Audience-bilan sur les PIAL 19 mai 2021 - le compte rendu

jeudi 3 juin 2021
par  snu31

Présent.es pour l’administration  :

Mme Seguignes IEN SDEI (Service Départemental de l’Ecole Inclusive)

M.Destable, DAASEN (Directeur Académique Adjoint des Services de l’Education Nationale)

Présent.es pour le SNUipp-FSU 31 :

Mme Gascard Marie, co-secrétaire départementale SNUipp-FSU31

Mme Seguin Alexia, co-secrétaire départementale SNUipp-FSU31

M. Mouchard Xavier responsable du dossier AESH SNUipp-FSU31

Depuis la rentrée 2020, sur notre département, des PIAL inter degré expérimentaux ont été mis en place par le DASEN afin de répondre à la demande ministérielle, le PIAL étant considéré comme une mesure « phare » de l’Ecole inclusive.

Le ministère a fixé l’objectif 100% PIAL à la rentrée 2022. Raison pour laquelle le DASEN avait lancé cette expérimentation dont les objectifs « affichés » étaient :

• « un accompagnement humain défini au plus près des besoins de chaque élève »

• « plus de réactivité et de flexibilité dans l’organisation de l’accompagnement »

• « une professionnalisation des accompagnant.es et une amélioration de leurs conditions de travail »

• « l’abaissement du nombre de notifications non couvertes avec un recrutement maitrisé et augmenter la quotité de service des contrats des AESH. »

Sur le terrain, cela s’est concrétisé par :

• la mise en place de 25 PIAL inter degré (dont 15 à Toulouse) : association d’un collège tête de réseau et d’un collège associé avec les écoles du secteur

• dans chaque PIAL inter-degré : 1 coordonnateur (direction ou adjoint.es avec ¼ de décharge de service) + 1 AESH référent (avec temps de décharge de ¼ à 100%) chargé.e de l’accompagnement/conseil des AESH du secteur

• la conservation des mono-PIAL des rentrées 2018 et 2019 (1 PIAL = 1 école)

• la conservation également d’écoles hors PIAL

• l’installation d’un comité de suivi de l’école inclusive dans lequel les organisations syndicales ont été refusées

Le bilan du terrain

Le SNUipp-FSU31 a présenté son propre bilan en s’appuyant sur les réponses à un questionnaire de terrain envoyé dans les écoles et les établissements (278 AESH et 73 écoles ont répondu) ainsi que sur les retours lors de nos rencontres avec les équipes tout au long de l’année.

Voici les principaux constats que nous avons fait remonter à l’administration :

• Dégradation des conditions d’accompagnement des élèves

  • notifications individuelles non couvertes
  • baisse significative du nombre d’heures d’accompagnement sur notifications mutualisées (règle du 1 AESH pour 4 élèves)
  • non remplacement systématique
  • ruptures d’accompagnement quand redéploiement
  • multiplication des AESH pour les élèves

• Dégradation des conditions de travail des AESH

  • redéploiements brutaux entre établissements d’un PIAL
  • modifications à répétition des emplois du temps
  • morcellement des accompagnements et perte de sens
  • manque voire absence de formation

Les équipes enseignantes sont aussi impactées par cette mutualisation à outrance mais aussi par la nouvelle charge de travail qui incombe aux directions d’école.

Au final, une logique de moyens qui prévaut sur celle des besoins et qui crée des situations critiques, voire de souffrance pour toutes et tous.

Mutualisation, redéploiement et flexibilité :

SNUipp-FSU

  • Forte baisse des notifications individuelles, pour une explosion de notifications mutualisées sans volume horaire.
  • règle du 1 AESH pour 4 élèves énoncée dans les réunions institutionnelles avec mutualisation au sein d’une classe qui engendre une baisse de la qualité de l’accompagnement, une perte du sens de la mission pour nos collègues AESH.
  • Ce sont les équipes éducatives/pédagogique, au plus près du terrain, en lien avec le/la coordonnateur.trice PIAL et l’ERS qui doivent identifier puis définir les besoins des élèves. Seule cette évaluation doit permettre de donner le volume horaire et non une logique comptable. Nous avons dénoncé l’impossibilité de tenir 1 ESS par an pour tou.tes les élèves en situation de handicap en raison de la surcharge de travail des ERS.
  • redéploiements en cours d’année inacceptables pour les personnels, les élèves et leurs familles
  • service éclaté et emploi du temps hachés : plusieurs lieux d’exercice, nombre accru d’élèves avec des affectations unilatérales brutales, attribution de mission hors cadre, non respect des textes qui révèle un manque de respect, de considération, d’humanité.

Nous demandons qu’il y ait une vigilance sur la mise en place des emplois du temps, qui doivent s’établir en concertation avec l’AESH dans le respect des textes.

  • Demande de création d’un « pool » d’AESH remplaçant.es

DASEN

Les notifications mutualisées existaient avant le PIAL. Ce n’est pas le dispositif qui est en cause.

Sur la Hte-Garonne :

Au 31/03/2020 : 6526 notifications

Au 31/04/2021 : 9226 notifications

Sur les PIAL inter-degré, le nombre d’élèves non accompagnés se situe entre 300 et 330. Ce chiffre a été stabilisé malgré l’augmentation exponentielle des notifications. Cette tendance est nationale.

Sur le département :

  • en 2016 : 1500 AESH
  • 2021 : 4000 AESH

Sur la règle du 1 AESH pour 4 élèves, le DASEN adjoint reconnaît « que le discours n’a pas toujours été bien été contrôlé » et qu’il n’existe pas de ratio 1 pour 4 !!!

Les AESH sont affecté.es là où sont les besoins et le pilotage s’effectue par nombre d’heures notifiées et élèves non accompagnés. Même si il reconnaît que « l’orientation de gestion » fixée par le ministère est de 1 AESH pour 4 ou 5 élèves.

Les accompagnements doivent être ajustés, au regard des besoins de l’élève, de son autonomie et des aménagements pédagogiques de la classe.

Des grilles d’observations sont disponibles sur le site Ecole Cap inclusive afin d’aider à l’évaluation des besoins qui doivent apparaître clairement dans le Gevasco.

Il faut une analyse fine et le nombre d’heures n’a pas de sens. Les équipes de suivi doivent re questionner les notifications mutualisées si besoin afin de redéfinir les besoins.

Sur les rédéploiements, ils doivent être évités au maximum. Un PIAL doit être sur doté en début d’année afin de pouvoir couvrir tous les besoins d’accompagnements y compris en cours d’année.

Coordonnateurs.trices et AESH référent.es sont là pour accompagner.

SNUipp-FSU

Cette augmentation exponentielle des notifications MDPH ainsi que la médicalisation de la difficulté scolaire est aussi à mettre en lien avec la disparition des RASED et du travail de prévention indispensable

Voir notre article 3 questions à Anne Vannieuwenhuyze, présidente de l’AREN’Oc (Association des rééducateurs de l’Education nationale d’Occitanie 31/81/09 ICI : https://31.snuipp.fr/spip.php?artic...

Le manque de places dans les structures spécialisées engendre également un délai d’attente important avec des élèves, en souffrance, bloqué.es dans les classes, parfois sur toute une scolarité dans le 1er degré.

Pour le SNUipp-FSU 31, il ne doit plus y avoir de rupture d’accompagnement en cours d’année.

Sur la flexibilité exigée des AESH, elle n’améliore en rien leurs conditions de travail mais traduit une logique comptable qui cherche à endiguer voire, à diminuer les dépenses (pour preuve un rapport de la cour des comptes de 2018 sur le recours aux personnels contractuels dans l’EN qui pointe le coût que représentent les AESH et leur augmentation.).

Formation et « dé précarisation » des AESH :

SNUipp-FSU :

  • non respect des obligations de l’employeur sur les 60h de formation d’adaptation à l’emploi
  • remboursements des frais de déplacements freine l’accès à la formation en présentiel.
  • formation dans le cadre des PIAL à distance cette année très inégale
  • possibilités d’augmenter les quotités horaires non effectives
  • demande de formations communes AESH/Enseignant.es au plan de formation

Pour le SNUipp-FSU, « dé précariser » les AESH, c’est avant tout les payer dignement, faire de leur travail un vrai métier avec un statut et une formation.

DAASEN  :

La formation à travers le PIAL a consisté en des temps d’échanges de pratiques et de travail autour de ressources et des gestes professionnels.

Des formations inter-catégorielles sont prévues.

Concernant la dé précarisation, l’administration locale n’a pas la main sur le statut des AESH. Mais le nombre de Cdéisation augmente. Les quotités de travail ont augmenté et l’administration met tout en œuvre pour valoriser (travail avec les collectivités sur des contrats péri-scolaires rémunérés).

SNUipp-FSU

La seule piste évoquée pour augmenter les rémunérations est d’augmenter le temps travaillé en proposant des missions hors fonction d’accompagnement d’élèves en situation de handicap et en multipliant les contrats de travail à temps incomplet avec différents employeurs, ce qui maintient les AESH dans un état de précarité.

Ces pistes vont à l’encontre de l’objectif de professionnalisation et de reconnaissance des missions des accompagnant-es d’élèves en situation de handicap.

La flexibilité imposée par la mise en place des PIAL n’a pas permis d’aboutir à des contrats à temps plein, comme promis par le ministère.

Les AESH référent :

SNUipp-FSU

  • recrutement opaque et manque de communication pour cette 1re année.
  • Problème de posture professionnelle (loin de la fiche de poste) dû à un manque de formation, qui doit se faire très tôt dans l’année scolaire.
  • Certains AESH, ne connaissent même pas leur AESH-référent alors que nous arrivons en fin d’année, cela veut dire que la communication n’est pas effective.

DAASEN

Pour la rentrée 2021, la procédure sera transparente et les appels à candidature pour postuler au poste d’AESH référent.e sont effectifs sur les boîtes professionnelles.

Les recrutements seront effectués par les co-pilotes du PIAL. Celles et ceux qui sont déjà en poste resteront.

SNUipp-FSU

Nous avons demandé à l’administration d’allonger le délai de réflexion, de réponse.

Le SNUIPP-FSU31 propose à l’administration de créer un « vivier » AESH référent.es afin de palier les démissions ou les absences congés maternité.

En conclusion, le SNUIPP-FSU31 fait le constat que le PIAL est un outil de gestion fondé sur la rationalisation et la flexibilité, avec de surcroit un manque de moyens.

Ainsi se sont dégradées les conditions d’accompagnement des élèves sans améliorer les conditions de travail des personnels. (voir article : [Le PIAL, un outil de gestion)

Il remet en cause l’indépendance entre l’organisme prescripteur (la MDPH) et l’organisme payeur (le MEN) et tente de contourner la loi de 2005.

Pour l’école inclusive, le compte n’y est pas : manque de moyens, de psychologues scolaires, de RASED, de référents de scolarité, d’infirmiers scolaires et manque d’AESH…

Sur le terrain, la situation devient ingérable.

Nous constatons que la généralisation des PIAL entraîne une dégradation des conditions de travail des d’AESH.

Le SNUIPP-FSU31 a réaffirmé sa revendication d’abandon des PIAL et a rappelé les multiples mobilisations cette année sur la question de l’école inclusive, la colère des collègues AESH/enseignant.es avec la grève nationale du 3 juin.

Mais face au rouleau compresseur gouvernemental, cette mise en place se poursuivra à la rentrée 2021 avec la généralisation des PIAL inter degré à tout le département ( [voir liste ICI).

Le SNUipp-FSU porte le projet d’une école où chacun-e a sa place, et qui permette à toutes et tous de progresser.

Il réaffirme le principe de l’éducabilité cognitive, du« tous et toutes capables ».

La diversité, une richesse pour l’école, doit y trouver sa place. Celle-ci doit avoir les moyens de travailler avec tou-tes les élèves qui lui sont confié-es. Cependant, l’inclusion ne doit pas se faire à marche forcée, il faut lui donner les moyens et assurer la qualité des conditions d’apprentissage de tous les élèves de la classe.