FSU, ces 35 derniers jours

A l’origine, la FSU est une fédération syndicale constituée de syndicats nationaux généraux, de (...)



vendredi 18 mai 2018

jeudi 17 mai 2018

  • 22 mai : grève unitaire dans la Fonction publique !

    Sous couvert de discours modernistes, c'est bien une remise en cause de la Fonction publique que prépare le gouvernement.

    C'est pourquoi les 9 organisations syndicales représentatives dans la Fonction publique appellent toutes et tous les agent-es à être en grève et à participer aux manifestations le mardi 22 mai. Les revendications sont claires : dialogue social respectueux des représentants des personnels, rejet des 120 000 suppressions d'emplois prévues d'ici 2022, refus du recours accru au contrat, opposition à la remise en cause des CAP et à la disparition des CHSCT...

    Elles exigent également des mesures qui permettent une réelle amélioration du pouvoir d'achat pour toutes et tous : fin du gel de la valeur du point d'indice et sa revalorisation, rattrapage des pertes subies, abrogation de la journée de carence, compensation pérenne de la hausse de la CSG, respect des engagements contenus dans le protocole PPCR en matière d'évolution de carrière, d'amélioration des déroulements de carrière lors du rendez-vous salarial du mois de juin...

    La FSU considère que pour permettre à la Fonction publique de rrépondre aux besoin des usager-es et de la société, il faut lui permettre de poursuivre ses évolutions sur d'autres bases que celles mises aujorud'hui dans le paysage par le gouvernement et s'appuyer davantage sur la professionnalité et l'engagement des agent-es.
    C'est pourquoi elle est extrêment vigilante aux suites que compte donner au futur rapport du Comité Action Publique 2022 et aux mesures qu'il décidera de mettre en oeuvre.

    Alors, pour nous faire entendre, grève le 22 mai !


mercredi 16 mai 2018

  • Rapport sur la fusion des académies

    Dans un rapport publié le 13 mai, l'Inspection générale de l'éducation nationale fait un bilan de la mise en œuvre des régions académiques créées en 2015, dont elle tire la conclusion qu'il est nécessaire d'aller plus loin. Ce rapport préconise d'arriver à l'horizon 2021 à 13 académies métropolitaines dont la carte se superposerait à celle des 13 nouvelles régions, chaque région académique devant élaborer un projet académique de fusion.

    Les précautions des rapporteurs ne masquent pas que l'un des objectifs à terme est de modifier le périmètre de gestion des personnels, en commençant par des "petites régions" comme la Normandie ou les Hauts de France.

    Le rôle de l'administration centrale serait recentré sur le pilotage et la conception et « les recteurs [devraient] voir renforcer leurs compétences en matière de gestion de personnels avec la déconcentration au niveau académique de tous les actes de gestion ». La question du mouvement des personnels du second degré et de leur recrutement est clairement identifiée.

    Le rapport préconise également de réexaminer la carte des circonscriptions du 1er degré, d'expérimenter de nouvelles formes d'organisation territoriale et d'aborder la question du statut des écoles et de leurs directions. Ce ne sera pas sans conséquence sur la gestion des personnels du premier degré qui perdrait l'expertise de proximité.

    Le ministère doit annoncer ses arbitrages pour le début du mois de juin.

    La FSU intervient pour défendre le modèle académique, contre les fusions envisagées dont elle interroge le sens et la pertinence

    En effet, outre les mutualisations de service et de moyens, et les économies d'échelle ainsi recherchées, cette réorganisation territoriale s'inscrit dans la perspective de donner toujours plus de compétences aux régions pour les inscrire dans le schéma européen. Les inégalités territoriales, l'accompagnement des personnels, les conditions de réussites des élèves sont absentes du rapport. En quoi des académies plus grandes, pouvant atteindre 2 millions d'élèves permettront au système éducatif de mieux remplir son rôle ?

    La FSU défend que les politiques publiques en matière d'éducation doivent être définies nationalement et les cadres de gestion des personnels rester pilotés concrètement par le ministère.

    Pour la FSU, la régionalisation de l'éducation, à laquelle la rapport conduit, ne peut mener qu'à davantage d'inégalités dans l'accès des jeunes aux qualifications.


  • 22 mai : grève unitaire dans l'Education !

    Sous couvert de discours modernistes, ce sont bien des reculs sociaux majeurs que prépare le gouvernement : réduction des capacités d'action de la Fonction publique, atteinte au statut des fonctionnaires, remise en cause des instances de dialogue social, dégradation des conditions de rémunération et de travail des personnels ...

    Parce que rien n'est joué, il est indispensable de nous faire entendre le 22 mai prochain. C'est la meilleure façon de faire entendre nos revendications notamment pour obtenir une meilleure reconnaissance de notre travail et de nos qualifications lors du rendez-vous salarial qui se tiendra à la mi-juin.

    Nous porterons aussi la nécessité de renforcer le service public d'éducation pour qu'il assure la réussite de tous les élèves.

    Alors, dans une unité syndicale exemplaire, le 22 mai on se manifeste !


  • Gaza : halte au massacre

    La FSU condamne avec force le massacre de la population palestinienne à la frontière de Gaza, perpétré par l'armée de l'État israélien.

    Depuis plus de 70 ans et l'expulsion des Palestinien-nes de leur terre, l'état israélien viole les droits des Palestinien-nes en dépit des résolutions de l'ONU : annexion de territoires, colonisation, blocus de Gaza, enfermement des militant-es palestinien-nes, répression extrême de toutes les manifestations...

    Aujourd'hui, l'administration Trump choisit la provocation et piétine le droit international en déplaçant son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem.

    Avoir Jérusalem comme capitale, vieille revendication des droites extrêmes israéliennes, symbolise une expulsion de plus pour les Palestinien-nes. Ce geste a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase de la colère.

    Le bilan humain des manifestations pour le droit au retour, qui commémorent ce que les Palestiniens appellent la Nakba (la catastrophe) et qui s'opposent à l'installation de l'ambassade américaine à Jérusalem est terrible : plusieurs dizaines de manifestant-es tué-es froidement, dont des enfants, et des milliers de blessé-es.

    Les Palestinien-nes demandent l'égalité, la justice, la dignité. Autant de revendications légitimes et qui sont les nôtres. La FSU demande au gouvernement français de prendre toutes les mesures pour protéger le peuple palestinien et qu'il prenne des sanctions vis-à-vis de l'Etat d'Israël pour que le droit international soit respecté.

    La FSU appelle à participer aux rassemblements de soutien au peuple palestinien.


mardi 15 mai 2018

  • Salaires et carrières, urgence !

    « Nous améliorerons le pouvoir d'achat de tous les travailleurs. Sans que cela ne revienne plus cher aux employeurs, nous réduirons les cotisations payés par les salariés, par les indépendants et par les fonctionnaires : près de 500 € supplémentaires nets par an pour un salaire de 2 200 € nets par mois ! »
    Programme d'E. MACRON à l'élection présidentielle 2017

    Hausse de la retenue pour la pension civile, absence de revalorisation de la valeur du point d'indice, premières retenues pour jour de carence pour les personnels concernés. Loin d'une augmentation du pouvoir d'achat, c'est une nouvelle dégradation de celui-ci qui a été constaté sur la paye de janvier 2018.

    Un pouvoir d'achat du point d'indice en berne
    L'unique revalorisation de la valeur du point d'indice en 2016 n'a pas compensé les augmentations constantes de la retenue pour pension civile et de l'inflation depuis 2010. Cumulée, la diminuation du pouvoir d'achat du point d'indice net s'élève à - 9,1% depuis cette date. Ainsi, seules les promotions permettent de limiter la perte de pouvoir d'achat. C'est une négation du principe statutaire de carrière qui garantit une augmentation de salaire au fur et à mesure que progresse l'expérience.

    Hausse de la CSG mal compensée
    L'augmentation de la CSG au 1er janvier 2018 de 1,7 point est compensée par la suppression de la CES (contribution exceptionnelle de solidarité) et la création d'une indemnité. Cependant, le calcul, complexe, de celle-ci aboutira à une compensation qui ne peut être que partielle. En effet, cette indemnité forfaitaire annuelle, calculée sur la base de la rémunération 2017, n'est pas ajustée mois par mois pour tenir compte des éventuelles variations de paye, par exemple lors d'un avancement d'échelon. De plus, cette compensation ne va pas durer dans le temps. En effet, l'indemnité compensatrice sera indexée sur la paye jusqu'en 2020. C'est une baisse mécanique du pouvoir d'achat, année par année, qui se profile donc après cette date. Pour les personnels en congé de formation, au prétexte que durant cette période les collègues ne peuvent toucher aucune autre indemnité, l'administration a décidé purement et simplement de ne plus payer l'indemnité compensatrice et de faire des retraits des « trop-perçus » !

    PPCR, une revalorisation enrayée
    Les principales dispositions du cycle de discussion PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations), engagé sous le précédent quinquennat, ont été mises en application à travers une série de décrets. Pour la FSU, ce protocole constituait un premier pas dans l'amélioration des carrièreset la reconnaissance des qualifications et de l'investissement des personnels. Le report d'un an de sa mise en œuvre décidé par le gouvernement actuel est un coup de canif dans la parole de l'État. Un tel report contribue à dégrader de nouveau le pouvoir d'achat des personnels.

    Le rétablissement d'une journée de carence : les malades pénalisés
    Instauré en 2012 sous Nicolas Sarkozy et supprimée en 2014 par François Hollande, le jour de carence a été réinstauré dans la Fonction publique par le gouvernement dans " une logique d'équité " entre salariés du privé et du public. Son rétablissement représente une double peine : en plus de constituer une nouvelle amputation du pouvoir d'achat, il punit les personnels, considérant qu'ils sont coupables d'être malades.

    Égalité professionnelle femmes/hommes
    La Fonction publique n'est pas épargnée de l'inégalité professionnelle entre les femmes et les hommes : le salaire net mensuel des femmes est inférieur de 13,3 % à celui des hommes, à compétence et fonction égales. Le gouvernement a décidé de faire de l'égalité professionnelle une « grande cause nationale ». Or les décisions et projets en cours dans la Fonction publique vont avoir un impact négatif. Pour la FSU, il est urgent de passer d'une obligation de moyens à une obligation de résultat et de procéder à un rattrapage salarial effectif. De plus, il faut en finir avec les promotions de grade qui sont autant de cribles accentuant les différences de parcours de carrière entre les femmes et les hommes. La FSU revendique un déroulement de carrière sans barrage de grade.

    Pour un rendez-vous salarial dans la Fonction publique qui ne soit pas à minima !
    Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, avait refusé toute négociation salariale au titre de l'année 2018 mais l'action initiée par la FSU a abouti à l'annonce d'un rendez-vous salarial en juin prochain. Cette annonce n'augure rien des mesures que le gouvernement mettra sur la table, la politique menée depuis près d'un an n'étant qu'accumulation de mesures d'austérité.

    Les salaires des personnels de la Fonction publique ne sont pas une charge qu'on peut impunément raboter. Comme tous les salariés, ils produisent des richesses et ont droit à une juste rémunération en retour. La FSU exige une véritable négociation salariale qui aboutisse à une réelle reconnaissance du travail et des missions des personnels par une augmentation du pouvoir d'achat et une revalorisation des carrières.


  • Communiqué commun CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FA, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNSA

    Communiqué commun des neuf fédérations de la Fonction publique CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FA, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNSA

    22 mai : journée de grève et de manifestations dans la Fonction publique

    Les 9 organisations représentatives de la Fonction publique ont été reçues par Olivier Dussopt ce jour concernant leur préavis de grève du 22 mai prochain.
    Elles ont rappelé au Ministre les principales raisons de cette grève : nécessité d'un dialogue social respectueux des représentants des personnels, rejet du projet de suppression de 120 000 emplois et d'un recours accru au contrat, désaccord sur la remise en cause des CAP et CHSCT... et leur exigence de mesures permettant une réelle amélioration du pouvoir d'achat pour toutes et tous et les agent-es.
    L̀e Ministre n'a apporté aucune réponse satisfaisante aux organisations. Cela confirme qu'il n'y a pas de véritables concertations ouvertes par le gouvernement.
    Les organisations syndicales attachées à une Fonction publique rendant des services de qualité́ à toutes et tous les usager-es sur l'ensemble du territoire, aux valeurs et principes d'égalité, de solidarité et de justice sociale, à la nécessité aussi de conforter les agent-es dans leurs rôles et dans leurs missions réaffirment la nécessité d'une forte mobilisation le 22 mai prochain.
    Elles appellent toutes et tous les agent-es à être en grève et à manifester pour faire entendre leurs exigences.

    Paris le 15 mai 2018


lundi 14 mai 2018

  • Lettre ouverte aux usagers - Notre Fonction publique est en danger : défendons-la le 22 mai !

  • Pour un autre regard sur les migrations

    Les migrations sont un phénomène qui participe continuellement à la construction des histoires sociales et économiques. Aujourd'hui, les flux migratoires et leur lourd tribut humain sont autant de conséquences de la multiplication des zones de conflits sur le globe, des catastrophes écologiques mais aussi des inégalités entre le « Nord et le Sud », notamment en matière de répartition des richesses, d'accès à l'eau potable, à de bonnes conditions de nutrition, aux soins... Ces mêmes facteurs vont accentuer encore les mouvements migratoires, alors qu'aujourd'hui les migrants sont relégués dans l'isolement, l'exclusion, la précarité ou l'insalubrité. Nous exprimons notre effroi devant ce qui n'est rien d'autre qu'une catastrophe humanitaire devant laquelle les États ferment les yeux.

    L'inexistence d'une véritable politique d'accueil en Europe reporte sur quelques pays (Grèce, Espagne, Italie) une charge bien trop lourde pour eux. Pour nous, les gouvernements doivent assumer leurs responsabilités et mettre en œuvre un véritable devoir d'accueil vis-à-vis des réfugié-es. Nous estimons que ce devoir de solidarité et de dignité doit s'imposer équitablement à tous les pays de l'Union.

    Pour faire face à l'urgence de la situation, nous considérons que les efforts doivent prioritairement être portés sur la mise en place au niveau européen d'une coordination pérenne et renforcée de moyens humains, matériels et financiers permettant de porter secours et assistance aux populations dont le nombre de victimes ne cesse de croître.

    Au-delà, nous appelons à une réflexion d'ensemble qui porte notamment sur la demande d'asile et plus généralement sur la politique migratoire de l'Europe qui, pour contrôler ses frontières, tourne le dos aux milliers de personnes qui risquent leur vie dans l'espoir d'une vie meilleure.

    La solidarité doit être le vecteur principal de politiques d'asile et d'immigration qui étendent les protections pour faire société, pour mieux vivre ensemble. La fermeté et le rejet, signes de repli et d'indifférence aux plus vulnérables n'y ont pas leur place. Aucune politique d'accueil digne de ce nom ne peut priver quiconque de l'accès aux droits fondamentaux comme les soins, le logement, l'emploi et l'éducation.

    A l'heure où en France se discute un 18ème projet de loi sur l'immigration, nous tenons à rappeler la contribution indéniable des migrant-es au soutien de l'activité économique. Loin de représenter une menace générale pour notre sécurité ou un facteur d'accroissement du chômage, pour ne rappeler ici que deux des raisons souvent invoquées pour « leur fermer la porte », les migrants participent à l'accroissement de la richesse nationale et au financement de la protection sociale, consomment et créent des entreprises.

    Le droit d'asile doit être respecté afin de revenir à ce qui a fondé notre histoire, généreuse face aux populations qui fuient les conflits meurtriers, les désastres économiques et écologiques. La dissuasion et la répression n'empêcheront pas celles et ceux qui vivent des situations inhumaines de tenter l'impossible pour rejoindre les pays comme le nôtre qui restent à leurs yeux des destinations attractives.

    Partager les conditions de cette attractivité nous honorerait.


  • 17 mai 2018 et Marches des fiertés LGBT : défiler pour l'égalité et contre les violences

    Le 17 mai 2018 marquera le 5e anniversaire de la loi ouvrant le mariage à tous les couples. Si l'on peut se réjouir de cette avancée législative, l'égalité pleine et entière n'est pas acquise pour autant, et les actes et propos lgbtphobes continuent d'alimenter les faits divers, voire certains discours politiques. Cette violence s'exprime parfois jusque dans les établissements scolaires.

    Dans ce contexte, on ne peut que déplorer les signaux envoyés par Emmanuel Macron aux opposant-es à l'égalité des droits. Non content d'avoir évoqué les « humilié-es » de la Manif pour tous pendant sa campagne, le Président a adopté dernièrement devant la conférence des évêques une attitude très compréhensive pour les positions réactionnaires de l'Église… Enfin, les États Généraux de la bioéthique ont surtout fourni une vitrine aux anti-PMA : La Manif Pour Tous et Alliance Vita ont mobilisé leurs troupes pour parasiter les débats et imposer leurs arguments pré-formatés, au point que les familles homoparentales s'y sont peu manifestées, de crainte d'être stigmatisées comme ce fut le cas dans plusieurs réunions. Et cette humiliation-là, ces violences-là, M. Macron ne les dénonce pas.

    La FSU réaffirme sa revendication d'accès à la PMA pour toutes les femmes, dans une optique d'égalité des droits. En ce qui concerne l'éducation, elle rappelle que l'école doit non seulement lutter contre toutes les discriminations, mais aussi éduquer toutes et tous à l'égalité, afin de permettre l'émancipation de chacun-e quels que soient son sexe, son identité de genre, son orientation sexuelle, sa couleur de peau, son origine...

    Pour l'avènement d'une société de droits égaux pour toutes et tous, pour que cessent les discriminations et les violences, il est important de rendre visible ce combat en étant largement présent-es dans la rue, pour l'égalité. C'est pourquoi la FSU appelle à participer aux rassemblements à l'occasion du 17 mai, ainsi qu'aux Marches des fiertés LGBT.


dimanche 13 mai 2018

  • La FSU dénonce l'attentat meurtrier commis hier à Paris

    La FSU dénonce l'attentat meurtrier commis hier à Paris.

    Elle présente ses condoléances à la famille de la victime ainsi qu'à ses proches et assure tous les blessés de son soutien.

    Nous n'accepterons jamais ces atteintes à nos libertés et continuons nos combats au service d'une société démocratique, plus juste et plus solidaire.


mercredi 9 mai 2018

  • TRIBUNE COLLECTIVE : La fonction publique : une idée d'avenir

    Alors que le statut des fonctionnaires est mis à mal par des réformes, présentées comme de simples modernisations, un débat doit s'engager entre agents, usagers, élus, citoyens pour une prise en charge collective et étendue de l'intérêt général.

    La fonction publique : une idée d'avenir
    Privilégiés et trop nombreux, les fonctionnaires ? Dépassé, rigide, inapproprié leur statut ? Ces affirmations, assénées comme des évidences jamais démontrées, visent encore une fois à justifier de prétendues réformes qui, présentées comme de simples modernisations, minent en fait le statut général des fonctionnaires. Elles manifestent une ignorance délibérée de l'histoire, de la réalité et du rôle de la fonction publique dans notre société et esquivent le débat sur leurs enjeux en termes de cohésion sociale, de solidarités, de développement économique, d'effectivité des droits, de développement durable…

    Si le choix a été fait d'un statut défini par la loi et non le contrat, c'est fondamentalement que les fonctionnaires ont en charge l'intérêt général lequel ne peut se réduire à une somme d'intérêts particuliers. La fonction publique est une construction rationnelle qui répond aux besoins des services publics et aux principes qui les régissent : l'égalité, la continuité, l'adaptabilité, la laïcité. Elle repose sur un certain nombre de principes liés aux fondements de notre démocratie : le principe d'égalité qui se traduit notamment dans le recrutement par concours, le principe d'indépendance avec la séparation du grade et de l'emploi qui constitue une garantie fondamentale aussi bien pour le fonctionnaire – qui est ainsi protégé des pressions locales ou des tentatives de faire prévaloir des intérêts particuliers – que pour l'usager, pour qui sont ainsi assurées les conditions d'une égalité de traitement et d'une pérennité de l'action publique ; le principe de responsabilité qui rend le fonctionnaire responsable de son action et l'oblige à en rendre compte. Et ce qui est souvent dénoncé comme des privilèges n'est qu'un ensemble de droits mais aussi de contraintes qui s'articulent pour répondre aux besoins des services publics et des usagers.

    Nos services publics ont besoin d'agents qui travaillent ensemble avec des droits et des obligations communs, s'articulant avec des règles particulières adaptées à chacun des secteurs d'activité. C'est ce que permet pour les fonctionnaires leur statut : il assure à la fois le respect de principes fondamentaux et la souplesse de fonctionnement et de gestion. Ce statut n'est ni un monument ni une pièce de musée ; il n'a cessé de vivre, d'évoluer, de s'adapter aux besoins de la société et il doit continuer à le faire. Mais ces évolutions doivent prendre appui sur les principes qui le fondent et être démocratiquement débattues avec les agents et les usagers, à l'inverse de ce qui se dessine actuellement.

    Nous devons penser l'avenir, faire face aux enjeux du XXIe siècle, ceux d'une prise de conscience accrue d'un destin commun de l'humanité et d'une affirmation nouvelle de valeurs universelles : droits fondamentaux, protection de l'écosystème mondial, accès aux ressources naturelles indispensables, droit au développement, mobilité des personnes, diversité culturelle, égalité femmes-hommes, devoir d'hospitalité, sécurité… Ils nécessitent que tous, fonctionnaires, usagers, élus, citoyens, construisent par le débat une meilleure prise en charge collective d'un intérêt général de plus en plus étendu : c'est précisément ce que permettent les services publics et la fonction publique et ce qui fonde leur modernité et la nécessité de les préserver. Et c'est pourquoi nous sommes aux côtés de celles et ceux qui se mobilisent pour défendre et promouvoir ce projet éminemment moderne et progressiste.

    Signataires : Gérard Aschieri, membre CESE ; Jean Auroux, ancien ministre ; Roland Berthilier, président de la MGEN ; Frédéric Boccara, économiste, membre du Cese ; Alain Bonhomme, inspecteur général honoraire des Affaires culturelles ; Françoise Bosman, conservatrice générale honoraire du patrimoine ; Olivier David, président de l'Université de Rennes 2 ; Jérôme Deauvieau, directeur du département sciences sociales de l'ENS ; Jean Paul Delahaye, inspecteur général honoraire de l'Education Nationale ; Jean-Paul Demoule, professeur des universités émérite, ancien président de l'Inrap ; Michel Dubromel, président de France Nature Environnement ; Christian Favier, président du conseil départemental 94 ; Eric Favey, président de la Ligue de l'enseignement ; Charles Fiterman, ancien ministre ; Jacques Fournier, conseiller d'Etat honoraire ; Pascale Gonod, professeur des universités ; Yves Jean, président de l'université de Poitiers ; Marylise Lebranchu, ancienne ministre ; Anicet Le Pors, ancien ministre, conseiller d'Etat honoraire ; Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic ; Patrick Pelloux, médecin urgentiste, écrivain ; Sophie Pochic, directrice de recherches au CNRS ; Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, Jacques Rigaudiat, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien directeur de cabinet du ministre de la fonction publique (1986) Philippe Rio, maire de Grigny ; Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes ; Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS ; Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l'homme ; Aurélie Trouvé,coprésidente d'Attac


mardi 8 mai 2018

  • Le choix d'école du Ministre de l'éducation nationale

    A l'heure où le gouvernement réforme tous azimuts le système scolaire français, Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire tient à donner les grandes lignes et les principes qui devraient nous guider dans ces réformes.

    Annonces, réformes, mesures déferlent sur l'Éducation : Parcoursup, baccalauréat, orientation, lycée, formation professionnelle, retour aux fondamentaux au primaire, instrumentalisation de certaines sciences pour asseoir des préconisations pédagogiques parfois contraires aux programmes, injonctions, complaisance pour l'école privée, promotion de l'apprentissage pré-bac aux dépens des lycées professionnels… Leur justification serait la nécessité d'améliorer et de moderniser le service public d'éducation, ce qui est un souci permanent de celles et ceux qui le font vivre. En réalité, cela cache mal une remise en en cause des valeurs les plus fondamentales de l'École publique.

    Tout d'abord celle de l'égalité. Tout en prétendant viser la réussite de l'ensemble des jeunes, les choix faits consistent à augmenter les outils de sélection, réduire les moyens d'enseignement, dénaturer le caractère national du bac, lier la formation professionnelle aux seuls besoins des entreprises ou limiter l'ambition à la maîtrise des fondamentaux pour une part des élèves… Ils renforcent les inégalités scolaires en maintenant le poids des déterminismes sociaux. Ils limitent l'ambition des parcours scolaires et traduisent un renoncement à une élévation générale du niveau de connaissances et de qualifications. Ils négligent la construction d'une culture commune indispensable à l'émancipation et à l'exercice d'une citoyenneté éclairée. Les dispositifs ciblés en faveur d'un petit nombre d'élèves, issus des milieux populaires, reviennent à abandonner des mesures pour le plus grand nombre qui permettraient de mieux lutter pour l'égalité. De même, l'abaissement de la scolarité obligatoire à trois ans n'entérine que l'existant sans poser la question de l'amélioration des conditions de scolarisation, tout comme le dispositif « parcours sup » ne pose pas celle de la démocratisation de l'enseignement supérieur.

    Ensuite celle de la fraternité. L'épanouissement individuel, l'individualisation des parcours, le bien-être de chacun ne peuvent suffire à constituer les finalités de notre système éducatif. Pour contribuer à une société plus juste, plus solidaire, plus fraternelle, l'École doit rester le lieu d'une émancipation collective où la réussite individuelle ne peut se faire aux dépens des enjeux de la culture commune, de la citoyenneté, d'élévation générale des savoirs et qualifications, et rompre avec la sélection et la compétition. Elle doit être un lieu d'accueil, d'ouverture sur le monde et d'apprentissage de la vie en société.

    Ensuite encore celle de la liberté. Liberté pour les jeunes de construire leur avenir et de faire des choix débarrassés des déterminismes de toute sorte, à l'inverse du risque d'enfermement et de soumission au court terme que contiennent par exemple les mesures actuelles sur l'orientation.

    Liberté pour les personnels d'exercer leurs métiers en toute responsabilité. Tout en proclamant une école de la confiance, le Ministre pèse sur les choix pédagogiques et éducatifs des enseignants et de l'ensemble des personnels par la prescription injonctive. Au prétexte d'une vérité scientifique qui, en réalité, relève de choix particuliers, il renonce au pluralisme de la recherche et contrevient au principe d'une liberté pédagogique qui devrait pouvoir s'exercer dans la seule limite des programmes et des projets d'écoles et d'établissements. Notre démocratie a patiemment construit l'équilibre qui inscrit les finalités du projet scolaire dans la loi mais fonde les organisations pédagogiques et didactiques sur la compétence professionnelle. Décider arbitrairement de la remise en cause de cet équilibre en niant l'expertise professionnelle ne sera pas sans conséquence sur la qualité de l'école. Notre système éducatif, au contraire, aurait besoin pour progresser que soient favorisées l'initiative et la formation initiale et continue des enseignants et des équipes.

    Enfin, celle de l'affirmation du service public comme étant le bien commun seul à même de répondre aux ambitions démocratiques de l'école. Car garantir un service public d'éducation est un devoir de l'État fixé par la Constitution. Or certaines réorganisations font et feront la part belle aux initiatives privées dont la finalité économique et sociale est loin de servir l'intérêt général. La multiplication des discours institutionnels favorables aux projets privés est un choix idéologique, exercé aux mépris de l'analyse objective et des valeurs de laïcité indispensables à notre société. Seul le service public peut garantir l'intérêt général. Remettre en cause ce principe constitue un risque majeur.

    L'Éducation est un enjeu fort pour l'avenir de notre société. Cela implique une politique déterminée sur des objectifs de réussite pour tous les élèves et un investissement en conséquence pour l'école et l'avenir de la jeunesse.

    Bernadette GROISON , secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire


lundi 7 mai 2018

  • M. Macron et son gouvernement continuent, les retraités et les retraitées aussi.

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    Les organisations de retraité-e-s du groupe des 9 (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, LSR, Ensemble & Solidaires-UNRPA) se sont réunies le 11 avril 2018 pour décider des suites à donner aux mobilisations engagées par elles, notamment le 28 septembre 2017 (80 000 manifestants) et le 15 mars 2018 (plus de 160 manifestations et plus de 200 000 manifestants).

    Unanimement, elles ont constaté que la colère manifestée par les personnes retraitées le 15 mars était le résultat d'une accumulation d'attaques menées à leur encontre par les gouvernements depuis le printemps 2014 : gel des pensions, création ou augmentation de taxes, suppression de dispositions fiscales spécifiques, etc. Depuis son installation à la présidence de la République, M. Macron n'a cessé d'ignorer les revendications des personnes retraitées, de les caricaturer comme des « riches » et des « nantis », le tout se poursuivant par une augmentation de 25 % de la CSG qui ampute très fortement le pouvoir d'achat d'un grand nombre de retraité-e-s depuis le 1er janvier 2018.

    L'énorme succès des manifestations a incité le premier ministre à effectuer un tout petit geste, à exonérer d'augmentation de la CSG 0,6 % des retraité-e-s… en 2019. Ce premier recul reste bien trop limité pour calmer les personnes retraitées en colère.

    Les 9 organisations ont décidé d'accentuer la pression sur le gouvernement et sur les parlementaires qui ont notamment voté la loi de Finances 2018 et la loi de Financement de la Sécurité Sociale 2018.

    Dès maintenant, est proposée à la signature une pétition exigeant qu'une loi de finances rectificative soit prise annulant la hausse de la CSG pour tous, mettant fin au gel des pensions et décidant de la revalorisation de toutes les pensions. Depuis des mois, les députés de la majorité parlementaire veulent nous expliquer leurs réformes. A notre tour nous allons leur faire un peu de pédagogie pour qu'ils apprennent ce qu'est la vraie vie des retraité-e-s.

    Le jeudi 14 juin sera une nouvelle journée nationale de manifestations décentralisées dans tous les départements, au plus près des retraité-e-s.

    Le fait que d'autres mobilisations sociales et syndicales se développent dans le pays est considéré comme un élément supplémentaire nécessitant le maintien d'une pression spécifique de tous et toutes les retraité-e-s.

    En effet, le gouvernement multiplie ses « réformes » qui sont autant d'attaques contre certaines catégories sociales : en multipliant les cadeaux fiscaux et sociaux aux plus riches (laxisme à l'égard de la grande fraude, baisse de l'impôt sur les sociétés à 25 %, plafonnement de l'imposition des dividendes à 30 %, suppression de l'impôt sur la fortune pour les titulaires de portefeuilles boursiers, etc.), il accentue les déficits publics et il maintient la dette, lesquels sont ensuite mis en avant pour expliquer une politique d'austérité à l'égard du plus grand nombre s'accompagnant notamment d'une réduction des crédits alloués aux dépenses sociales, de solidarité et de financement des services publics (hôpitaux, EHPAD, etc.).

    Les propos tenus le 12 et le 15 avril à la télévision par le Président de la République confirment qu'il ne veut toujours rien comprendre de la colère des retraité-e-s. Il nous dit qu'il ne prend pas les retraité-e-s « pour un portefeuille », peut-être, mais il les prend bien pour un porte-monnaie … dans lequel il tape pour aller grossir les portefeuilles d'une minorité privilégiée.

    François Thiéry-Cherrier (UCR-CGT, 263 rue de Paris, 93515 Montreuil cedex)
    Didier Hotte (UCR-FO, 141 avenue du Maine, 75680 Paris cedex 14)
    Jacqueline Valli (UNAR-CFTC, 128 avenue Jean Jaurès, 93697 Pantin cedex)
    Daniel Delabarre (UNIR CFE-CGC, 59 rue du Rocher, 75008 Paris)
    Marylène Cahouet (FSU, 104 rue Romain Rolland, 93260 Les Lilas)
    Gérard Gourguechon (UNIRS-Solidaires, 31 rue de la Grange aux Belles, 75010 Paris)
    Michel Salingue (FGR-FP, 20 rue Vignon, 75009 Paris)
    Francisco Garcia (Ensemble & Solidaires - UNRPA, 47 bis rue Kléber, 93400 St Ouen)
    Jacques Sanchez (LSR, 263 rue de Paris, 93515 Montreuil)


vendredi 4 mai 2018

  • 22 mai : les organisations préparent la mobilisation dans la Fonction publique

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    Communiqué unitaire des Fédérations de Fonctionnaires

    Les neuf organisations syndicales représentatives dans la Fonction publique appellent l'ensemble des personnels de la Fonction publique de l'État, de la Fonction publique Hospitalière et de la Fonction publique Territoriale à la grève et aux manifestations le mardi 22 mai 2018.
    Elles exigent un dialogue social respectueux des représentants des personnels et appellent les agents à dire leur rejet du projet de suppression de 120 000 emplois et le recours accru au contrat qui dégraderont les conditions de travail des agent-es, considérant que le développement de la contractualisation constitue une attaque contre le statut de même que la possible rémunération « au mérite » assise sur des critères antinomiques de ceux du service public. Elles rappellent leur opposition à la remise en cause des CAP et à la disparition des CHSCT, comme à toutes mobilités forcées vers le secteur privé.
    Dans le cadre du rendez-vous salarial du mois de juin, les organisations appellent les agents à exiger que le gouvernement propose des mesures qui permettent une réelle amélioration du pouvoir d'achat pour toutes et tous : fin du gel de la valeur du point d'indice et sa revalorisation, rattrapage des pertes subies, abrogation de la journée de carence, compensation pérenne de la hausse de la CSG, respect des engagements en matière d'évolution de carrière, amélioration des déroulements de carrière.
    Les organisations sont attachées à une Fonction publique rendant des services de qualité à toutes et tous les usager-es sur l'ensemble du territoire, aux valeurs et principes d'égalité, de solidarité et de justice sociale, à la nécessité aussi de conforter les agent-es dans leurs rôles et dans leurs missions. Fortes de ces valeurs, elles appellent le Gouvernement à être extrêmement vigilant sur les suites à donner au futur rapport du Comité Action Publique 2022.
    D'ores et déjà, elles appellent à un rassemblement devant Bercy le 15 mai à midi à l'occasion de l'ouverture du chantier consacré au recours au contrat. Un point Presse sera organisé sur place à cette occasion. Les agents sont ainsi invités à exprimer leur désaccord avec la volonté du Gouvernement d'élargir le recours au contrat et à dire leurs attentes d'une amélioration des conditions d'emploi des contractuels et la mise en œuvre d'un nouveau plan d'accès à l'emploi titulaire.
    Une conférence de presse commune se tiendra le vendredi 18 mai prochain à 10 heures dans l'immeuble des fédérations de la CFDT, 47 avenue Simõn Bolivar à Paris 19.
    Paris, le 4 mai 2018


  • La fonction publique : une idée d'avenir

    Paru dans Libération le 4 mai 2018

    Alors que le statut des fonctionnaires est mis à mal par des réformes, présentées comme de simples modernisations, un débat doit s'engager entre agents, usagers, élus, citoyens pour une prise en charge collective et étendue de l'intérêt général.

    Privilégiés et trop nombreux, les fonctionnaires ? Dépassé, rigide, inapproprié leur statut ? Ces affirmations, assénées comme des évidences jamais démontrées, visent encore une fois à justifier de prétendues réformes qui, présentées comme de simples modernisations, minent en fait le statut général des fonctionnaires. Elles manifestent une ignorance délibérée de l'histoire, de la réalité et du rôle de la fonction publique dans notre société et esquivent le débat sur leurs enjeux en termes de cohésion sociale, de solidarités, de développement économique, d'effectivité des droits, de développement durable…

    Si le choix a été fait d'un statut défini par la loi et non le contrat, c'est fondamentalement que les fonctionnaires ont en charge l'intérêt général lequel ne peut se réduire à une somme d'intérêts particuliers. La fonction publique est une construction rationnelle qui répond aux besoins des services publics et aux principes qui les régissent : l'égalité, la continuité, l'adaptabilité, la laïcité. Elle repose sur un certain nombre de principes liés aux fondements de notre démocratie : le principe d'égalité qui se traduit notamment dans le recrutement par concours, le principe d'indépendance avec la séparation du grade et de l'emploi qui constitue une garantie fondamentale aussi bien pour le fonctionnaire – qui est ainsi protégé des pressions locales ou des tentatives de faire prévaloir des intérêts particuliers – que pour l'usager, pour qui sont ainsi assurées les conditions d'une égalité de traitement et d'une pérennité de l'action publique ; le principe de responsabilité qui rend le fonctionnaire responsable de son action et l'oblige à en rendre compte. Et ce qui est souvent dénoncé comme des privilèges n'est qu'un ensemble de droits mais aussi de contraintes qui s'articulent pour répondre aux besoins des services publics et des usagers.

    Nos services publics ont besoin d'agents qui travaillent ensemble avec des droits et des obligations communs, s'articulant avec des règles particulières adaptées à chacun des secteurs d'activité. C'est ce que permet pour les fonctionnaires leur statut : il assure à la fois le respect de principes fondamentaux et la souplesse de fonctionnement et de gestion. Ce statut n'est ni un monument ni une pièce de musée ; il n'a cessé de vivre, d'évoluer, de s'adapter aux besoins de la société et il doit continuer à le faire. Mais ces évolutions doivent prendre appui sur les principes qui le fondent et être démocratiquement débattues avec les agents et les usagers, à l'inverse de ce qui se dessine actuellement.

    Nous devons penser l'avenir, faire face aux enjeux du XXIe siècle, ceux d'une prise de conscience accrue d'un destin commun de l'humanité et d'une affirmation nouvelle de valeurs universelles : droits fondamentaux, protection de l'écosystème mondial, accès aux ressources naturelles indispensables, droit au développement, mobilité des personnes, diversité culturelle, égalité femmes-hommes, devoir d'hospitalité, sécurité… Ils nécessitent que tous, fonctionnaires, usagers, élus, citoyens, construisent par le débat une meilleure prise en charge collective d'un intérêt général de plus en plus étendu : c'est précisément ce que permettent les services publics et la fonction publique et ce qui fonde leur modernité et la nécessité de les préserver. Et c'est pourquoi nous sommes aux côtés de celles et ceux qui se mobilisent pour défendre et promouvoir ce projet éminemment moderne et progressiste.

    Signataires : Gérard Aschieri, membre CESE ; Jean Auroux, ancien ministre ; Roland Berthilier, président de la MGEN ; Frédéric Boccara, économiste, membre du Cese ; Alain Bonhomme, inspecteur général honoraire des Affaires culturelles ; Françoise Bosman, conservatrice générale honoraire du patrimoine ; Olivier David, président de l'Université de Rennes 2 ; Jérôme Dauvieau, directeur du département sciences sociales de l'ENS ; Jean Paul Delahaye, inspecteur général honoraire de l'Education Nationale ; Jean-Paul Demoule, professeur des universités émérite, ancien président de l'Inrap ; Michel Dubromel, président de France Nature Environnement ; Christian Favier, président du conseil départemental 94 ; Eric Favey, président de la Ligue de l'enseignement ; Charles Fiterman, ancien ministre ; Jacques Fournier, conseiller d'Etat honoraire ; Pascale Gonod, professeur des universités ; Yves Jean, président de l'université de Poitiers ; Marylise Lebranchu, ancienne ministre ; Anicet Le Pors, ancien ministre, conseiller d'Etat honoraire ; Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic ; Patrick Pelloux, médecin urgentiste, écrivain ; Sophie Pochic, directrice de recherches au CNRS ; Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien directeur de cabinet du ministre de la fonction publique (1986) ; Philippe Rio, maire de Grigny ; Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes ; Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS ; Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l'homme ; Aurélie Trouvé, coprésidente d'Attac.
    Un collectif


jeudi 3 mai 2018

  • SERVICES PUBLICS NOTRE RICHESSE : les enjeux des services publics et de la Fonction publique

  • La FSU appelle le gouvernement à conforter la Fonction publique

    Hier s'est tenue la restitution de l'opération « Cap 22 » du gouvernement.

    Initialement annoncée comme un temps de débat avec les agent-es et les citoyen-es, au final cette opération aura été marginale et marginalisée par le gouvernement lui-même. Les Forums qui se sont déroulés, tout comme la consultation en ligne, sont restés confidentiels (avec seulement 17000 contributions des usager-es et 155000 visites des agent-es) et les organisations syndicales n'ont pas été associées à ces débats.

    Il s'agit donc finalement d'une opération de communication qui vise à légitimer les mesures que le gouvernement s'apprête à prendre pour la Fonction publique.

    La FSU regrette vivement ce détournement du nécessaire débat de société sur le rôle que doivent jouer aujourd'hui les services publics dans notre pays.

    L'idée d'accompagner « rapidement la baisse des dépenses publiques » prédomine jusqu'ici largement sur les « innovations » visant à améliorer la qualité des services publics et les conditions de travail des agent-es…

    Considérant que ceux-ci sont essentiels à la cohésion sociale, qu'ils participent d'une meilleure justice sociale et à davantage d'égalité entre les usager-es mais aussi qu'ils sont un outil pour relever les défis actuels de notre société, la FSU s'oppose vivement à toute réduction des missions et du périmètre de la Fonction publique. Elle appelle maintenant le gouvernement à développer et conforter le modèle social au lieu de le détruire. Tout comme elle l'appelle à ne pas contourner les organisations syndicales mais à les entendre, et à faire vivre un réel dialogue social de qualité dans la Fonction publique.

    Et parce que le XXIème siècle passera par la capacité de la Fonction publique à assurer la destinée commune de notre société, la FSU appelle toutes et tous les agent-es de la Fonction publique à se mobiliser le 22 mai prochain pour défendre la Fonction publique et obtenir une meilleure reconnaissance du travail et de l'engagement des agent-es notamment par une amélioration de leur pouvoir d'achat.


mercredi 2 mai 2018

  • Le choix d'école du Ministre de l'éducation nationale

    Paru sur le blog de la FSU dans Médiapart le 2 mai

    A l'heure où le gouvernement réforme tous azimuts le système scolaire français, Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire tient à donner les grandes lignes et les principes qui devraient nous guider dans ces réformes.

    Annonces, réformes, mesures déferlent sur l'Éducation : Parcoursup, baccalauréat, orientation, lycée, formation professionnelle, retour aux fondamentaux au primaire, instrumentalisation de certaines sciences pour asseoir des préconisations pédagogiques parfois contraires aux programmes, injonctions, complaisance pour l'école privée, promotion de l'apprentissage pré-bac aux dépens des lycées professionnels… Leur justification serait la nécessité d'améliorer et de moderniser le service public d'éducation, ce qui est un souci permanent de celles et ceux qui le font vivre. En réalité, cela cache mal une remise en en cause des valeurs les plus fondamentales de l'École publique.

    Tout d'abord celle de l'égalité. Tout en prétendant viser la réussite de l'ensemble des jeunes, les choix faits consistent à augmenter les outils de sélection, réduire les moyens d'enseignement, dénaturer le caractère national du bac, lier la formation professionnelle aux seuls besoins des entreprises ou limiter l'ambition à la maîtrise des fondamentaux pour une part des élèves… Ils renforcent les inégalités scolaires en maintenant le poids des déterminismes sociaux. Ils limitent l'ambition des parcours scolaires et traduisent un renoncement à une élévation générale du niveau de connaissances et de qualifications. Ils négligent la construction d'une culture commune indispensable à l'émancipation et à l'exercice d'une citoyenneté éclairée. Les dispositifs ciblés en faveur d'un petit nombre d'élèves, issus des milieux populaires, reviennent à abandonner des mesures pour le plus grand nombre qui permettraient de mieux lutter pour l'égalité. De même, l'abaissement de la scolarité obligatoire à trois ans n'entérine que l'existant sans poser la question de l'amélioration des conditions de scolarisation, tout comme le dispositif « parcours sup » ne pose pas celle de la démocratisation de l'enseignement supérieur.

    Ensuite celle de la fraternité. L'épanouissement individuel, l'individualisation des parcours, le bien-être de chacun ne peuvent suffire à constituer les finalités de notre système éducatif. Pour contribuer à une société plus juste, plus solidaire, plus fraternelle, l'École doit rester le lieu d'une émancipation collective où la réussite individuelle ne peut se faire aux dépens des enjeux de la culture commune, de la citoyenneté, d'élévation générale des savoirs et qualifications, et rompre avec la sélection et la compétition. Elle doit être un lieu d'accueil, d'ouverture sur le monde et d'apprentissage de la vie en société.

    Ensuite encore celle de la liberté. Liberté pour les jeunes de construire leur avenir et de faire des choix débarrassés des déterminismes de toute sorte, à l'inverse du risque d'enfermement et de soumission au court terme que contiennent par exemple les mesures actuelles sur l'orientation.

    Liberté pour les personnels d'exercer leurs métiers en toute responsabilité. Tout en proclamant une école de la confiance, le Ministre pèse sur les choix pédagogiques et éducatifs des enseignants et de l'ensemble des personnels par la prescription injonctive. Au prétexte d'une vérité scientifique qui, en réalité, relève de choix particuliers, il renonce au pluralisme de la recherche et contrevient au principe d'une liberté pédagogique qui devrait pouvoir s'exercer dans la seule limite des programmes et des projets d'écoles et d'établissements. Notre démocratie a patiemment construit l'équilibre qui inscrit les finalités du projet scolaire dans la loi mais fonde les organisations pédagogiques et didactiques sur la compétence professionnelle. Décider arbitrairement de la remise en cause de cet équilibre en niant l'expertise professionnelle ne sera pas sans conséquence sur la qualité de l'école. Notre système éducatif, au contraire, aurait besoin pour progresser que soient favorisées l'initiative et la formation initiale et continue des enseignants et des équipes.

    Enfin, celle de l'affirmation du service public comme étant le bien commun seul à même de répondre aux ambitions démocratiques de l'école. Car garantir un service public d'éducation est un devoir de l'État fixé par la Constitution. Or certaines réorganisations font et feront la part belle aux initiatives privées dont la finalité économique et sociale est loin de servir l'intérêt général. La multiplication des discours institutionnels favorables aux projets privés est un choix idéologique, exercé aux mépris de l'analyse objective et des valeurs de laïcité indispensables à notre société. Seul le service public peut garantir l'intérêt général. Remettre en cause ce principe constitue un risque majeur.

    L'Éducation est un enjeu fort pour l'avenir de notre société. Cela implique une politique déterminée sur des objectifs de réussite pour tous les élèves et un investissement en conséquence pour l'école et l'avenir de la jeunesse.

    Bernadette GROISON, secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire


lundi 30 avril 2018

  • Un 1er mai combatif

    A l'occasion du 1er mai, la FSU réaffirme sa solidarité avec toutes et tous les salarié-es qui dans le monde luttent pour leurs droits et les libertés syndicales.

    En France, les questions de garanties collectives des droits, d'égalité entre les femmes et les hommes, d'emploi de qualité pour toutes et tous, d'éducation et de formation, d'égalité et de justice sociale, de libertés syndicales sont également au cœur des préoccupations. La FSU, présente dans toutes les mobilisations organisées sur le territoire, souvent dans un cadre unitaire large, portera ses revendications pour permettre de garantir les droits nécessaires aux salarié-es et d'en conquérir de nouveaux.

    Elle rappellera aussi ce 1er mai l'urgence à améliorer les conditions de vie, de salaires et de pensions, de toutes et tous les salarié-es et retraité-es, à lutter contre toutes les formes de précarité et à mettre en œuvre des politiques garantissant un avenir à tous les jeunes.

    Les services publics sont essentiels à la cohésion sociale et participent d'une meilleure justice sociale. Ils sont aujourd'hui la cible de la politique libérale du gouvernement. Les mobilisations des cheminots, des retraité-es, des fonctionnaires, mais aussi dans les Ehpad... en témoignent.

    La FSU appelle le gouvernement à développer et à conforter le modèle social au lieu de le détruire.

    Tout comme elle l'appelle à ne pas contourner les organisations syndicales mais à les entendre réellement, et à faire vivre un réel dialogue social de qualité notamment dans la Fonction publique. Le risque est grand sinon de fragiliser la démocratie.

    Et parce que le XXIème siècle passera par la capacité de la Fonction publique à assurer la destinée commune de notre société, la FSU appelle toutes et tous les agent-es de la Fonction publique à se mobiliser le 22 mai prochain pour s'opposer au projet du gouvernement qui vise à affaiblir le dialogue social, remettre en cause le statut, externaliser des missions et pour exiger la reconnaissance de leur travail et une amélioration de leur pouvoir d'achat.


mercredi 18 avril 2018

  • Communiqué commun de soutien aux cheminots

    Les organisations syndicales de la fonction publique CFTC–CGC-CGT–FA–FO-FSU-Solidaires estiment que le service public ferroviaire doit être maintenu pour l'intérêt commun de tous les usagers et du pays.
    Elles rappellent que le statut particulier des cheminots n'est en rien un obstacle à un service public moderne et de qualité. Comme dans de nombreux secteurs, la qualité du service public dépend avant tout de la mise en adéquation des missions et des besoins des usagers avec les moyens matériels et humains nécessaires.

    C'est pourquoi, elles persistent à dire que c'est tout d'abord des choix de politique publique en termes d'aménagement du territoire, d'investissements en matériels, infrastructures et de personnels qualifiés qui permettront au service public ferroviaire de se développer, s'améliorer et de répondre aux besoins des usagers.

    Elles s'indignent également de la communication gouvernementale relayée par certains organes de presse qui veulent opposer le conflit des cheminots et leurs soi-disant privilèges aux besoins de mobilité des usagers et tentent de minimiser le taux de grévistes et la mobilisation réussie des agents.

    Cette communication et les refus réitérés d'ouvrir de réels processus de discussions sur les propositions et les revendications portées par les organisations syndicales sont le fil rouge de toutes les réformes, y compris dans la Fonction publique. Ainsi, le Secrétaire d'Etat Olivier Dussopt a ouvert la 1ère réunion sur le dialogue social, un des 4 chantiers voulant « refonder un nouveau contrat social avec les agents publics » en faisant fi de l'opposition unanime des organisations syndicales de la Fonction publique aux orientations du Gouvernement tant sur la forme que sur le fond.

    Ainsi, les organisations syndicales de la Fonction publique apportent tout leur soutien aux cheminots en grève pour défendre le service public ferroviaire et leur statut.
    Paris, le 18 avril 2018


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lundi 31 août 2015

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lundi 18 mai 2015

RAPPEL RETRAITE : RENVOI DES PIÈCES POUR LE 7 juillet 2018

La circulaire rectorale du 8 mars 2018 ICI précise que les pièces à fournir pour le départ à la retraite le 1er septembre 2019 doivent parvenir pour le 7 juillet 2018 dernier délai ! Lire l’article et pièces pour le dossier ICI

Formulaire à renseigner (pour les syndiqués du SNUipp-FSU 31) pour demander le calcul de votre pension :

Pour renseigner le formulaire, n’hésitez pas à vous référer à vos données personnelles figurant sur I-Prof.

Si vous avez occupé ou occupez les fonctions de direction, précisez la durée dans la rubrique "Remarques complémentaires".

Voir aussi : Retraite : connaître la loi adoptée

Remplacement

vendredi 27 février 2015

La situation se dégrade dans le département. Le SNUippFSU encourage les collègues à signaler systématiquement les remplacements non effectués. Pour cela, remplir l’enquête en cliquant ICI.

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vendredi 18 avril 2014

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