Déclaration liminaire du SNUipp FSU CAPD du 22 novembre 2011

mercredi 23 novembre 2011
par  snu31
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Élections professionnelles 2011

Avec 34,38% de participation à la Commission Administrative Paritaire Départementale (CAPD), contre 63,57 % en 2008 (61,4% en 2005, 66,78 % en 2002 et 70,68 en 1999), la chute du taux de participation au vote concernant les élections professionnelles dans le premier degré marque une situation historique dont le ministère porte l’entière responsabilité.

Le raccourcissement de la période de vote de trois à une semaine, dénoncé depuis des mois, n’a pas favorisé l’expression des personnels. De graves dysfonctionnements ont privé de leurs droits plusieurs milliers d’entre eux, sans qu’aucune solution ne soit apportée à quelque niveau que ce soit : identifiants indispensables pour voter non parvenus, électeurs non inscrits sur la liste électorale, bugs informatiques...

Le ministère a tout fait pour affaiblir la représentativité des syndicats et la parole des enseignants alors qu’ils ont exprimé avec force ces dernières années leur opposition aux suppressions massives de postes et aux mesures qui déstabilisent l’école. Des milliers d’entre nous ont été privés de la possibilité de voter. Des secteurs professionnels entiers n’étaient pas sur les listes électorales (Jeunesse et Sport...). Lors du dépouillement académique, « Les organisations syndicales FSU, Sgen CFDT, Sud éducation, CGT éducation dénoncent le caractère inique de ce scrutin dans lequel de nombreux collègues ont été privés de leur droit de vote, faute d’avoir obtenu de la part du ministre les éléments nécessaires à cette participation. Les multiples dysfonctionnements constatés, la participation désastreuse au regard des précédents scrutins, doivent conduire le ministre de l’Éducation Nationale à tirer toutes les conséquences de cette élection, ce qui doit amener dans l’immédiat le ministre à prendre les mesures nécessaires pour permettre à tous les personnels privés de leur droit de vote de l’exercer… »

Malgré ces entraves, le SNUipp et la FSU confirment largement leur première place aussi bien au niveau départemental que national.

Chasse aux malades et jours de carence.

Malgré le résultat de ces élections, le gouvernement continue dans sa volonté de faire payer la crise aux salariés du privé comme du public, sous prétexte de chasse aux économies. Au nom d’une soi-disant « équité », il tire les droits de tous les salariés vers le bas en ajoutant encore des jours de carence dans le privé et en en instaurant dans le public. Ce n’est pas de créer un délai de carence dans le public mais de supprimer celui du privé qui serait équitable ! Au lieu d’interroger la réalité des conditions de travail des salariés, il propose de contrôler encore davantage les arrêts de travail… Pourtant l’allongement des carrières, l’intensification du travail et les renoncements aux soins aggravent déjà l’état de santé de la population. Au lieu de partir à la "chasse aux malades", le gouvernement devrait prendre des mesures structurelles et à long terme pour sortir de la crise économique (fin des niches fiscales, réforme de la fiscalité…). La politique qui veut faire payer la crise aux salariés est inacceptable. C’est bien les 17 milliards de non paiement des cotisations patronales qui doivent être récupérées. Le manque à gagner des fraudes imputables aux salariés ne représente que 3 milliards, soit un millième environ du budget de la sécu…

Projet de décret sur l’évaluation des enseignants

Il s’attaque ensuite aux conditions d’avancement des personnels.

Le ministère annonce qu’il va ouvrir des discussions pour modifier en profondeur les modalités d’évaluation des enseignants. Pour le premier degré, l’inspection en classe serait remplacée par un entretien professionnel mené par un inspecteur et les notes seraient supprimées. Ce nouveau processus aurait des conséquences importantes sur le déroulement de la carrière qui se ferait à un rythme plus lent. Les enseignants seraient à nouveau les grands perdants. Ce scénario entraînerait des évolutions de salaires beaucoup plus lentes. Le projet ne prévoit, pour la période 2012-2015, aucune procédure d’avancement d’échelon autre que l’avancement au rythme le plus défavorable : l’ancienneté. Non content de sacrifier leur métier, le ministère veut aussi rogner le pouvoir d’achat des enseignants. En rallongeant la durée d’avancement, le ministère prive les personnels de la source principale d’augmentation de salaire (en particulier avec le gel du point d’indice). Faut-il le rappeler, la rémunération au mérite est une valeur venant de l’entreprise. Mais comment évaluer une activité complexe, multidimensionnelle, difficile à enfermer dans des critères quantitatifs comme l’enseignement et celle ou celui qui le dispense ? Le projet de décret se propose d’identifier la « valeur ajoutée » que peut représenter l’enseignant vis-à-vis de la réussite de ses élèves. Le premier effet (constaté aux USA ou en Grande Bretagne) sera une baisse d’ambition et l’organisation d’un bachotage sur les matières testées. De plus, les accumulations statistiques induites par ce type de modèle n’apportent rien à l’enseignant sur sa connaissance des élèves. Par contre, elles peuvent aboutir à contrôler et standardiser les pratiques dans les classes. Les effets pervers sont prévisibles : augmentation des tensions quant à la prise en charge des élèves « difficiles », évitement exacerbé des écoles « difficiles », tension entre collègues sur la responsabilité du niveau d’une classe. La nature et l’efficacité de l’acte pédagogique sont en partie liées au contexte d’enseignement, c’est-à-dire à la classe et aux élèves qui la composent. Or, les entretiens vont se dérouler hors la classe à base de données statistiques. Les comportements des élèves, l’hétérogénéité des classes, tous les éléments humains qui sont l’essentiel de notre travail, ne seront ni vus, ni perçus, ni pris en compte.

Dans le projet de décret, les IEN recevraient les collègues une fois tous les trois ans pour faire le point sur les objectifs. Cet entretien entraînera une évolution de carrière éloignée de toute pratique professionnelle réelle. C’est un renforcement du pouvoir hiérarchique. Un autre aspect du projet de décret fait référence à plusieurs reprises à « la manière de servir » des enseignants. Un enseignant qui appliquerait un mot d’ordre syndical correspondant à ses convictions serait-t-il alors mis à l’écart ? De notre point de vu, servir c’est avant tout servir la réussite des élèves, servir le Service Public Laïque d’Éducation… Ces projets sont donc totalement inacceptables, ils constituent une agression frontale contre les personnels et transforment le rôle de l’École. C’est aussi une marque de mépris à l’égard du travail accompli par les enseignants dans leur classe. C’est enfin une volonté de transformer des personnels concepteurs de leur métier en simples exécutants de directives imposées. C’est pourquoi, l’ensemble des organisations syndicales de l’éducation appellent les personnels à la grève le 15 décembre.


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