En Macronie... la Décla du CTsd Bilan du 19 novembre

mardi 19 novembre 2019
par  snu31
popularité : 1%

Déclaration du SNUipp - FSU 31 au CTsD du 19 novembre 2019

Madame la Directrice Académique,

Tout va bien en Macronie. En Macronie, nous venons de fêter les un an des Gilets Jaunes avec une belle démonstration de force, à quelques pas d’ici par exemple, où, à coup de matraquage et gazage, tout a été fait pour empêcher que s’exerce le droit démocratique de manifester…

Dans ce pays où tout va bien, forcément, l’Ecole va très bien…

Le niveau des élèves, tout va bien, les évaluations nationales nous le montrent. Nous vivons même « un moment historique » a dit notre ministre récemment dans la presse. A coups de réformes autoritaires, de prescriptions, d’injonctions pédagogiques multiples, tout va bien. Et qu’importe le prix, liberté pédagogique bafouée, mise au pas des pratiques, professionnalité attaquée, instrumentalisation de la recherche et réduction des savoirs pour les élèves. Malgré cette auto-satisfaction à tout va dans les médias, les résultats des évaluations nationales ne sont pas satisfaisants : l’écart s’accentue entre les écoles en éducation prioritaire et hors éducation prioritaire, le taux de réussite en compréhension diminue en EP.

Le SNUipp-FSU continue de demander l’abandon d’évaluations inutiles au travail quotidien des classes et dénonce leur instrumentalisation pour imposer des pratiques contestables, pratiques qui ne permettent pas la réduction des inégalités.

Sur les conditions de travail des enseignant-es, tout va bien également puisque le ministre et vous-mêmes ne vous adressez qu’aux directions d’école. Car depuis le suicide de notre collègue Christine Renon qui a sciemment dans sa lettre dénoncé les conditions de travail, les pressions, les injonctions et des méthodes de management aliénantes, le ministre Blanquer, à qui nous avons demandé des actes urgents pour répondre à ce geste dramatique et aux mobilisations des enseignants, n’a fait qu’instrumentaliser son décès.

Or NON, le statut de la direction d’école ne répond pas à la souffrance de l’ensemble des personnels et aggravera même la situation. Rappelons que c’est Monsieur Blanquer lui-même qui est à l’origine de la disparition des aides à la direction.

Rappelons aussi la réalité, 52 enseignant-es se sont suicidé-es l’année dernière et 11 de nos collègues ont choisi de mettre fin à leurs jours depuis cette rentrée. Mais vous ne semblez pas percevoir à quel point le mal-être est immense, de trop nombreux collègues sont en souffrance au travail et parfois ce travail tue et l’institution en est responsable. Les réformes du ministre attaquent les valeurs de l’Ecole, heurte notre éthique professionnelle entraînant une perte de sens du métier, du mal-être et de la souffrance. Loin des discours de Monsieur Blanquer, nous sommes dans une école de la défiance et non pas de la confiance.

Aux méthodes autoritaires et brutales d’un ministre qui méprise ses enseignant-es, à cette idéologie libérale, déconnectée de la réalité des besoins, des nécessités et des missions du service public d’éducation, s’ajoute l’insuffisance des moyens donnés à l’école pour faire réussir TOUS les élèves.

Le budget 2019 n’aura pas fait avancer l’école, toujours plus d’affichage et de populisme, et des moyens insuffisants. Cette année aura confirmé une profonde crise de confiance entre les enseignant•e•s et le ministère. L’évolution du P/E de 5,17 à 5,20 est largement due au dédoublement et la Hte-Garonne reste marquée par un des plus mauvais taux d’encadrement au niveau national.

79 postes, nous l’avons dénoncé pendant toute la campagne de carte scolaire, ne suffisent pas pour répondre aux besoins de l’Ecole dans notre département que nous chiffrons à plus de 1100 postes.

79 postes n’ont pas permis une baisse des effectifs dans toutes les classes, sauf en maternelle où du seuil le plus élevé de France (32 élèves par classe), nous sommes passés à 30, bien trop encore pour assurer de bonnes conditions d’apprentissage à nos élèves. 79 postes n’ont pas permis la prise en compte des élèves des ULIS dans les effectifs des écoles remettant en cause une inclusion de qualité, et ni ceux des élèves d’UPE2A. Pas suffisant non plus pour ouvrir des postes de remplaçant•es à la hauteur des besoins puisque déjà des difficultés se posent et que le recours à la contractualisation s’accélère.

Quant à un début de reconstitution des RASED, nous en sommes bien loin avec un dispositif complètement décimé depuis 2008. Comme le constate le rapport parlementaire Jumel publié en septembre 2019 au nom de la commission d’enquête sur l’inclusion scolaire portant sur les 14 ans de mise en œuvre de la loi de 2005, des élèves en difficulté d’apprentissage bénéficient de l’accompagnement d’un•e AESH alors qu’ils ne sont pas en situation de handicap. Cette situation « est une conséquence du manque de moyens dont souffrent les structures destinées à soutenir ces élèves, à savoir les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficultés ». Peut-être une explication à l’explosion de la demande d’AESH dans la Hte-Garonne, non ?

Faute de financement, la poursuite de la mesure de dédoublement des classes s’est faite en fermant les derniers postes de PDMQDC de toutes les écoles classées Politique de la ville et sur le dos du taux d’encadrement des autres classes. Rappelons que cette mesure médiatique mais non financée concerne moins de 2% des classes. Avec les annonces sur le dédoublement à venir des GS en REP+ et l’abaissement à 24 élèves de l’effectif des classes de GS, CP et CE1 pourtout ailleurs, sans investissement à hauteur, ce sont encore les élèves des autres classes qui verront leurs conditions d’apprentissage se dégrader.

La mise en œuvre de la loi Blanquer sur l’obligation d’instruction à 3 ans, comme nous l’avions prédit, a directement impacté la scolarisation des TPS reléguant une partie de ces élèves relevant de l’EP qui n’ont pu être inscrits à l’école comme les années précédentes. Il n’y a aucune statistique fournie à ce sujet dans les documents transmis.

Au CTsD de bilan de l’an dernier, nous avions demandé que soit rétabli le focus sur le projet « Mixité Scolaire et Sociale » du CD 31. Nous n’avons encore cette année aucun élément chiffré de bilan sur les moyens engagés ainsi que sur les effectifs et les flux d’élèves.

Concernant la mise en place des Pial via la loi Blanquer, elle rate son objectif d’assurer la prise en charge du maximum d’élèves en situation de handicap. Quotités d’accompagnement réduites, saupoudrage de l’accompagnement, rupture du lien élève-AESH, instabilité pour l’élève…. et déni des véritables conditions de travail des AESH. Travail sur plusieurs niveaux, plusieurs lieux avec des temps partiels imposés pour, souvent, un salaire les plaçant sous le seuil de pauvreté. La FSU, avec l’intersyndicale, sera d’ailleurs mobilisée aux côtés des AESH le 20 novembre demain.

Et dans les perspectives, est-ce que tout va bien ?

Le budget 2020 en légère hausse pour l’enseignement primaire, ne correspond qu’à des dépenses obligatoires : accords PPCR, prime Rep+, financement des AESH. Les 440 postes de PE ouverts dans le 1er degré reposent sur la suppression de 440 postes dans le second. Ce budget sans ambition ne permettra pas d’assurer les mesures engagées qui devront se faire au détriment des autres classes et oppose de nouveau, premier et second degré, rural et urbain. Les prochaines opérations de carte scolaire s’annoncent déjà sous contraintes. A nouveau, ce cadre budgétaire ne permettra pas d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et d’exercice des enseignant.es.

Or faire de l’École une priorité nécessite des moyens et une politique ambitieuse. Tout l’inverse de ce que met en place ce gouvernement avec ses mesures de destruction progressive de la Fonction Publique. Tous ces services publics qui permettent à notre société d’enrayer les inégalités les plus criantes.

La loi dite de « transformation de la fonction publique » entérine la disparition des CHSCT et confirme que les coups portés aux principes du statut général menacent d’être encore plus durs pour les personnels privés de leur représentation.

A tout cela s’ajoutent les annonces sur la future réforme des retraites pour laquelle le ministère ne cache même pas que les fonctionnaires et plus spécifiquement les personnels de l’éducation nationale en seront les grands perdants. Toutes les raisons donc, pour le SNUipp et la FSU, d’être massivement en grève le 5 décembre prochain. Parce que nous ne pouvons accepter des choix politiques qui tournent le dos à toute forme de solidarité, qui renoncent aux ambitions de démocratisation et de réduction des inégalités et qui même attisent cyniquement tensions et rejet de l’autre. A ce propos, le SNUipp-FSU dénonce un nouveau dévoiement de la laïcité, principe fondamental de notre République et son instrumentalisation par Monsieur Blanquer avec ses propos sur le voile. Nous réaffirmons notre attachement à une laïcité qui refuse les logiques de bouc-émissaires et d’exclusion.


Agenda

<<

2020

 

<<

Juin

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293012345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois