MOBILISATION AESH du 11 FEVRIER et communiqué de presse FSU

vendredi 12 février 2021
par  snu31

Belle mobilisation AESH, une grève bien suivie ! Très médiatisée ! Voir ci-dessous :

À Toulouse, plus de 200 personnes se sont mobilisées en intersyndicale, des enseignant.es et beaucoup d’AESH, dans une belle ambiance revendicative, pour exiger une école inclusive de qualité, avec des moyens, un véritable statut de la fonction publique avec un vrai salaire et une vraie formation. Un beau rassemblement au centre-ville place Jean-Jaurès. Le discours introductif de la FSU31 a rappelé le cadre revendicatif (voir ci-dessous), de belles prises de parole des collègues AESH en colère, de la FCPE pour les parents d’élèves, le cortège s’est dirigé en manifestation vers le rectorat pour être reçu en audience.

Sur place ils/elles ont continué à faire entendre leur voix (slogans, chants, conférence gesticulées) pour faire entendre dans les bureaux du rectorat, sourd a toutes nos exigences, un souffle de colère sur la dégradation de leurs conditions de travail, sur la mise en place à marche forcée des PIAL, sur une mutualisation à outrance, qui impacte fortement les élèves, les familles, les équipes et les AESH qui perde souvent le sens de leur mission.

Le 11 février, date anniversaire de la loi de 2005 sur le handicap, l’école inclusive (16 ans déjà). Cette date symbolique, fait écho à la mobilisation du 13 janvier qui a mis en avant nos exigences pour une école inclusive de qualité, une inclusion raisonnée avec de véritables moyens. C’est une belle idée de scolariser tous les élèves mais ce qui est important c’est de les faire réussir. Malheureusement tous les voyants sont au rouge ! Personnel de RASED décimés, ULIS en dépassement d’effectif, structures de soins saturées, manque structurel d’AESH et la mise place des PIAL en marche forcée avec une mutualisation à outrance. Un seul mot à la bouche pour les AESH les PIAL, véritable point de crispation. C’est tout simplement une gestion managériale de l’accompagnement avec un.e AESH pour 3,4, 5 voir 6 élèves et plus au détriment d’un accompagnement de qualité et une forte dégradation des conditions de travail de ces personnels précaires, non reconnus, non formés. Ce dispositif désorganise les équipes et met à mal l’inclusion des élèves. Le manque de moyens compromet une inclusion de qualité, ce que l’école de la république doit à chaque élève, à chaque famille.

Il y a un ras le bol, les AESH à bout de souffle, refusent d’être toujours les travailleurs et travailleuses pauvres de l’éducation nationale. Elles/ils exigent une vraie revalorisation et une vraie reconnaissance, un véritable statut de la fonction publique avec un véritable salaire et une vraie formation.

Ils/elles font fonctionner l’Ecole et pourtant ils ne sont pas reconnu.es. Le SNUIPP-FSU et d’autres organisations syndicales soutiennent le mouvement des AESH pour sortir de la précarité, de la pauvreté et de ce qu’il faut bien nommer comme d’une véritable exploitation.

Sans les AESH aucune école et aucun établissement ne pourrait fonctionner. Les AESH sont là pour accompagner les élèves à besoins particuliers et ils/elles sont devenu.es indispensables. Pourtant l’Éducation Nationale les traite plutôt très mal.

Au niveau national, les 110 000 AESH, soit un.e agent ;e de l’Éducation Nationale sur 10, sont majoritairement des femmes. 96% sont à temps incomplet avec une quotité qui tourne autour de 62% d’un temps complet. Ils/elles perçoivent généralement moins de 800 € par mois pour 24 heures (en moyenne) hebdomadaire. Les AESH sont très majoritairement en dessous du seuil de pauvreté. Le 1er indice est à 332 et l’indice maximum auquel ils peuvent prétendre est 363, soit 145€ brut de plus pour toute une carrière.

Des dysfonctionnements remontent du terrain (liste non exhaustive) :

  • Problème de recrutement qui se fait le plus souvent selon les moyens et non les besoins
  • Dans un ce contexte de crise sanitaire manque de matériel pour les AESH, travail hors cadre de leur mission, démarche compliquée pour obtenir une ASA…
  • Pour éviter les brassages (répartition des élèves dans les classes) demande aux AESH de ne plus participer aux équipes de suivi et de « garder » les élèves dans la classe.
  • Des retards de paiement de salaire depuis la rentrée pour les AESH payé.es par le rectorat.
  • Des temps partiels imposés.
  • Le mépris de l’administration avec, dans le cadre des PIAL des déplacements d’AESH du jour au lendemain sans concertation…
  • Pas d’indemnité REP+
  • Manque de communication avec l’administration et parfois avec les équipes
  • Pas de véritable intégration dans les équipes éducatives (impression parfois de gêner dans les salles des maitres ou des profs), toujours pas d’espace, de lieux pour poser leurs affaires…
  • Manque de temps de concertation(s), pas de réunion de rentrée avec les différents partenaires
  • Pas de temps d’échanges entre pairs…
  • Pas de véritables formations sur le temps de travail
  • Pas d’accès à l’ENT et à Pronote pour celles qui travaillent dans le second degré
  • Pas de remplacement en cas d’absence
  • Accompagnement de plusieurs élèves souvent dans la même classe avec des handicaps différents (optimisation dans le cadre du PIAL)
  • Parfois plusieurs AESH accompagnent le même élève
  • Souvent des emplois du temps à trous, incohérents...
  • Pas d’accès au RSST (registre santé sécurité au travail) pour ce qui concerne les conditions de travail (violences, toutes sortes d’agressions, manque de matériel, mauvaises conditions de travail, etc.).

Inadmissible, d’être considéré par l’administration, comme des PIONS que l’ont déplace à volonté en fonctions du manque de moyens. Ras le bol du manque de reconnaissance et du mépris parfois au sein même des écoles et des établissements… Après des années de contestation, la situation des AESH ne s’est pas améliorée…. Ils/elles ont été écarté de la revalorisation salariale, c’est scandaleux ! Inacceptable ! Il faut dire STOP à la précarité ! Y’en a assez d’être méprisé et corvéable à merci.

C’est ce qui a été exprimé lors de l’audience au rectorat. La priorité au handicap, c’est maintenant !

Le Communiqué de la FSU : Handicap : en finir avec la précarité des AESH !
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