Tribune : Déconfinement...

jeudi 30 avril 2020
par  snu31
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La France va devenir le seul pays au monde à rouvrir ses écoles en pleine épidémie... une expérimentation pour la moins périlleuse ?

Nous comprenons parfaitement qu’on ne peut pas demander à la population de rester enfermée des mois.

Le confinement ayant permis de ralentir la propagation et éviter l’engorgement massif des hôpitaux, il faut maintenant envisager de faire de nouveau circuler ce virus de manière modérée. Encore que, l’immunité des personnes l’ayant contracté n’étant pour l’instant pas certaine, il pourrait sembler plus prudent – à défaut de vaccin qui n’arrivera pas tout de suite – d’attendre les résultats des études sur différents traitements, qui elles ne mettront pas deux ans. Mais bon, nous comprenons qu’on soit obligés d’avancer et qu’une partie de la population soit exposée. Nous ne sommes pas contre la fin du confinement, qui permettra à chacun de choisir de sortir ou non, en conscience.

En revanche, faire le choix de rouvrir les écoles et même dire que cela va faire re-circuler le virus(en ciblant les parents qui ont moins de 40 ans, je l’entends aussi), ne nous semble pas acceptable.

D’abord parce que tous les organismes de santé publique en France s’y sont opposé : L’OMS, l’INSERM, l’Académie de Médecine, l’Ordre des Médecins, l‘Institut Pasteur, le chef des urgences de l’hopital européen Georges Pompidou, le Sénat... et même le Conseil Scientifique (pourtant très proche du gouvernement, ce même Conseil qui avait estimé que la tenue des élections en respectant les gestes barrières ne causerait pas de propagation du virus).

Samedi soir, le gouvernement a rendu publics simultanément deux rapports du Conseil Scientifique, en ne mettant que le second en avant. Dans le premier avis, daté du 20 avril, le Conseil Scientifique écrit que bien que le risque de formes graves soit faible chez les enfants, le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif et que « En conséquence, le Conseil Scientifique propose de maintenir les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités fermés jusqu’au mois de septembre ».

Le conseil scientifique « prend acte de la décision politique [...] de réouverture progressive et prudente des crèches, écoles, collèges et lycées. ».

Dans le 2nd avis, du 24 avril le Conseil Scientifique indique les conditions minimales d’accueil, étant donné que les écoles vont rouvrir. Le gouvernement communique alors sur ce second avis pour justifier sa décision, tentant de passer sous silence le premier avis qui s’opposait à cette réouverture et qu’il a tenu caché 5 jours.

Ensuite, nous pensons que l’école ne doit en aucun cas être utilisée comme moyen de faire re-circuler le virus. L’Ecole est un lieu d’accueil, de partage, de vie collective. L’Ecole est un refuge pour certains enfants, une porte vers un avenir meilleur pour d’autres. Que l’Ecole devienne pour autant de familles un lieu vecteur d’inquiétude voire de défiance, c’est vraiment problématique. Ces derniers jours, nous avonslu et entendu de nombreux avis dans les médias ou en parlant aves nos proches.

Nous entendons parfaitement l’argument de certains parents, d’une nécessité de reconstruire un lien social pour les enfants, notamment les plus jeunes. Mais il nous semble que ce lien social peut se reconstruire en dehors de l’école, dans les parcs, en invitant des copains de classe à la maison, en présence des parents qui prendront leurs responsabilités et pourront veiller à ce que les enfants se lavent les mains, ou pas, respectent certaines précautions, ou pas.

Nous entendons qu’il faut permettre aux enfants en décrochage ou ceux qui ne sont pas en sécurité chez eux de retourner à l’école. Mais peut-on croire que ces enfants en décrochage ou en danger, souvent dans les familles les plus éloignées de l’Ecole, soient les premiers à revenir dans un contexte de peur des familles d’une part, et de non obligation de scolarisation d’autre part ? Etonnant d’ailleurs de rendre cette reprise non obligatoire, si comme le disent nos gouvernants, les enfants n’étaient pas ou peu porteurs et transmetteurs de ce virus.

Et quid de la responsabilité en cas de contamination dans nos classes ? Pénalement, un.eenseignant.e ou un.edirecteur.tricepourrait-il être poursuivi pour faute devant un tribunal ? Sans parler d’une atteinte psychologique qui sera difficilement supportable en cas de pertes d’un élève ou d’un proche de cet élève.

Nous entendons qu’il faut que les parents retournent travailler. Mais dans ce cas, annonçons que l’accueil des enfants de soignants est étendu à un accueil des enfants de parents qui doivent retourner travailler. Ne prétendons pas que l’on rouvre les écoles pour recommencer à faire classe. Ne demandons pas aux parents de prendre la décision de « priver » leurs enfants de l’école ou de les garder en sécurité à la maison, alors qu’on sait déjà qu’il sera impossible de faire classe, et que ce retour dans les écoles s’apparentera plus à de la garderie qu’à de l’enseignement.

Ne demandons pas aux parents de faire un choix entre éducation et sécurité sanitaire, quand le gouvernement se dédouane de garantir cette sécurité en rendant l’école non obligatoire.

Jérémy et Aurélie


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