La colère monte autour des PIAL, construisons la mobilisation !

jeudi 15 octobre 2020
par  snu31
popularité : 47%

Depuis la rentrée, l’expérimentation de PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé) inter-degré vient impacter violemment le fonctionnement de l’accompagnement des élèves en situation de handicap dans les écoles et les établissements.

Présenté par le ministre comme la réponse à l’augmentation du nombre d’élève en situation de handicap ayant une notification MDPH, le PIAL est annoncé comme étant en proximité avec les besoins en accompagnement des écoles. Ce dispositif est également censé être une réponse à l’amélioration des conditions de travail des AESH : accompagnement humain au plus près des besoins de chaque élève et grande flexibilité dans l’organisation de cet accompagnement.

 Le PIAL : Un outil de gestion

Personne n’est dupe, nous savons que le PIAL est avant tout outil pour endiguer l’augmentation du nombre d’AESH (très coûteuse malgré leur faible rémunération) en rationalisant la gestion de ces agents par la mutualisation à outrance.

En Haute Garonne, la course effrénée du DASEN, via les IEN de circonscription, concernant la mise en place de ce dispositif est catastrophique pour les équipes (AESH et PE) et les élèves.

De plus, nous ne pouvons que dénoncer la possibilité de faire évoluer les modalités d’accompagnement, sans même en informer au préalable les parents ( modulation du volume horaire qui se traduit souvent par une baisse, passage d’une aide individualisée à une aide mutualisée....)

Nous rappelons que les modalités d’aide humaine font partie du droit à compensation défini par la loi 2005 et sont notifiées par les CDAPH. Le ministère n’a aucun droit de regard sur ces notifications, ce qui garantit la neutralité (l’organisme prescripteur, la MDPH, n’est pas l’organisme payeur, l’Éducation Nationale).

Le prétexte de l’autonomie de l’élève

Le déploiement des PIAL trouve aussi sa justification dans l’idée que l’élément essentiel dans l’accompagnement d’un élève en situation de handicap serait le développement de son autonomie (grand objectif affiché). Cette prise de position, qui témoigne d’un manque de connaissance du handicap sur le terrain, est réductrice et plus que contestable.

L’objectif de l’accompagnement et les missions des AESH est de donner à l’élève un accès aux apprentissages et de lui permettre de prendre part à la vie d’une école, d’un établissement en l’aidant dans les actes de la vie quotidienne et en facilitant son rapport aux autres. Pour certains élèves l’autonomie ne fait pas partie des axes définis dans le Gevasco et c’est d’ailleurs parfois en ce non accès à l’autonomie que consiste leur situation de handicap, ce qui ne signifie pas forcément qu’ils n’aient pas leur place dans l’école ou l’établissement scolaire.

Alors la mutualisation à outrance engagée de manière forcée, ayant pour objectif l’optimisation des moyens se fait au détriment d’un accompagnement de qualité.

Comme nous l’a indiqué le DASEN en audience, il s’agit de tendre vers l’objectif national d’une moyenne d’une AESH pour 4 élèves. Pour le SNUipp-FSU, l’accompagnement imposé de plus de deux élèves, démontre le mépris des conditions d’exercice du métier des AESH et des ambitions d’une inclusion de qualité pour les élèves et les équipes.

Une énorme arnaque !

Faute de moyens ( de places insuffisantes en établissements spécialisés, nombre d’AESH, effectifs dans les classes d’ULIS ...) l’inclusion est mise à mal, quand elle ne fait pas tout simplement défaut. La mise en place des PIAL n’apporte aucun moyen ni aucune aide supplémentaire par rapport à ce qui existe déjà, il tend au contraire à les rogner.

Le PIAL n’est pas au service des élèves ...

Sans passer la ligne rouge d’une remise en cause directe de la loi 2005, la mise en place des PIAL cherche à donner un droit de regard aux acteurs de l’éducation nationale sur les mesures de compensation décidées par les MDPH : accompagnement mutualisé privilégié au détriment de l’accompagnement individualisé.

La multiplication des accompagnements mutualisés associés à la gestion du manque de moyen par le PIAL ont pour conséquence directe la perte de temps d’accompagnement pour certains élèves pour répondre à l’urgence d’accompagnement notifié mais non effectif. Le PIAL aboutit à une mise en concurrence des élèves en situation de handicap.

Il n’est pas non plus au service d’une amélioration du métier d’AESH. Dans les textes on note le droit à formation réaffirmé, le droit au remboursement des frais de déplacement, la reconnaissance de leur appartenance pleine et entière à la communauté éducative ( notre guide pratique AESH :ICI ) .

Mais sur le terrain, les AESH voient leurs emplois du temps modifiables en cours d’année, tout comme le contenu de leur contrat (quotité, lieu d’exercice) par simple avenant. La « souplesse » introduite dans leur service nuit en profondeur à la cohérence et au sens du métier : rationalisation de leur temps de travail avec de multiples accompagnements (3, 4, voire 5 élèves) souvent avec des handicaps différents, renforcement du poids de la hiérarchie locale, déplacements d’une école à l’autre (normalement à l’intérieur du PIAL) imposés et obligatoires…

Aujourd’hui, quelques semaines après la rentrée, le rectorat demande un redéploiement en urgence des moyens d’accompagnement.

La traduction de cette politique sur le terrain, ce sont des AESH à qui il est demandé brutalement de changer d’affectation pour suivre de 3 à 4 élèves (soit 6h chacun par semaine !).

Conséquences : changement d’accompagnant.e pour certains élèves, changement d’élèves et d’école au pied levé pour les AESH et nouveau travail pour les équipes enseignante d’information pour les nouvelles AESH. Sur le terrain, tout le monde est perdant !

A Caraman et à Lanta, des collègues AESH se sont mobilisées et étaient en grève vendredi 9 et lundi 12 octobre. Ces collègues seront reçues en audience par le DASEN Adjoint. Voir article ICI  

Le mépris ça suffit !

Pour le SNUipp-FSU, la mise en œuvre des PIAL détériore les conditions de travail des AESH, dégrade l’accompagnement des élèves tout en rajoutant de la complexité dans les écoles.

Revendiquons collectivement une inclusion de qualité !

Pour le SNUipp-FSU, une scolarisation réussie des élèves en situation de handicap passe par une inclusion raisonnée qui doit pouvoir s’appuyer sur le savoir-faire et le professionnalisme d’enseignant.es spécialisé.es, sur des équipes pluri-professionnelles permettant une diversité des prises en charge, sur des AESH « véritablement » reconnues dans leur professionnalité, sur des postes de RASED ( pétition "Renforcer les RASED - j’écris au ministre" - ICI ) et de « Plus de Maîtres que de classes », sur une baisse des effectifs dans les classes …  

Agenda

<<

2020

 

<<

Octobre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2829301234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930311
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

RÉSEAUX SOCIAUX

lundi 31 août 2015

RÉSEAUX SOCIAUX

PNG - 9.5 ko

Retraite

lundi 18 mai 2015

RAPPEL RETRAITE : RENVOI DES PIÈCES POUR LE 7 juillet 2018

La circulaire rectorale du 8 mars 2018 ICI précise que les pièces à fournir pour le départ à la retraite le 1er septembre 2019 doivent parvenir pour le 7 juillet 2018 dernier délai ! Lire l’article et pièces pour le dossier ICI

Formulaire à renseigner (pour les syndiqués du SNUipp-FSU 31) pour demander le calcul de votre pension :

Pour renseigner le formulaire, n’hésitez pas à vous référer à vos données personnelles figurant sur I-Prof.

Si vous avez occupé ou occupez les fonctions de direction, précisez la durée dans la rubrique "Remarques complémentaires".

Voir aussi : Retraite : connaître la loi adoptée

Remplacement

vendredi 27 février 2015

La situation se dégrade dans le département. Le SNUippFSU encourage les collègues à signaler systématiquement les remplacements non effectués. Pour cela, remplir l’enquête en cliquant ICI.