CDEN du 1er juillet : rythmes scolaires, vacances apprenantes et PIAL

jeudi 2 juillet 2020
par  snu31
popularité : 29%

Au programme du CDEN du 1er juillet, les rythmes scolaires pour la rentrée 2020 et 2 séances diapo pour diffuser la belle parole sur le dispositif « vacances apprenantes » et les PIAL.

Lire notre déclaration liminaire ICI, dans laquelle nous avons dénoncé l’absence d’instances de carte scolaire en juin et le refus du DASEN d’anticiper des ouvertures de classes dès maintenant là où c’est nécessaire. Evidemment avec seulement 13 postes pour assurer la rentrée, dont 4 sont d’ores et déjà affectés à l’expérimentation des PIAL, les ouvertures de classes seront extrêmement contraintes en septembre.

Sur l’absence d’instances en juin, le DASEN indique que la décision a été prise avant son arrivée dans le département et que l’an prochain cette phase d’ajustement sera maintenue.

Rythmes scolaires

203 écoles devaient, selon la réglementation, renouveler pour 3 ans leurs horaires pour la rentrée 2020.

191 écoles étaient sur une reconduction des horaires actuels et 12 sur une demande de modification ( dont 4 pour un passage à la semaine de 4 jours).

Ont été écartés toutes les demandes de semaine « dite toulousaine ». 4 autres demandes ont été refusées en raison du transport scolaire difficile à modifier. Elles pourront être révisées l’an prochain.

Le SNUipp-FSU 31 a demandé au DASEN et à la mairie de Toulouse de mettre en place l’expérimentation sur la semaine toulousaine à la rentrée 2021. Près de la moitié des écoles de Toulouse porte cette demande d’après Mme Lalane de Laubadère.

Voir la liste des écoles et de leurs horaires ci-dessous

PDF - 60.2 ko
Rythmes_rentrée_2020

Vacances apprenantes

L’opération de « com’ » n’aura convaincu personne dans la salle, pas même les parents d’élèves qui, comme le SNUipp-FSU 31 revendiquent des vacances pour toutes et tous et une Ecole apprenante dotée de moyens exceptionnels pour reconstruire tout ce que cette crise sanitaire aura chamboulé.

Avec ce dispositif « vacances apprenantes », il s’agit de répondre à la nouvelle obsession ministérielle pour « rattraper le retard »... Puisque l’école s’est arrêtée le 13 mars (car l’école à la maison, ce n’est pas l’école, pas plus que l’école « à la carte » et sous protocole sanitaire, véritable camisole pédagogique en particulier en maternelle), la nouvelle idée lumineuse du ministre : faire l’école pendant les vacances ! Voilà qui devrait ravir le tiers d’enfants en France, privés de vacances chaque été...

Or, ce n’est pas ce dispositif qui va permettre de rattraper le retard, pas plus que de lutter contre les inégalités. Si le contexte sanitaire le permet, c’est un retour à un fonctionnement d’école normale qu’il faut et non moults dispositifs visant à faire éclater le cadre de l’École publique.

Pour ce dispositif, le ministère débloque une enveloppe de 200 millions d’euros. Une somme colossale qui pourrait être investie dans l’école en créant les postes nécessaires pour arriver à une baisse des effectifs généralisés, la mise en place de maîtres supplémentaires, d’enseignant.e.s spécialisé.e.s etc…

Dans des conditions inédites de fonctionnement de l’école, le ministère continue d’entretenir les confusions entre ce qui relève du scolaire et du loisir éducatif. Quand 2S2C risque d’externaliser des missions d’enseignement vers le périscolaire, « vacances apprenantes » désaisit les acteurs reconnus de l’Education de leurs missions éducatives envers la jeunesse. Il en résulte un affaiblissement global du service public d’éducation porté par l’Education Nationale et les associations complémentaires. Le partenariat au bénéfice de la jeunesse, ce n’est pas le mélange des genres, mais bien la complémentarité des expertises et des prérogatives de toutes les parties prenantes.

Le SNUipp a dénoncé l’empilement des dispositifs et l’absence de communication à 2 jours des vacances :

  • Ecole ouverte (extension du dispositif du CP à la terminale + priorité aux REP/REP+/QPV/zones rurales/territoires fragilisés) : une dizaine d’écoles ont répondu à l’appel sur le département.

Le matin : remédiation scolaire ( enseignant.es)

L’après-midi : activités sportives et culturelles (collectivités territoriales, associations ou enseignant.es)

  • Ecole ouverte buissonnière : idem école ouverte avec excursions, activités environnement et nature
  • colo apprenantes ( 86 colos labellisées en Hte-Garonne à « valeur éducative renforcée » avec un financement de l’Etat).
  • stages de remise à niveau
  • Accueil de loisirs classique

PIAL

Le nouveau DASEN porte avec beaucoup « d’empressement » un projet d’expérimentation sur les PIAL inter degré à la rentrée 2020. Cela pour répondre à la priorité nationale ministérielle : « L’école inclusive ».

En bref, un PIAL est un regroupement de plusieurs établissements pour mutualiser l’intervention des AESH sur un secteur, et favoriser leurs remplacements.

Lire notre article : PIAL, un outil de gestion : http://31.snuipp.fr/spip.php?article7070

D’ores et déjà, 4 postes seront consacrés à cette expérimentation. Comme quoi, y’a des sujets sur lesquels on peut anticiper… dommage que ce ne soit pas le cas sur les ouvertures de classe.

Le diaporama présenté par l’administration est disponible ci-dessous.

PDF - 1.1 Mo
Diaporama_PIAL_expérimentation

Voici les grands axes :

  • mise en place de 25 PIAL inter degré (dont 15 à Toulouse) : association d’un collège tête de réseau et d’un collège associé avec les écoles du secteur
  • dans chaque PIAL : 1 coordonnateur ( direction ou adjoint.es avec ¼ de décharge de service ) + 1 AESH référent ( avec temps de décharge de ¼ à 100%) chargé.e de l’accompagnement/conseil des AESH du secteur
  • conservation des autres PIAL des rentrées 2018 et 2019
  • installation d’un comité de suivi de l’école inclusive

Il y aura 4000 AESH dans le département à la rentrée.

Le ministère a fixé l’objectif 100% PIAL à la rentrée 2022. Raison pour laquelle le DASEN lance cette expérimentation dont les objectifs affichés sont :

  • « un accompagnement humain défini au plus près des besoins de chaque élève »
  • « plus de réactivité et de flexibilité dans l’organisation de l’accompagnement »
  • « déprécariser » les AESH »

Pour le SNUipp-FSU, « déprécariser » les AESH, c’est avant tout les payer dignement, faire de leur travail un vrai métier avec un statut et une formation.

Quand l’administration met en avant la souplesse, la proximité et la réactivité des futurs PIALS, nous y voyons de la précarité avant tout. Les éléments de langage utilisés ne peuvent que nous alarmer (« réactivité et flexibilité »)

Durant ce CDEN, le SNUipp-FSU 31 a alerté sur les dangers d’une mutualisation à outrance dans le cadre du PIAL au détriment de la qualité de l’accompagnement et des conditions de travail des AESH.

Il n’est pas question, comme cela a pu être évoqué par un IEN, d’organiser la répartition des élèves en regroupant dans la même classe les enfants d’un même niveau porteurs de handicap pour mutaliser les AESH, bref des « classes ghettos » !

De la même façon, un-e AESH n’est pas destiné-e à accompagner un trop grand nombre d’élèves.

Le SNUipp-FSU 31 sera extrêmement vigilant sur ces aspects. Nous informer de tout problème rencontré.

Enfin, nous avons dénoncé les conditions dans lesquelles a été fait l’appel à candidature pour les postes de coordonnateur de PIAL interdegré et d’AESH référent. Arrivé le 24 juin dans les écoles pour une transmission des candidatures le 26 juin !!!

Nous avons demandé qu’une nouvelle information soit faite à toutes et tous.

Pour le SNUipp-FSU, l’école inclusive ne peut se résumer aux PIAL. D’autres sujets sont pour nous prioritaires à la rentrée et nous l’avons rappelé en CDEN :

  • la comptabilisation des effectifs des ULIS dans les opérations de carte scolaire afin de permettre une inclusion de qualité
  • le respect des textes réglementaires sur les effectifs des ULIS école et collège
  • des postes d’enseignant.es référent.es de scolarité en nombre suffisant pour assurer leurs missions.

La création de 4 postes d’ERS pour la rentrée est une bonne chose mais reste insuffisante au niveau d’un département qui a vu son nombre d’élèves notifiés par la MDPH doubler depuis 2016. La redéfinition des secteurs basés sur les bassins des collèges a créé d’importants déséquilibres et certains collègues référents verront leur nombre de dossier encore augmenter. Nous avons demandé au DASEN de trouver une solution pour la rentrée.

Le SNUipp-FSU porte le projet d’une école où chacun-e a sa place, et qui permette à toutes et tous de progresser. Il réaffirme le principe de l’éducabilité cognitive, du« tous et toutes capables ». La diversité, une richesse pour l’école, doit y trouver sa place. Celle-ci doit avoir les moyens de travailler avec tou-tes les élèves qui lui sont confié-es. Cependant, l’inclusion ne doit pas se faire à marche forcée, il faut lui donner les moyens et assurer la qualité des conditions d’apprentissage de tous les élèves de la classe.


Agenda

<<

2020

 

<<

Août

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
272829303112
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31123456
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois