2 contributions : une courte, une longue...

lundi 30 mars 2020
par  snu31
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Bonjour

Ma circo HG ?? (faut écouter le répondeur !!!)est fermée  ????

L’inspecteur et toute l’équipe pédagogique ont disparu ????

Vous savez ce qui se passe ???? On passe par le recteur ???

Les seuls sur le terrain c’est nous ???????

Sans gant et sans masque ????

On regarde directement BFM TV pour savoir ce qu’on doit faire ?????

C’est un e blague, il n’y a pas de continuité pédagogique alors vu qu’on a perdu notre voie hiérarchique .

Ils nous méprisent vraiment, les parents avec. ....

Claude


Dans ma maison…

Dans ma maison, ou plutôt dans mon appartement, je me confine, comme tout le monde.

Enfin, comme tout le monde, pas tout à fait. Le personnel médical, des agents des services publics, des salariés de nombreux secteurs sont au travail.

Le personnel médical, parlons-en. Au fil des années, les hospitaliers tirent la sonnette d’alarme : gestion managériale, manque de moyens, de personnels, épuisement, démissions… Depuis un an, les personnels hospitaliers, tout corps confondu, hurlent dans une indifférence quasi générale. Ah oui, les pôvres, ça doit être difficile, on les envie pas… Tiens, passe-moi le pain, c’est pas tout mais c’est toujours pareil, toujours en train de se plaindre.

Et ces enseignants, ces salariés qui font toujours grève, les retraites faut bien les changer, y a pas assez d’argent, alors là hein, les grévistes professionnels ils ne répondent plus rien, heureusement qu’il ya la CFDT pour être raisonnable .

Et ces enseignants, encore eux, qui passent leur temps à cueillir des fraises au lieu de donner plein de devoirs à nos enfants qui n’attendent que ça.

Et…Et maintenant, on fait quoi ? On se confine, on tourne juste un peu en rond. On bidouille avec notre ordinateur (acheter à nos frais) pour envoyer aux parents d’élèves de quoi occuper les enfants.

Dans ces parents, y en a qui râlent pas mal. Ils veulent faire tout bien, ils font confiance globalement à l’école, mais là, attention. N’oublions pas nos parents d’élèves qui peuvent avoir plusieurs enfants, en maternelle, en élémentaire, au collège. Pour certains (beaucoup ?) pas de connexion internet, au mieux sur leur portable, petit appartement… Ils s’arrachent les yeux pour lire et comprendre les exercices reçus. Ça prend du temps, c’est difficile, ça créer des conflits… si ta maîtresse a donné cet exercice c’est que tu peux le faire, non mais, elle sait mieux que toi, tu comprends rien ma parole !

Je ne nous jette pas la pierre, bien sûr. Chacun.e fait de son mieux et parfois culpabilise. Si je n’envoie pas beaucoup de travail, qu’est-ce que vont penser ma directrice, mon inspectrice, les parents d’élèves ?

Et notre ministre qui dit partout que tout va bien, que la continuité pédagogique est assurée avec brio. Si je n’envoie pas beaucoup de travail, on va me juger. On fait ce qu’on peut, au mieux dans cette situation inédite, c’est difficile résister à la pression.

Loin de là l’idée qu’il ne faut rien faire, pas du tout. Déjà, appuyons-nous sur le collectif, réfléchissons ensemble. C’est ce que nous avons fait la semaine dernière. Malgré les injonctions diverses, les demandes de permanences (d’abord 2 et maintenant 1 si possible par semaine), prenons le temps pour organiser comment rester en contact avec nos parents d’élèves. Par mails, avec ses limites, par téléphone. C’est peu, c’est beaucoup. Tous les parents de notre maternelle que nous avons au téléphone nous remercient de prendre de leurs nouvelles régulièrement. J’appelle ça la continuité de l’école, pas pédagogique, mais simplement comment ça va, c’est pas trop difficile ? Et votre enfant, je peux lui dire un petit bonjour ? Et on raccroche avec le sourire en pensant à ces remerciements. L’école m’appelle, l’école pense à moi, l’école ne me laisse pas tomber en attendant que ça passe. C’est déjà beaucoup. J’en suis persuadé, ces liens que nous tissons, même ténus, nous les retrouverons après. Comme tous.tes, nous envoyons régulièrement des idées d’activités par mail (pas facile de récupérer toutes les adresses !) et sur l’ENT (pas facile de comprendre le fonctionnement au pied levé quand on n’a pas eu de formation).

On se contacte régulièrement avec mes collègues (on s’envoie aussi pas mal de vidéos pour rire un peu). Rien d’extraordinaire, beaucoup le font aussi évidemment. Dans cette période, je pense qu’il nous faut privilégier l’humain, l’humain avant tout (ça rappelle des slogans). D’ailleurs, l’humain, il est à l’ordre du jour en ce moment ! 20h… tout le monde dehors, heu non, sur le balcon ou le pas de la porte, et on applaudit ! C’est beau, c’est généreux, c’est la reconnaissance à tous ces salariés, hospitaliers, éboueurs, agents du Service Public, enseignants volontaires, tous ceux qui nous permettent de rester confinés.

Oui à 20h, c’est beau, mais l’émotion ne remplace pas la réflexion. Ouvrons les yeux et transformons cet instant en mouvement pour que demain ne ressemble pas à hier. Vous avez remarqué, l’argent coule à flot depuis une semaine, d’où vient-il ? Hier, rien n’était possible, pour les hôpitaux, pour le social, pour augmenter tous les salaires, pour financer les retraites, pour…pour vivre dignement quoi. Rappelez-vous, ils nous ont fait déjà le coup en 2008, des centaines et des centaines de milliards pour les banques.

C’est la crise, mais pas pour tout le monde : les patrons du CAC 40 se goinfrent en rachetant les actions de leur entreprise à bas coût, le gouvernement en profite pour raboter encore plus le code du travail et les droits de salariés, restreindre les libertés, j’en passe et des meilleurs (heu, des pires).

Et si on profitait de cette période, grave, pour réfléchir à demain et l’envisager autrement, Les sujets ne manquent pas : urgence climatique (alerte rouge), urgence sociale (alerte rouge aussi), inégalités décuplées, capitalisme autoritaire, l’émotion qui prime trop souvent sur la réflexion, … il faut tout remettre à plat, rien que ça. On se pose et on construit, ensemble.

Nous sommes en guerre a dit l’autre. Alors chiche, on se met en tas et on imagine un Conseil National de la résistance, acte 2 (on peut l’appeler autrement pour faire plus moderne) ? Dans la clandestinité, ils ont rêvé, imaginé des jours meilleurs (très beau film d’ailleurs). Ils ont imposé leurs rêves à la Libération. Cahin-caha, 55 ans plus tard nous en bénéficions encore (sécurité sociale, retraite (jusqu’à quand), droits syndicaux…).Je sais 1945, c’est loin. Et si on reprenait le flambeau ? Pour construire ensemble un jour couleur d’orange, une société plus juste où l’humain est au centre, parce que… nos vies valent plus que leurs profits ! Nous sommes tout, ils ne sont rien. Alors, à 20h (mince j’ai raté l’heure aujourd’hui, je me rattraperai demain), j’irai sur mon balcon, derrière ma banderole en chantant « on est là ». Et on verra bien. En route pour que demain ne soit plus comme hier. Joël PS : si j’ai semblé aigri, dépité ou autre, je m’en excuse mais il n’en est rien. Au contraire, pendant ces moments de confinement, il m’arrive de penser, de rêver, ça occupe.

Joël


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