Mixité scolaire, sociale et culturelle : une nécessité pour aller vers plus d’égalité.

jeudi 24 novembre 2016
par  snu31

Un état des lieux inacceptable

Le rapport du CNESCO paru le 27 septembre dresse des constats accablants pour le système éducatif français. Pour le SNUipp-FSU qui milite depuis de nombreuses années pour que l’école combatte les inégalités, ce rapport conforte l’exigence d’un investissement conséquent et durable à l’image des autres pays européens (ce que dit aussi le dernier rapport de l’OCDE ou celui de France Stratégie.)

Un rapport récent de l’OXFAM , rappelle que les inégalités économiques s’amplifient rapidement dans la plupart des pays .

La France compte entre 5 et 8,8 millions de pauvres selon la définition adoptée. Entre 2004 et 2014 (derniers chiffres connus), le nombre de personnes concernées a augmenté d’un million, principalement sous l’effet de la progression du chômage. 1,2 million d’enfants et d’adolescents vivent au sein de familles qui connaissent la grande pauvreté.

Une éducation pas si prioritaire que ça…

Déjà en mai 2004, Thomas Piketty avant de s’intéresser aux questions fiscales et au fonctionnement du capitalisme contemporain, avait produit une étude sur les inégalités scolaires. Il concluait que les baisses d’effectifs dans les classes avaient une efficacité, en particulier pour les élèves des quartiers populaires mais qu’elles ne pouvaient à elles seules compenser l’impact cognitif et culturel de la ségrégation sociale.

Quand on sait que l’écart entre les effectifs moyens en éducation ordinaire et éducation prioritaire est de seulement de 2 élèves, il n’est pas étonnant que les inégalités progressent.

A l’inverse, toutes les études montrent que la mixité scolaire, sociale et culturelle est un facteur de réussite.

Quel que soit l’engagement des parents et des enseignants en faveur de la réussite de tous les élèves, les résultats dépendent fortement des politiques publiques menées.

C’est la raison pour laquelle le SNUipp FSU soutient une politique qui vise à créer plus de mixité scolaire sociale et culturelle.

La mixité sociale, une condition nécessaire mais pas suffisante pour faire reculer les inégalités scolaires

Fondamentalement, l’école seule ne sera jamais en mesure de compenser les effets générés par des inégalités croissantes. Le SNUipp FSU revendique :

• Une poursuite et un approfondissement de la politique d’éducation prioritaire.

• Il demande une politique publique à l’encontre de l’enseignement privé qui est un puissant facteur d’aggravation des phénomènes de ghettoïsation.

• Il demande également que l’Education nationale accompagne le projet du Conseil Départemental en prévoyant d’accompagner les élèves, les écoles et les collèges des quartiers populaires et les collèges d’accueil (dispositifs pédagogiques, formation des enseignants etc.).

Si la loi de refondation mentionne la mixité sociale elle renvoie aux Collectivités locales (mairies, Conseil Départementaux) la responsabilité de la mixité sociale sans garantir les moyens qui seront mis au service de cette politique.

Notre combat syndical sera de peser pour que les conditions dans les écoles et les collèges d’origines ou d’accueil permettent d’affronter toutes les difficultés et de créer réellement de meilleures conditions de réussite scolaires pour les élèves.


Navigation

Articles de la rubrique