Rythmes scolaires : argumentaire du SNUipp-FSU

lundi 22 novembre 2010
par  snu31
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Conférence nationale sur les rythmes scolaires

Luc Chatel a installé le 7 juin 2010 le comité de pilotage de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires. Des débats publics et consultations sont prévus dans toute la France jusqu’au 15 décembre. Le comité de pilotage en remettra la synthèse au ministre mi-janvier, puis la déclinera en « pistes opérationnelles » jusqu’en avril. Le ministre présentera mi-mai les pistes de travail retenues et son calendrier d’application.
Cette conférence doit aborder la question de l’équilibre entre le temps de l’école, le temps de repos, les vacances, les activités sportives et culturelles. L’objectif annoncé est de revoir les rythmes scolaires dans l’intérêt des élèves des premier et second degrés.

Ce qu’en pensent le SNUIPP et la FSU

Le débat sur les rythmes scolaires ne doit pas cacher le fond de la politique éducative du gouvernement qui est basée sur les suppressions massives de postes.
La question des rythmes scolaires concerne l’ensemble du système éducatif, son organisation et ses missions : elle nécessite donc que tous les acteurs de la formation s’en emparent.
Or, les entrées ministérielles dans ce débat sont considérablement réduites. Seules certaines données sont mises en avant : des journées trop longues générant fatigue et stress, une semaine hachée dans le 1er degré, un nombre de jours de classe parmi les plus bas en Europe, un nombre d’heures de cours supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE...
D’autres, primordiales, sont soigneusement occultées : quelle scolarité obligatoire pour transmettre quelle culture commune, quels contenus d’enseignement, quelles conditions de travail au sein de la classe, quelles pratiques pédagogiques, quelle articulation entre le travail dans et hors la classe, entre le scolaire et le périscolaire ?...
L’idée sous-jacente est toujours qu’il faudrait « moins d’école » en se concentrant le matin sur les disciplines « fondamentales ».
Dans le même temps les pressions économiques et budgétaires mises en parallèle des demandes des familles de « garder » les enfants sur un temps étendu peuvent conduire à une simple diminution du temps scolaire accompagnée d’un renvoi à l’extérieur de toutes les activités culturelles, sportives, artistiques, voire des enseignements d’EPS, d’arts plastiques, d’éducation musicale ; le tout à la charge des collectivités locales et des familles.

Les propositions/revendications du SNUipp et de la FSU

La question des rythmes scolaires doit être posée en partant des missions de l’école et des objectifs de formation initiale qu’on se donne pour toute la jeunesse, tant en terme de culture commune que de qualification, en s’intéressant au temps global de l’élève et à l’articulation entre travail dans et hors la classe.
Certes, on ne peut nier les évidences : longueur du premier trimestre, mauvais zonage des vacances, temps et conditions de la pause méridienne ne permettant pas toujours un vrai moment de détente, emplois du temps compliqués dans le 2nd degré qui ne permettent pas toujours une bonne répartition des cours ... ont un impact important sur la réussite des jeunes.
Mais les rythmes scolaires ne constituent qu’un facteur parmi d’autres.
S’intéresser à la fatigue des élèves et à leur capacité d’attention suppose certes de considérer leurs « temps de vie » de façon globale (heures de cours, leçons, devoirs, mais aussi loisirs, vie familiale et sociale...). Mais on ne peut s’exonérer d’une interrogation sur les contenus d’enseignement qu’on leur propose, leurs conditions de travail au sein de la classe (effectifs, types d’activités, alternance grand groupe/petits groupes), l’articulation entre le travail dans et hors la classe.
La question essentielle est donc avant tout pédagogique et il faut à l’évidence repenser le système éducatif dans le sens de « plus et mieux d’école », en créant les conditions pour que tous les élèves entrent réellement dans les apprentissages.
Pour cela, d’autres pistes sont nécessaires avec ce que revendique le SNUipp : plus de maîtres que de classe, une déconnexion du temps enseignant par rapport au temps élève (en allant vers le 18+3), 3 heures de concertation pour tous...
Il est tout aussi nécessaire de parler de la qualité des locaux, de la restauration scolaire, de l’encadrement éducatif, de la formation des enseignants, de dénoncer les réductions budgétaires et les suppressions de postes (alourdissement des effectifs, remplacements non assurés, disparition des Rased…), les réformes en cours, le renforcement de la ghettoïsation sociale des établissements...
Les propositions qui émaneraient d’un véritable débat pourraient contribuer à l’amélioration des conditions de travail et de formation des personnels sans occulter la question des rythmes et de la qualité de vie des jeunes hors de l’École. L’objectif essentiel restant la réussite des élèves.

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