Déclaration au CDEN du 6 septembre : changement de ton ???

vendredi 6 septembre 2019
par  snu31
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Madame la Directrice Académique,

Mesdames et messieurs les membres du CDEN,

Changement de ton. C’est ce qu’on entend, ou plutôt ce qu’on voudrait bien nous faire entendre…

Monsieur Macron, changement de ton. Et Monsieur Blanquer aussi, changement de ton.

Cette volonté d’affichage d’une virtuelle ouverture, d’une écoute, d’une bienveillance comme on dit, n’a bien sûr aucun lien avec de futures échéances électorales.

Aucun lien non plus, avec la chute de popularité d’un ministre de l’Education dont les néfastes effets de ses lois et réformes ont été démontrés lors des mobilisations des parents et enseignants et également de certain-es élu-es. Le ton, c’est bon, mais de là à nous prendre pour des « jambons » … c’est non ! Annoncer aux enseignant-es une revalorisation salariale d’une trentaine d’€ maximum, quand cette « micro revalorisation » a été mise en place par le précédent gouvernement et repoussée par l’actuel, est-ce de bon ton ?

Changer de ton pour ne rien changer, qu’est-ce que ça change ?

Changer de ton, sans changer de voie ( V-O-I-E), qu’est-ce que ça change ?

Changer de voie, ce serait tourner le dos à la marchandisation de l’Ecole, tourner le dos à la caporalisation de la profession, tourner le dos à une école inégalitaire qui renforce les déterminismes sociaux… Ce serait la mise en place d’une politique éducative pour une école égalitaire et émancipatrice…

Changer de voie, ce serait écouter celle des enseignant-es ( V-O-I-X cette fois-ci ). Prendre en compte leur expertise, leur professionnalité, mais aussi leurs demandes et leurs besoins, par exemple d’une véritable formation continue construite autour de valeurs et projets de réussite et d’émancipation, et non pas un plan de formatage pour nous faire ingurgiter guides et prescriptions institutionnelles…

Changer de voie, ce serait reconnaître que le mouvement à la « sauce Blanquer » est une catastrophe. Et tout particulièrement dans notre département en cette rentrée où règne une pagaille générale ! Et tout cela avec l’interdiction de faire deux journées de pré-rentrée dans les écoles.

Ce mouvement, met à mal écoles et personnels pour une rentrée pour le moins compliquée : écoles sans direction, classe sans enseignant-e, enseignant-e sans classe, erreurs dans les affectations et les mesures de carte scolaire, non respect de la règle collective pourtant écrite par vous-même, affectations contraintes, affectations en double, fractions de poste de TRS regroupées en dehors de toute logique, remplaçant-es en nombre bloqué-es à l’année, collègues à temps partiel dans l’incapacité de s’organiser, ordre et contre ordre, etc…

Tout est loin d’être réglé à ce jour. Il ne faut pas utiliser le mot mépris nous dit-on mais c’est pourtant le sentiment exprimé par de nombreux collègues. Comment se fait-il que nos collègues ne puissent pas avoir d’interlocuteur sur leur affectation ou sur toutes les questions administratives en général ? On se demande souvent s’il y a un pilote à bord ?

Nos alertes pendant tout l’été et dès mi août ainsi que celles des collègues se sont démultipliées. Mais toutes sont restées sans réponse, plongeant plusieurs collègues et écoles dans de grandes incertitudes et les mettant en difficulté. Est-ce mieux pour les élèves, pour les enseignant-es et pour le service public d’éducation ?

Pour cette rentrée, il fallait bien un-e enseignant-e devant chaque classe, boucher les trous, à tout prix, dans l’urgence, peu importe la méthode et qu’importe le « moyen » alors, en plus des « mal affectations », plusieurs dizaines de contractuel-les sont déjà recruté-es. Et nous pouvons y ajouter le blocage de remplaçant-es, dès maintenant, sur des postes à l’année qui ne laisse présager rien de bon concernant le remplacement pourtant abondé (insuffisamment) lors des instances de Carte Scolaire.

Alors ce n’est pas en sanctionnant à nouveau les personnels par des refus d’autorisation d’absence avec maintien du salaire sur des situations sociales telles qu’un rendez-vous médical chez un spécialiste, ou même pour participer à des obsèques que vous réglerez le problème du remplacement dans ce département. Ne vous trompez pas de cible...

Changer de voie, quelque soit le ton, ce serait programmer un recrutement à la hauteur des besoins en rendant le métier attractif (pas sûr que les +30 € mensuels soulèvent les foules…) et un appel massif immédiat à des listes complémentaires abondées. Cela permettrait de desserrer l’étau sur les personnels en termes de droits aux temps partiels, droit à la disponibilité, droit aux détachements, droits aux permutations… cela rendrait d’ailleurs le métier plus attractif, justement...

Quoiqu’il en soit, nous ne pouvons en rester là pour cette rentrée, en rester aux erreurs, aux mauvaises affectations, aux non prises en comptes des collègues et des écoles. Nous notons, Madame la DASEN, que vous avez répondu favorablement à notre demande, et qu’une instance se tiendra dès la semaine prochaine pour travailler sur ces dysfonctionnements et apporter des réponses aux situations difficiles des écoles et des collègues. Il était bien sûr impossible d’éviter le sujet du mouvement, de ses conséquences et de cette rentrée.

Mais venons en maintenant à la carte scolaire.

Pour commencer, nous continuons à dénoncer les injustices créées dans cette campagne, entamée au CT de février, poursuivi au CT de juin et qui se termine aujourd’hui par ce CDEN. Injustices pour les écoles victimes de fermetures, et qui ont pourtant vu les effectifs remonter au dessus du seuil en septembre. Les fermetures devraient être annulées, comme cela se faisait les autres années. Nous citons, entre autres, l’EMPU Yvette Raynaud à Roques, l’EEPU GOYRANS, l’EEPU Françoise Dolto à Castanet Tolosane, EPPU Jean Paul Laurens à Fourquevaux, EEPU Marcel Pagnol à Castelmaurou, EMPU Bourliaguet à Toulouse, EEPU Les Gais Pinsons à Toulouse ( dont les parents sont mobilisés aujourd’hui), EMPU Château de l’Hers à Toulouse, EEPU Rangueil à Toulouse…

Pour cette rentrée, sur la très insuffisante dotation de 79, il vous reste une dizaine de postes pour faire des miracles :

  • Baisser les effectifs dans toutes les classes à maximum 25 élèves par classe et 20 en éducation prioritaire ;
  • créer des postes de remplaçants à la hauteur des besoins ;
  • mettre en place une formation continue de qualité ;
  • reconstituer les RASED dans tout le département ;
  • ré-ouvrir et généraliser le dispositif PDMQDC que vous avez fini d’achever à cette rentrée ;
  • appliquer la circulaire de l’école inclusive en comptant les élèves d’ULIS ;
  • prendre en compte les élèves de deux ans afin de favoriser leur scolarisation hors éducation prioritaire et maintenir leur scolarisation en éduction prioritaire.

Mais les miracles, on n’y croit pas. On croit plus aux victoires sociales acquises par les mobilisations. On n’y croit pas, mais on redoute que pour parvenir à faire croire au changement de ton, de nouveaux droits soit rabotés, et notamment auprès des populations les plus fragiles.

Un exemple : Il y a quelques mois, nous alertions et nous nous inquiétions sur l’un des effets les plus pervers de l’article sur l’obligation de scolarité à 3 ans. Nous nous insurgions, auprès de la Mairie Toulousaine et auprès de vous, madame la DASEN, du risque de voir la scolarisation des 2 ans non prise en compte et diminuer en Education Prioritaire.

Et bien Bingo !

Depuis des décennies, parce que la scolarisation des 2 ans est montrée par de nombreuses études comme un gage de réussite scolaire, en particulier pour les enfants issus de familles éloignées de la culture scolaire, les TPS relevant de l’Education prioritaire avaient tous leur place à l’école et comptaient dans les effectifs de carte scolaire. A cette rentrée, ils et elles seront au moins 45 à se voir interdire son chemin. Ce qui vous permet de réaliser un miracle, en économisant environ 9 postes sur le dos des familles et des enfants qui en ont le plus besoin. Par ailleurs, on se retrouve avec des élèves de moins de 3 ans scolarisés dans l’hyper centre-ville alors que d’autres dans les quartiers populaires n’auront pas accès à l’école !!!

Un miracle vous disions-nous !

Nous notons que lors du CT, vous avez annoncé, Madame la DASEN, que vous reviendriez vers la mairie Toulousaine, pour « régler » les situations de ces élèves et de ces familles lésées.

Pour conclure, tout cela nous incite à ne surtout pas baisser de ton : casse de la Fonction Publique avec la loi promulguée cet été, secteurs en crise comme la santé, contre-réforme des retraites à venir, urgence climatique… Face à ce projet de société que nous refusons, le ton monte.


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