU 31 – CAPD du 1er juillet 2019

Madame la Directrice Académique, Mesdames et Messieurs les membres de la CAPD,

  Ambiance fraîche... « Garder les enfants dans une ambiance fraîche », recommande le ministre du fin fond de son bureau climatisé... Comment faire quand il n’y a pas de rideaux, pas de cour ombragée, pas d’isolation ? ( dans les écoles, pas dans le bureau du ministre...) En pleine canicule, ambiance fraîche... nouvelle illustration de la méconnaissance des réalités, pas si fraîches que ça, du terrain.

Heureusement, sur Toulouse, nous avons eu un coup de téléphone du Père Noël, ou du moins en avait-il la voix... Il nous donnait plein de bon conseils, nous incitait à être prudent·es, etc. Mais tout comme le Père Noël, lorsqu’on voulait l’interrompre pour faire la commande, exprimer une remarque, un besoin, il continuait à parler... Pour en profiter encore, il n’y a plus qu’à espérer qu’il y ait d’autres journées de canicule avant les élections municipales...

Plus sérieusement, alors que les politiques libérales menées nous conduisent vers des évolutions climatiques dramatiques, il est temps de prendre la mesure des réalités et de proposer de vraies solutions. Ainsi pour ce mois de juin, mais aussi pour les fois suivantes, le ministre se doit d’assumer ses responsabilités face à ce genre de situation inquiétante. Il se doit de diffuser des consignes rappelant la possibilité de procéder partout où cela s’avère nécessaire, notamment là où les équipes enseignantes l’estiment indispensable, à la fermeture des écoles. Dans ce cas, il appartient aux municipalités ( Monsieur le Père Noël, donc...) d’organiser des accueils pour les enfants qui ne peuvent être pris en charge dans leurs familles...

Cessons donc de nous voiler la face, et attaquons-nous de manière urgente aux conséquences des évolutions climatiques, mais aussi et surtout aux causes, que tout le monde connaît, et qui nécessitent une autre façon de penser la société, qui nécessitent une transformation de la société... pour installer une société où fin de mois et fin du monde ne seront plus d’actualité...

Concernant le mouvement et ses résultats, nous ne savons pas comment la qualifier, mais l’ambiance n’était pas au top non plus. Plus de 200 collègues en affectations contraintes, et près de 700 TRS en attente d’affections incertaines ! Ça fait du monde, et ça fait beaucoup d’écoles aussi dans l’incertitude ...

Nous l’avons déjà dit, ce mouvement est une catastrophe, et pas seulement en raison de bugs techniques et d’une impréparation ministérielle qui frise l’amateurisme, mais aussi et surtout parce que cette procédure ne tient pas compte des réalités, de celles des écoles comme de celles des personnels. Encore une fois, Madame la DASEN, nous vous demandons de trouver des solutions pour tous les collègues injustement impacté·es ( éloignement impossible et intenable, nomination de débutant·es sur des postes compliqués d’ASH ou de direction, situations personnelles et professionnelles graves, etc...) Vous devez répondre à tou·tes ces collègues, à toutes ces écoles.

Pour ce qui est des collègues dont le poste a fermé 6 jours avant le résultat du mouvement ( mais où est la logique ?), il est inacceptable qu’elles et ils soient pénalisé·es et n’aient pas le choix d’une réaffectation...

Et ce n’est pas fini... les affectations des TRS sont prévues après le 15 juillet. Un « après » qui, à ce rythme, pourrait se transformer en « juste avant la rentrée », ou « à la rentrée », ou « juste après ».… Et puis il y a les autres, les délégations, les réaffectations, etc... un mouvement sans fin qui place écoles et collègues dans des conditions de fonctionnement inadmissibles, dans des conditions de travail encore dégradées...

Et comme si cela ne suffisait pas, cette année encore, nos collègues voient leurs droits à travailler et vivre dignement encore attaqués, avec à nouveau des refus massifs de temps partiels, de disponibilités, de détachements... Nous allons étudier les recours de nos collègues et nous vous demandons solennellement d’entendre ces demandes et d’y répondre humainement et favorablement...

Autre point à l’ordre du jour, la Hors-Classe. Rappel : ce grade, ainsi que celui de la classe exceptionnelle, ne fait pas partie de nos revendications. Ces grades nous divisent, nous trient, nous dégradent....

Ce que nous revendiquons, c’est un seul grade, une seule grille avec indice terminal à 1000 ( 3° chevron de la classe exceptionnelle) et avancement le plus rapide pour toutes et tous.

Dans ce cadre, qui n’est pas le nôtre, nous notons néanmoins une augmentation des flux. Contrairement à la campagne menée par un syndicat qui prévoyait une baisse, le nombre de promu·es à la HC aura augmenté de 315 en 2017 à 1 945 en 2018, et devrait progresser d’environ 1 850 en 2020 pour atteindre et rejoindre le taux du secondaire ( 17%).

Pour autant, même si le nombre de retraité·es parti·es sans être intégré·es a bien diminué, l’engagement d’effectuer sa carrière sur 2 grades et l’attention particulière aux retraitables ne seront pas encore tenus. Nous vous demandons donc d’intégrer à la HC les collègues proches de la retraite, notamment les anciens· institutrices·eurs.

Nous avons compté, parmi les non-promu·es, 47 collègues né·es entre 1953 et 1958. Tous auront donc 62 ans et plus en 2020. Il y a parmi eux des collègues avec des carrières longues, ex-instits, qui n’attendent certainement que le passage à la Hors Classe pour faire valoir leur droit à pension. Deux seront atteints par la limite d’âge (nè·es en 1953) 10 sont pénalisé·es par l’appréciation « A consolider », appréciation qu’il faut bannir de notre département comme d’autres DASEN l’ont fait. Malgré leur 11e échelon et leur AGS importante, cette appréciation méprisante les empêche d’accéder à la Hors Classe. 19 collègues au 11e échelon avec l’appréciation « Satisfaisant » ne sont pas promu·es.

Puisque PPCR dit garantir le principe d’une carrière sur 2 grades pour les enseignants du 1er degré, nous vous demandons de faire en sorte que cela devienne une réalité pour les collègues les plus anciens, avant leur départ à la retraite, quel que soit leur échelon.

Nous notons positivement le fait que 85 % des promu·es soient des femmes, ce qui répond à une revendication du SNUipp-FSU.

Enfin, il faut encore rappeler que le salaire des enseignants du primaire est de 16% inférieur à celui de leurs homologues des autres pays de l’OCDE, un écart qui monte à 29% quand on le confronte aux onze pays comparables. Les enseignant·es du primaire sont rémunéré·e à leur sortie du concours à peine 20% au-dessus du SMIC et leur salaire stagne encore pendant les premières années d’exercice. Un fait qui n’est pas sans lien avec la perte d’attractivité du métier.

Mme la Directrice Académique, lors du conseil de formation du 28 juin, vous nous avez reproché d’être négatifs et contre tout. Mais de quoi nos collègues pourraient-ils et elles se réjouir ? 

  • du mouvement intra-départemental : non, c’est une catastrophe
  • du respect des droits des personnels : non, vous refusez le droit à temps partiel, à disponibilité, à détachement et vous mettez à la porte des dizaines d’AESH avec mépris en refusant de recevoir en audience les délégué·es du personnel...
  • de notre dotation départementale en poste : non, la Haute-Garonne a quasiment le plus mauvais P/E de France
  • de nos salaires : non, le ministre lui-même en convient...
  • de l’annonce de notre formation continue sur le temps de vacances : non, quelle profession accepterait de se former pendant ses vacances et quel mépris, quand on sait que les enquêtes institutionnelles confirment des semaines de 44 heures pour les PE et 11 jours de travail invisible pendant les vacances !
  • des CP et CE1 à 12 : non, c’est une mesure faite à moyens constants, elle se fait sur le dos des autres élèves en augmentant les moyennes des classes non dédoublées et en supprimant les PDMQDC dans les écoles les plus fragiles
  • de la scolarisation des élèves en situation de handicap : non, par manque de moyens, de personnels formés, de Rased, cela se fait dans des conditions compliquées...
  • de l’instruction obligatoire à 3 ans : non, cette mesure remet en question la scolarisation des TPS en éducation prioritair, scolarisation pourtant indispensable dans ces quartiers !
  • des injonctions pédagogiques datant d’un autre siècle et dont on connaît les résultats néfastes sur la réussite scolaire des élèves : non, c’est une nouvelle attaque contre la professionnalité des PE
  • du pilotage par des évaluations standardisées qui ont tant fait de ravages dans les pays anglo-saxons qu’elles ont été abandonnées : non
  • de la limitation du droit d’expression des enseignant·es : non
  • de la liquidation des instances paritaires, ce qui confisquera aux élus du personnel leur rôle de vérification et d’intervention, ils ne pourront plus assurer transparence et équité dans les opérations de gestion de la carrière de toutes et tous : non
  • de la contractualisation déjà à l’œuvre et qui va s’accélérer : non
  • de la répression policière qui violente, blesse, estropie... non

Cette liste n’est pas exhaustive... et nos mobilisations ont empêché une partie des projets du ministre, projets dévastateurs pour le service Public d’Éducation. Et de cela, oui, nous pouvons nous réjouir. Du fait que depuis quelques mois, parents et enseignant·es ont relevé la tête pour s’opposer aux politiques néfastes. Du fait aussi que notre jeunesse se mobilise pour sauver la planète, de cela oui...

Mais, dites-nous, vous, de quoi doit-on se réjouir Mme la Directrice Académique, pour l’école et celles et ceux qui la font au quotidien, de quoi ? Aidez-nous, on ne trouve pas...

Ah, si, peut-être ! Du coup de téléphone du Père Noël...


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