CHSCT du 2 octobre : la décla

mercredi 2 octobre 2019
par  snu31
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Le lundi 23 septembre, notre collègue Christine Renon, 58 ans, directrice d’une école maternelle, s’est suicidée sur son lieu de travail à Pantin en Seine-Saint-Denis. Elle a laissé une lettre qui décrit son épuisement professionnel et laisse peu de doutes sur le lien existant entre son geste et ses conditions de travail. Ce drame s’ajoute à tous les suicides et tentatives des personnels de l’Éducation Nationale dont les medias se font régulièrement l’écho. Ou pas.

D’ailleurs, aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous appuyer sur des chiffres précis pour évoquer ce sujet, car il n’existe aucune statistique officielle du nombre de tentatives de suicides et de suicides dans l’Éducation Nationale, pas plus en Haute-Garonne qu’au niveau national. Ces statistiques, nous les demandons avec force.

Ce décès, il nous faut aujourd’hui le prendre comme un signal d’alarme. Le signal de la souffrance au travail qui, peu à peu, déborde partout dans toutes les écoles et les établissements pour les enseignants, les AESH, les ATSEM, les AED et l’ensemble des personnels…. Les AESH sont particulièrement exposé.e.s, en cette année de mutualisation forcée et de création des PIAL, dont la mise en place à marche forcée et sans moyens, dans le seul but de recruter moins d’AESH et de faire des économies, ne serait pas acceptable.

On peut épiloguer sur le caractère imprévisible des gestes suicidaires, mais on peut aussi faire le constat que, d’une part, selon plusieurs études récentes, les personnels de l’Éducation Nationale, et notoirement les enseignant.e.s, sont les salarié.e.s les plus exposé.e.s aux risques psycho sociaux.

On peut aussi faire le constat que, d’autre part, l’employeur « Éducation National » ne prend pas suffisamment au sérieux ses obligations concernant la prévention et l’obligation qui est la sienne d’assurer la sécurité au travail de ses salarié.e.s.

Ainsi, depuis 7 ans désormais, nous demandons à la DSDEN de Haute-Garonne de nous fournir un bilan SST, outil indispensable pour mener une réelle politique de prévention primaire dans le département.

Depuis 7 ans, comme le prévoient les textes, nous demandons à être informés systématiquement des accidents graves dont sont victimes les personnels de l’EN, sasn effet.

La médecine de prévention dans l’académie est sinistrée. Les personnels sont privés de leurs droits en matière de santé au travail. Si l’on peut entendre qu’il soit difficile de recruter des médecins (encore faudrait-il s’en donner vraiment les moyens), toujours pas d’infirmiers ou de psychologues du travail recrutés dans ce service.

Sans que le travail du CHSCT-sD31 ne soit entravé, il est cependant peu pris en considération. Les alertes et avis qu’il formule sont trop souvent balayés d’un revers de main.

Ce que décrit Christine Renon dans sa lettre, c’est la mise en œuvre concrète du « New Public Management », doctrine qui nie le travail réel pour lui imposer des normes et des tâches qui éloignent les personnels du vrai sens de leur métier.

La politique mise en œuvre actuellement par notre ministre contribue à la perte de sens du métier et donc à la souffrance au travail : faire toujours plus avec moins de moyens, répondre à des injonctions infantilisantes qui dépossèdent les personnels de leur professionnalité (évaluations nationales, méthodes pédagogiques imposées, minutes de silence obligatoires, vider de son sens le baccalauréat, etc.) La liste est longue !

Enfin, dans cette situation que nous venons de décrire, une des urgences que s’est donnée le Président et la République et le gouvernement est la suppression des CHSCT à l’horizon 2022…

Comme si, en cassant le thermomètre, on pensait soigner le malade !

Cependant, si les CHSCT sont appelés à disparaître, les responsabilités des employeurs en ce qui concerne la prévention et la sécurité de ses employés, elles, ne disparaîtront pas.

C’est pourquoi nous vous demandons, madame le Directrice Académique :

1. Que la santé, la sécurité et les conditions de travail des personnels soient premières dans la mise en œuvre des politiques publiques d’éducation.

2. De mettre en place les outils permettant une véritable politique de prévention primaire :

Système d’alerte automatique du CHSCT en cas de suicide, tentative de suicide ou de grave accident du travail

Notification et accès automatique des membres du CHSCT aux inscriptions sur le RSST dématérialisé

Comme le prévoient les textes, bilan SST annuel du département comportant au moins : un bilan exploitable, par établissement, des accidents de travail, des CMO, des demandes de mutation, des suicides et tentatives de suicides…

Des personnels de l’Éducation Nationale meurent au travail et de leur travail. Cette situation est intolérable. Notre institution doit prendre la mesure de l’émotion et la colère des personnels et apporter des réponses sans tarder.


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