D’où vient la dette et que justifie-t-on en son nom ?

vendredi 25 août 2017
par  snu31

A chaque fois qu’un gouvernement veut s’en prendre aux services publics, aux fonctionnaires, on peut être sûr que l’argument de la dette publique n’est pas loin... Avec un gouvernement qui s’apprête à supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, qui a décidé de re-geler le point d’indice, à reporter une partie des accords PPCR et à réinstaurer le jour de carence, pas étonnant que l’argument soit re-convoqué.

Le pacte dit de responsabilité du gouvernement précédent avait effectué 50 milliards de réduction de la dépense publique.

Toutes ces politiques procèdent du même axiome : on s’endette ma brave dame parce qu’on dépense trop.

Pas si sûr mon bon monsieur...

59 % de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs.

La part des dépenses de l’Etat dans le PIB a chuté de 2 % en trente ans. Cela signifie que si la richesse globale augmente, la fraction consacrée aux dépenses de l’Etat baisse !

Donc si la dette augmente, c’est parce que l’Etat renonce à des recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises. Ainsi la part des recettes fiscales de l’Etat dans le PIB a baissé de 5 % sur 30 ans ! Si l’Etat au lieu de se dépouiller lui même avait maintenu constante la part des prélèvements, on aurait 488 milliards de moins à rembourser...

Dans les années 90, l’Etat empruntait à des taux d’intérêt excessifs. S’il avait emprunté auprès des ménages et des banques à un taux d’intérêt réel de 2 % on pourrait retrancher 589 milliards.

Le cumul de ces deux critères réduirait de 59 % la dette publique.

Les pompiers pyromanes

Les contempteurs de la dette publique oublient qu’à chaque fois que quelqu’un s’endette de 1 euro, quelqu’un d’autre gagne une créance de 1 euro. On laisse donc, pour l’avenir, autant de créances que de dettes ! La question principale est celle de savoir qui détient ces créances et si ceux qui touchent les intérêts actuels paient bien leurs impôts sur ce qu’ils touchent. Mais ça, on n’en entend guère parler.

La dette à 20 ans représente moins de 10 % de la dette à moyen-long. Dire qu’on lègue nos dettes à nos enfants est un peu abusif d’autant qu’on leur lègue aussi des actif (écoles, hôpitaux, routes etc.) sans parler du salaire de leurs parents...

On comprend bien la logique politique de ceux qui nous racontent l’histoire du grand méchant loup de la dette publique : la réduire implique de diminuer rapidement nos déficits, mais comme ils veulent également diminuer les impôts, la seule façon de faire consiste à tailler drastiquement dans les dépenses.

Les contrats d’insertions, un bon exemple de l’hypocrisie du gouvernement

Le dernier épisode sur les contrats aidés de la ministre du travail est révélateur de la façon dont le gouvernement diabolise certaines dépenses par rapport à d’autres.

Un contrat CAE CUI revient à 9 500 euros par an. Sans aucun regard sur l’utilité sociale des emplois, madame Pénicaud estime que c’est une dépense que l’on ne peut pas se permettre et souhaite la fin des contrat d’insertion à l’horizon 2018.

D’un autre côté, le gouvernement entend renouveler le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi. Or l’observatoire du CICE, organisme gouvernemental, a chiffré le coût d’un emploi crée en 2013-2014 grâce au CICE (28,5 milliards sur 2013 et 2014) : selon qu’on attribue 50 ou 100 000 emploi au CICE, un emploi crée dans ces conditions a coûté 286 000 ou 570 000 euros à la collectivité !