La Décla : Virginie, JeanMi, le coiffeur...

vendredi 6 mars 2020
par  snu31
popularité : 1%

Déclaration du SNUipp - FSU 31 à la CAPD du 6 mars 2020

Madame ou Monsieur la ou le DASEN,

Contexte...

« Que ça soit à l’Assemblée nationale ou dans la culture, vous, les puissants, vous exigez le respect entier et constant. Ça vaut pour le viol, les exactions de votre police, les césars, votre réforme des retraites. En prime, il vous faut le silence de victimes. » Tribune de Virginie Despentes dans Libération le 1er mars

Cette CAPD se tient dans un contexte de crise. Un pouvoir autoritaire, qui passe en force. Les puissants qui en veulent toujours plus, sur le dos des autres, de tous les autres celles et ceux qui ne sont pas de leur caste. Nous appelons les autres, tous les autres à poursuivre et amplifier la résistance et la mobilisation ! A leur 49.3, opposons notre 31.3, journée de Grèves et manifestations interprofessionnelles !

Promotions

Nous sommes donc réuni.es aujourd’hui pour une des dernières Commission Administrative Paritaire Départementale. CAPD au cours de laquelle les légitimes élu.es du personnel pourront vérifier en toute transparence les promotions accélérées des collègues et les résultats de la liste d’aptitude, grâce aux documents envoyés réglementairement 7 jours avant.

Vous le savez, nous contestons la destruction du paritarisme, un conquis du Conseil National de la Résistance et un des piliers du statut de la Fonction Publique. Lors de la précédente CAPD, vous nous avez répondu qu’un nouveau dialogue social était à inventer. Nous espérons que vous allez très vite nous en faire la démonstration lors des opérations de mouvement… en répondant, par exemple, positivement à la pétition lancée par nos trois organisations représentantes des personnels.

Concernant les promotions, comment ne pas mettre en relation, la disparition de la transparence et du contrôle des élu.es avec la vision du management qui sous-tend la loi de transformation de la Fonction Publique. L’année prochaine, seule l’administration aura connaissance des modalités de promotion. Comment ne pas s’en inquiéter à l’heure où le ministre, Jean-Michel Blanquer, promeut le salaire au mérite comme principal vecteur de revalorisation des agent.es ? Comment ne pas voir dans cette coïncidence de mesures un projet de reprise en main des personnels, associant affaiblissement de la représentation collective et promotion de la rémunération individualisée ?

Pour le SNUipp-FSU, l’avancement automatique à l’ancienneté est la seule modalité qui assure l’équité de traitement des agent.es tout en préservant la cohésion des équipes. Sur cette question, nos revendications sont claires : avancement identique pour toutes et tous au rythme le plus rapide.

Revalo

Et le SNUipp-FSU ne se laissera pas prendre au jeu de dupe du ministre, avec ses promesses de revalorisation historique. D’ailleurs, vu les chiffres annoncés, elle ne sera pas si historique que ça. Mais surtout, elle sera conditionnée au mérite, notion qui recouvre les qualités les plus diverses et aux tâches supplémentaires. Et tout cela se discute dans un contexte de menaces de déclassement sans précédent de la profession, liées à une très forte baisse du montant des pensions.

Quelle valorisation salariale permettra de combler des pertes de salaire sur la retraite pouvant aller jusqu’à 900 euros ? Le gouvernement est-il vraiment prêt à augmenter les 880 000 enseignant.es de France à la hauteur de cette perte ? Bien sûr que non !

Retraites

Alors oui, Monsieur ou Madame le ou la DASEN, si vous-même pourrez peut-être doper votre pension à la capitalisation, il n’en sera pas de même pour nous, ni pour nos collègues, ni pour la grande majorité des français.es.

Cela explique que la mobilisation, contre l’injuste réforme des retraites, cette mobilisation soutenue par le plus grand nombre, commencée un 5 décembre, soit toujours à l’ordre du jour avec la perspective d’un 31 mars pour lequel nous appelons toutes et tous les salarié-es à se mobiliser encore, et tant qu’il faudra…

L’actuel gouvernement a donc choisi de mettre fin au paritarisme afin de faire « évoluer le dialogue social ». Mais comment peut-on dire que l’on va mieux se parler et se comprendre sans s’en donner les moyens ? Ni le lieu ? Ni les outils ?...Ni surtout la volonté ? Le gouvernement n’a aucunement la volonté d’un dialogue social et d’une prise en compte des aspirations et besoin de la population. Sinon, cela ferait un moment qu’il aurait retiré sa réforme, pour entamer de véritables négociations pour une retraite juste pour toutes et tous. Pour toutes oui, particulièrement, car ce sont toujours les femmes qui sont les plus atteintes par les injustices et les inégalités. Nous appelons nos collègues à participer aux initiatives et mobilisations d’après demain, le 8 mars.

Femmes

En cet avant veille de journée internationale de lutte pour les droits des femmes, je vous laisse méditer sur l’audacieuse leçon de votre ministre, JM Blanquer en défense de la récompense obtenue par Roman Polanski : « Il faut être attentif à toujours bien distinguer l’œuvre de l’auteur. Je continuerai à regarder la Joconde même si j’apprenais beaucoup de défauts de Léonard de Vinci ». DOUZE mises en cause pour VIOLS et AGRESSIONS SEXUELLES, ce sont des défauts ça, Monsieur Blanquer ! ?

Direction d’Ecole

Dans cette presque dernière CAPD, nous pourrons aussi vérifier la liste d’aptitude à la direction. La direction, parlons-en… On sent bien « le Blanquer », prêt à sauter sur la moindre occasion pour nous resservir du statut de Directeur. On le comprend bien, dans sa vision verticale d’un management prescripteur, il aurait bien besoin de petits chefs à ses ordres… Oui mais voilà, il a beau faire, il a beau dire, la profession n’en veut pas de son statut.

Pour la direction, la profession, elle veut des moyens, des décharges, de la formation, de vrais emplois administratifs dans les écoles. Et pour la liste d’aptitude, plutôt que de s’amuser à réunir des commissions pour faire le tri, nous proposons de la supprimer et de tout axer sur la formation ! Nous demandons également la suppression de tous les avis défavorables, en particulier pour les collègues qui ont un avis favorable des IEN qui connaissent mieux les collègues qu’un jury derrière une table…

Consultation

Cette presque dernière CAPD, se déroule également alors que débute la grande consultation… Fallait nous demander… Fallait surtout nous écouter… 42 questions pour évaluer la satisfaction professionnelle des enseignant-es et cerner leurs attentes… Et ce n’est pas une blague ! Quand on pense que ça vient d’un des Ministres de l’EN les plus sourds de l’Histoire.

La plupart des questions ont déjà leurs réponses et d’autres cherchent surtout à valider le « nouveau métier » façon Blanquer. Ca ressemblerait pas à de la propagande tout ça ?…

Pour couronner l’affaire, cette consultation est ouverte à tout le monde, ma belle mère, votre coiffeur, mon dentiste, votre boulanger, etc. C’est une consultation ouverte… Ah, quand on n’a pas l’habitude de consulter…. Il est loin le référendum...

Contractuel-les

Pour terminer. Ce n’est pas à l’ordre du jour, mais nous l’avons évoqué et posé en questions diverses, Monsieur ou Madame le vrai/faux ou le DASEN contractuel : Justement, les contractuel-les.

Au cours d’une des dernières audiences, lors d’une mobilisation contre la loi de transformation de la FP, alors que nous pointions le danger de la contractualisation galopante, vous nous avez répondu, vous ou l’un.e des vôtres : « La contractualisation, ce n’est pas l’exploitation de l’homme par l’homme ».

Ah non ? Il y a 2 ans alors que vous refusiez le recours à la liste complémentaire, qui permet, nous le rappelons de recruter de futur.es collègues avec un statut, une protection, un avenir… vous avez commencé, vous, ou l’un.e des vôtres, à banaliser le recrutement des contractuel.les. En ces temps-là, ils/elles étaient tout de même recruté.es à l’année, jusqu’au 31 août avec un petit accompagnement dans leurs prises de fonctions.

Et bien aujourd’hui, dans nos écoles, nous pouvons voir arriver, des « souvent jeunes », sans formation, sans aides, sauf celles de leurs collègues bien sûr, des sans formation, sans autre avenir que le petit bout de leur contrat, contrat de quelques semaines, sans les vacances, bien sûr… A quand les journalier.ères qui viendront tristement vendre leur journée de travail dans la cour du rectorat ?

C’est une honte !!!. C’est une honte pour elles et pour eux, c’est une honte pour l’Ecole, c’est une honte pour le service public ! Nous tenions à vous le dire.

Contre ces injustices et pour une autre société, nous continuerons, Monsieur ou Madame le ou la DASEN, ou l’un ou l’une des vôtres, nous continuerons à nous battre… Tant qu’il le faudra.


Agenda

<<

2020

 

<<

Mai

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
27282930123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois